HIÉRARCHIE FÉODALE
Sous Charles le Chauve, les possesseurs des fiefs temporaires sont arrivés, d'empiétements en empiétements, à l'hérédité de leurs terres ou de leurs dignités (877).
Les milices, qui avaient fondé l'empire de Charlemagne, ont disparu. Devant le pouvoir royal désarmé, se dresse la féodalité toute-puissante, avec son organisation militaire, copiée sur l'organisation romaine.
Les petits propriétaires, les hommes libres sans terres, se réunissent, au moment du danger, autour d'un plus riche et d'un plus fort, qui les protège contre les incursions des voisins. Lui-même demande assistance à plus puissant que lui. Ce puissant, à son tour, a un protecteur, et, de Vhomme libre^ la hiérarchie militaire remonte iiisqiiau Roi.
En ces temps de force brutale, les guerres sont fréquentes ; la paix n'est qu'une trêve. Aussi l'association, créée par le danger, devient-elle une loi sociale.
Des droits et des devoirs réciproques relient entre eux tous les propriétaires du sol, et le service militaire, pendant 40 jours, reste la base du système féodal.
Ce système porte en lui de grandes imperfections. Les terres changent souvent de maître et les vassaux de suzerain ; si bien qu'un grand feudataire, possesseur de plusieurs flefs, peut devoir son épée à trois suzerains à la fois.
Quand ces suzerains sont en guerre, leur commun vassal est bien obligé de devenir traître et félon envers l'un d'eux.
Dans ces conditions, les grandes armées ne se rassemblent qu'à l'appel d'un prince puissant.
Cependant, il suffira quelquefois, pour grouper les bannières de tant de suzerains, d'un grand élan religieux comme les croisades, ou d'un entraînement patriotique, provoqué par l'invasion.
L'HOMME D'ARMES ET LE PIÉTON i.
La célèbre tapisserie de Bayeux nous montre les cavaliers normands de 1066 lançant un javelot, terminé par un fer barbelé, ou bien chargeant avec une lance
1 D'après VioUel-le-Duc, Dictionnaire du mobilier. Volumes v et vt.