L'HOMME D'ARMES ET LE PIÉTON
de trois mètres de iongueur, terminée par un fer en losange et portant une flamme
VioUcc-le-Duc.
Fis. 77.
Cette lance, semblable à la lance moderne, se manœuvrait de la même façon.
Au temps de saint Louis, le chevalier est couvert de
mailles, de la tête aux pieds. Un bourrelet rembourré
{cervelière), placé sur le capuchon, sert d'assiette au
heaume cylindrique, lacé en arrière par une courroie,
et souvent surmonté d'un cimier. Sur le haubert, une
cotte de soie épaisse, aux armoiries du clievalier, flotte par- dessus ses armes. Elle le protège contre le soleil
et la pluie, en même temps que contre les traits d'arbalète.
La longue épée franque est conservée. Une croisière en travers de la garde en a fait un pieux symbole, consacré à la défense des Lieux saints.
Une dague est suspendue au baudrier, emblème noble, qui soutient l'épée et se porte sur les hanches.
Vers 12S0, l'homme d'armes adopte les ailettes\ plaques de fer quadrangulaires, attachées sous les aisselles et qui, joignant le heaume, garantissent les épaules contre les coups de masse et de hache (Fig. 79).
Le surnom de Charles, Martel, nous prouve que l'usage de la masse remonte aux origines franques; c'est pour s'en garantir que le heaume est adopté. Join-
B' après Viollet-le-Duc.
Fis. 78.
1 = Les ailettes sont les premières pièces d'armure de fer ou d'acier qui apparaissent sur la maille, indépendamment du heaume; elles conduisent peu à peu l'homme d'armes à plaquer un grand nombre de pièces de fer détachées sur la cotte de mailles, jusqu'au moment où celle-ci disparaît complètement pour faire place à l'armure de plates....
« Les ailettes sont peintes, comme les écus, aux armes du chevalier. A dater de 4325 elles sont remplacées par des rondelles de fer attachées aux épaules. » (YioUet-le-Duc. Mobilier. Volume v, pageloj.
L'HOMMK D ARMES ET LE PIETON.
ville parle souvent de cette masse ; et même ii nous la montre aux mains des Sarrasins.
D'après VioIlet-le-Duc.
Fig. 79.
La masse est aussi une arme de piéton ; c'est celle des sergents d'armes, l'infanterie d'élite de Philippe- Auo-uste.
Les manants, qui suivent à pied l'homme d'armes, sont armés de hâtons^ (Tares ou (ï arbalètes.
On appela bâton, jusqu'au XV siècle, toute arme offensive autre que l'épée.
C'étaient la lance, la masse plombée, la, hache à fer carré ou à manche court, le fauchart, sorte de faux, ou la vouge, lame droite ou recourbée, avec ou sans crochet, emmanchée au bout d'une longue perche.
Fi?. 80.
22S ORGMISATION MILITAIRE DE LA FËODALIIT.
Les archers normands, à Hastings, ont un arc de 4'",50 de longueur; à leur ceinture ou à leur cou est attachée la trousse. Ils sont vêtus à la légère, de braies et de justaucorps d'étoffe.
Leurs sagettes, lancées de bas en haut, décrivent une parabole et retombent de tout leur poids, pour atteindre l'ennemi aux épaules, au visage, au bras.
La main droite de l'archer est couverte d'un gant de cuir et son avant-bras gauche d'une plaque de fer courbée, destinée à préserver le poignet des atteintes de la corde.
Depuis Louis le Gros (1108), les communes affranchies fournirent au roi de France des bandes d'archers et de bidaiix, armés de bâtons, ou des compagnies d'arbalétriers.
Varbalète fut interdite aux armées chrétiennes, comme trop meurtrière, par le concile de Latran (1123); elle ne servit d'abord que contre les Infidèles ; elle se composait d'un arc d'acier flexible, flxé en son milieu sur un arbiier, de 0"\65 à 0'",9S de longueur, contenant une rainure dans laquelle on mettait le carreau. L'arbrier se terminait par une sorte de crosse, qu'on appuyait à l'épaule. La corde tendue était arrêtée par un crochet de fer à détente, qui permettait de faire partir le trait quand on avait visé.
Dès le XIP siècle, l'arbrier de l'arbalète était muni à son extrémité d'un étrier, pour passer le pied et faciliter le bandage de l'arc. L'arbalétrier logeait la corde