MONTCALM
Portrait reproduit par Goupil, de Paris, pour illustrer la dernière édition des œuvres de Parkman, d'après une peinture originale qui se trouve ches le Marquis de Montcalm actuel.
Connaissant la bonté de cœur et la noblesse d'âme de Montcalm, nous ne doutons pas qu'il n'ait recommandé les Canadiens à l'humanité et générosité des vainqueurs.
Ces sentiments admirables furent compris par Murray, lequel par son caractère doux et bienveillant sut gagner l'estime et l'affection des Canadiens.
Au milieu de ses souffrances Montcalm conserva jusqu'à la fin sa pleine connaissance. Ses dernières paroles, comme le chant du cygne, furent un envoi de consolation et d'espérance à son pays et à son Roi.
" Je meurs content puisque je laisse les affaires du Roi, mon " cher Maître, entre bonnes mains. J'ai toujours eu la plus haute " opinion du talent et de la capacité de M. de Lévis."
Le 14, au lever du jour, Montcalm rendit le dernier soupir. Le même soir, sur les neuf heures, son corps, suivi de ses compagnons d'armes et d'une foule éplorée, fut porté à la chapelle des Ursulines.
Une bombe qui avait fait une large trouée dans le parvis avait creusé l'ouverture d'une fosse au-dessous; elle fut aggrandie et on l'y déposa. C'était le tombeau le mieux approprié à la dépouille mortelle de ce valeureux capitaine. (1)
On rapporte que le " bonhomme Michel," le contre-maître du couvent des Ursulines, voyant au dernier moment qu'on n'avait pu, dans le désarroi complet de la ville, procurer un cercueil, ramassa quelques bouts de planches brutes pour en faire une boîte où il renferma en pleurant la dépouille mortelle de Montcalm.
(1) Sur cette trouée d'une bombe, Voir La Sépulture de Montcalm, Bulletin Rec. His. f vol. XI, p. 140, par l'Abbé Amédée Gosselin, qui donne le pour et le contre à ce sujet.
La tradition de la trouée de la bombe au couvent des Ursulines y est toujours restée vivace. Aujourd'hui (avril 1908) la vieille mère Ste-Croix, qui a atteint sa 92ème année, tient de l'ancienne mère Ste-Ignace, témoin oculaire de la sépulture, la vérité du fait. Nous y ajoutons crédit et cette vieille religieuse, qui jouit de son plein entendement, a confirmé cette tradition à Son Excellence Lord Grey lors de sa visite récente à cette communauté.
Nous y trouvons une confirmation par la lettre de Bougainville au ministre Pitt du 24 mars 1761, pour lui demander le permis de poser une épitaphe sur la tombe de Montcalm dans la chapelle des Ursulines, dont il lui transmit le texte. L' épitaphe a été composé par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, de Paris. Elle constate que Montcalm fut enterré dans la fosse qu'une bombe avait creusée. Peut-on supposer que de tels personnages aient essayé de tromper Pitt, la France, le Canada et toute la presse de 1 Europe 7 Dans tous les cas on n'aurait pu en imposer
Connaissant la bonté de cœur et la noblesse d'âme de Montcalm, nous ne doutons pas qu'il n'ait recommandé les Canadiens à l'humanité et générosité des vainqueurs.
Ces sentiments admirables furent compris par Murray, lequel par son caractère doux et bienveillant sut gagner l'estime et l'affection des Canadiens.
Au milieu de ses souffrances Montcalm conserva jusqu'à la fin sa pleine connaissance. Ses dernières paroles, comme le chant du cygne, furent un envoi de consolation et d'espérance à son pays et à son Roi.
" Je meurs content puisque je laisse les affaires du Roi, mon " cher Maître, entre bonnes mains. J'ai toujours eu la plus haute " opinion du talent et de la capacité de M. de Lévis."
Le 14, au lever du jour, Montcalm rendit le dernier soupir. Le même soir, sur les neuf heures, son corps, suivi de ses compagnons d'armes et d'une foule éplorée, fut porté à la chapelle des Ursulines.
Une bombe qui avait fait une large trouée dans le parvis avait creusé l'ouverture d'une fosse au-dessous; elle fut aggrandie et on l'y déposa. C'était le tombeau le mieux approprié à la dépouille mortelle de ce valeureux capitaine. (1)
On rapporte que le " bonhomme Michel," le eontre-maître du couvent des Ursulines, voyant au dernier moment qu'on n'avait pu, dans le désarroi complet de la ville, procurer un cercueil, ramassa quelques bouts de planches brutes pour en faire une boîte où il renferma en pleurant la dépouille mortelle de Montcalm.
(1) Sur cette trouée d'une bombe, Voir La Sépulture de Montcalm, Bulletin Rec. His., vol. XI, p. 140, par l'Abbé Amédée Gosselin, qui donne le pour et le contre à ce sujet.
La tradition de la trouée de la bombe au couvent des Ursulines y est toujours restée vivace. Aujourd'hui (avril 1908) la vieille mère Ste-Croix, qui a atteint sa 92ème année, tient de l'ancienne mère Ste-Ignace, témoin oculaire de la sépulture, la vérité du fait. Nous y ajoutons crédit et cette vieille religieuse, qui jouit de son plein entendement, a confirmé cette tradition à Son Excellence Lord Grey lore de sa visite récente à cette communauté.
Nous y trouvons une confirmation par la lettre de Bougainville au ministre Pitt du 24 mars 1761. pour lui demander le permis de poser une épitaphe sur la tombe de Montcalm dans la chapelle des Ursulines, dont il lui transmit le texte. L' épitaphe a été composé par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, de Paris.
Elle constate que Montcalm fut enterré dans la fosse qu'une bombe avait creusée,
- que de tels personnages aient essayé d< le Canada et toute la presse de 1 Europe ? Dans tous les cas on n'aurait pu en imposer
Peut-on supposer que de tels personnages aient essayé de tromper Pitt, la France,
Dans cette tombe Montcalm a enseveli avec lui les fautes qu'on lui a reprochées comme général. Elles y demeurent cachées sous ses belles actions. Si- les Français ont attaqué injustement sa mémoire en lui imputant à tort, suivant nous, le blâme qu'on jette si facilement aux généraux vaincus, les Canadiens qui ont le plus souffert de leurs conséquences ne se sont pas joints à ce cri de vœ victis, mais ont continué à l'aimer et ont voué un culte à son nom qu'ils ont adopté comme l'emblème de la bravoure chevaleresque, de la grandeur d'âme et droiture de cœur de leurs aieux.
Avec Shakespeare disons-lui :
" Adieu, and take thy praise with thee to heaven, " Thy ignomy sleep with thee in thy grave, " But not remembered in thy epitaph."
Henry IV, act. 5, scène 4.
Inclinons nous avec respect en lisant l'inscription au-dessus de la tombe du héros et répétons avec le gouverneur Anglais Lord Aylmer, qui l'a posée d'un cœur magnanime et généreux :
Honneur a Montcalm ; le destin en lui dérobant la victoire l'a recompense par une mort glorieuse
Si maintenant on prétend que le terrain des courses n'est pas l'endroit principal et le point en jeu de la bataille des Plaines d'Abraham, nous ajouterons alors que le champ de bataille s'étend depuis
aux Ursulines, d'autant moins qu'il y avait à peine 18 mois alors que Montcalm était mort. Au reste, on constate aussi que la chapelle des Ursulines, suivant leurs annales, (celle démolie en 1901) était tellement percée par les bombes que les Anglais pour s'en servir la réparèrent à leurs frais. — Le nombre de boulets, bombes, carcasses, pots-à-feu, etc., lancés pendant le siège est à peine croyable. Les Ursulines comme point central étaient les plus exposées.
Ajoutons que l'ensemble des compagnons d'armes de Montcalm qui ont assisté
à son inhumation, sont retournés en France aussitôt après la capitulation de Québec
sur les transports anglais et qu'ils ont accepté comme vrai le sens de l'épitaphe sans
songer à protester. Autrement il faudrait les rendre tous complices d'une duperie ;
' or rien de plus facile à écarter que ce mensonge, qui ne pouvait être une licence
Poétique. Quelques-uns d'entre eux, encore survivants en 1781, ont adhéré à assertion de l'Académie, comme on le voit dans une estampe du jeune Watteau, çravée parChambers. représentant la mort de Montcalm à côté du trou d'une bombe. La même reproduction du trou d'nne bombe se voit aussi dans le bas-relief sur le socle du portrait de Montcalm tel que gravé par Barbie comme pendant de celui de Wolfe.
Ce genre glorieux de sépulture davait, domme il l'a fait, attirer l'attention universelle et est devenu par là même un fait acquis à l'histoire comme certain.
la batterie à Sillery enlevée le matin, en suivant l'armée passant sur ce terrain, de là jusqu'aux murs de la ville et descendant jusqu'auprès de l'Hôpital-Général, où finit le combat et cessa la poursuite. C'est à nous de conserver le point central, la seule partie libre qui reste vraiement disponible.
Nous reviendrons plus tard, avec Lévis, à la seconde bataille des Plaines d'Abraham, livrée presque en entier au même endroit, où, " après l'action, comme dit Garneau, (111, p. 257,) les vainqueurs " établirent leur camp dans les mêmes plaines où ils venaient de " laver si glorieusement la honte de la défaite qu'ils avaient essuyée " l'année précédente, plaines célèbres, illustrées deux fois par le " courage des meilleurs soldats qu'aient jamais eus la France et " l'Angleterre."
Ce sera le sujet d'une autre étude pour cette seconde bataille.
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