‹ Les batailles des Plaines d'Abraham et de Sainte-FoyeChapitre 4 sur 14 · LE SIEGE DE QUEBEC · texte numérisé non relu

LE SIEGE DE QUEBEC

9. Débarquement à l'Anse-des-Mères. — 10. Anse-du- Foulon. — 11. Poste de Vergjor. — 14. Bataille des Plaines d'Abraham. — D'après ja gravure du dessin de Hervey Smyt h, aide-de-camp du général Wolfe.

la montée en la débarrassant des abatis qui la bouchait. Howe, le colonel de cette infanterie, qui commandait ce détachement enleva promptement cet obstacle et il eut vite atteint le sommet. Mais il faillit entrer là en conflit avec les montagnards en se rencontrant dans l'obscurité. Heureusement qu'ils se reconnurent à temps et s'aidèrent à balayer à droite et à gauche les restes épars du poste. En peu de temps le premier corps parvint à la file sur les Hauteurs d'Abraham, où il ne rencontra aucune résistance, tout y était devenu calme.

Le premier soin de Wolfe, quand il se vit solidement établi sur le plateau, fut de dépêcher le colonel Howe, pour faire taire la batterie dite de Samos qui avait commencé à molester les vaisseaux en tirant sur le second convoi. Elle se trouvait à gauche sur la pointe de Sillery, à lin mille et demi de parcours par le grand chemin et à moitié de cette distance à vol d'oiseau. C'est celle que Montcalm avait érigée, sous ce nom, le 19 juillet précédent; elle était montée de quatre pièces de 18 et d'un mortier et maintenue par une garnison de 50 hommes (1) sous le chevalier de Douglas, capitaine du 2me bataillon du Languedoc.

Le brigadier général Murray avec le 58me régiment, et Howe avec ses compagnies d'infanterie légère et deux déserteurs pour guides partirent ensemble pour la cerner. Howe prit le devant et Murray étant parvenu à la lisière du bois au chemin de Samos, posta son régiment en travers du chemin qui menait à la batterie. Quelque temps après, Wolfe s'étant aperçu, en parcourant les Hauteurs pour y choisir son terrain de bataille, que les Français traversaient le pont de bateaux et commençaient à se montrer déjà en assez bon nombre £ur la berge des Buttes-à-Neveu (2) entre lui et la ville, rappela Murray ; mais le même officier d'ordonnance n'ayant pu rejoindre

(1) Elle fut montée là quand Montcalm apprit le dessin de Wolfe de faire sa descente à St-Michel.

(2) Nous crovons que le Guienne marcha, dès le matin du 13 septembre, sur un ordre reçu la veille de se rendre sur les Plaines et de s'y retrancher. Ceci peut expliquer la présence matinale des uniformes français aperçus par Wolfe sur les Hauteurs, et dépêchés indépendamment des avis transmis au camp de Beauport. Knox (II, p. 78) semble si bien informé sur ce point, qu'il cite comme une bonne fortune pour Wolfe d'avoir devancé ce jour. " It is still more fortunate that the " General had not deferred the exécution of his project to another day, for two " French régiments, with a corps of savages, were actually under orders to march " at six o'clock on the morning of the 13th. But, happily, our troops were in pos- " session of the ground before the enemy had any thought of our stirring. "

" — by this road, afterwarcls mended, the remainder came up." C'est FAnse-du-Foulon bien dessinée et bien décrite. " 11. The " captain's guard extended along the précipice, forced from them " by the Light-Infantry under col. Howe." C'est le poste de Vergor.

Or, en examinant les lieux et à l'aide de cette belle gravure, on reste convaincu que ce débarquement sur le rivage de l'Anse-des- Mères est prouvé et que l'escalade fut faite par le cap, c'est-à-dire vis-à-vis la partie ouest du champ des courses, si ce n'est vers Marchmont, point d'où a commencé réellement la conquête. — On voit que les soldats purent gravir ça et là l'escarpement à une distance du Foulon telle qu'elle correspond à cet endroit.

Nous voyons aussi que les versions anglaises vont à confirmer la chose.

Townshend dit dans son rapport officiel que les bateaux furent entraînés " un peu plus bas que l'endroit désigné pour débarquer;" dans son Journal il écrit, " considérablement plus bas." Calcraft surajoute en disant " presque sous les murs de la ville." Pour y remédier Wolfe dut aller en personne avec sa barge ramener ses gens.

Le poste enlevé, on poursuivit les fuyards dont quelques-uns furent faits prisonniers. La plupart s'échappèrent à travers les broussailles et un champ de blé-d'inde, en courant vers la ville et le poste à PAnse-des-Mères.

Cependant les sentinelles et gardes françaises signalèrent alors la descente des barges et avec les fuyards du poste se mirent à tire, des hauteurs sur les embarcations, tuant et blessant mortellement quelques hommes et officiers. Knox, H., p. 67-68. Montcrief, S. of Q.j V. p. 50. Mais il était trop tard. (Fraser.)

D'en bas Wolfe entendit bientôt les cris de joie et de victoire sur le plateau ; c'était l'annonce d'un plein succès, ce fut en même temps le signal aux troupes qui l'attendaient avec anxiété de mettre à terre. Wolfe qui avait eu soin de disposer trois compagnies d'infanterie légère (1) au pied de la rampe du Foulon, l'envoya déblayer

(1) L'infanterie légère était un corps de 550 hommes tirés de divers régiments parmi les meilleurs tireurs et soldats les plus résolus ; organisée d'après les ordres généraux du 12 mai 1758, (Cf. S. of Q., Vol. I, p. 111) elle fut débandée le 22 septembre 1759, quand Murray ordonna à chacun d'eux de rejoindre son régiment. Parlera an en fait un double emploi en les comptant comme un régiment qu'il ajoute au total.

(Collection Philéaa (tagnon)

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