TACTIQUE FÉODAL C
Les chevaliers chargent en haie, sur un seul rang, parce qu'ils « ne souffriraient pas d'être masqués pour combattre. »
Derrière eux, chevauchent les écuyers, qui ont pour
fonctions principales, après avoir armé leurs maîtres, de les secourir dans la mêlée et de leur donner des armes de rechange. Puis viennent les coutilliers, chargés d'achever les blessés ou de s'emparer des prisonniers.
Ainsi, c'est la troupe d'élite qui combat en première ligne.
Les serviteurs à pied ou à cheval de cette cavalerie noble pourront, dans certains cas, compléter la victoire, mais si l'affaire tourne mal, ils seront les premiers à s'enfuir.
Au combat, le chevalier ne doit compter que sur sa force, sur son adresse, sur son courage, sur la bonne trempe de son armure et sur la solidité de son cheval. Il ne peut appeler à son aide ni un renfort ni une réserve. Si le voisin vient à la rescousse, ce sera par grande fortune, car il faut qu'il soit lui-même victorieux, qu'il ait entendu l'appel, et qu'il puisse se dégager de la mêlée.
Quant aux piétons de la commune affranchie ou du fief féodal, ils ne sont qu'un rempart vivant, qu'un centre de ralliement après la charge.
L'infanterie, qui a été pour les Franks le principal instrument de la conquête, est réduite en France, au XIV siècle, au rôle de la lice et de la barrière du tournoi.
Jusqu'à du Guesclin, la tactique féodale se résumera dans la charge impétueuse de deux cavaleries, formées