CHAPITRE VI L'inconnu
Leona s'était retirée dans sa chambre, et rassurée sur le sort de Giorgio, qui, après le départ de la gondole du conseil, était sorti tranquillement, elle relisait la lettre de son père. Elle était aujirès de la fenêtre donnant sur le canal, et de temps en temps elle portait ses yeux du côté où elle espérait voir apparaître celui qu'elle attendait. Bientôt sa rêverie dégénéra en une demi-somnolence, et elle se
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réveilla en sursaut en entendant entrer. C'était Marta, dont le visage exprimait la joie.
— Leona! Leona! s'écria-t-elle, sortez de votre rêverie et écoutez...
— Eh bien? fit la jeune fille sans bouger.
— Je vous annonce...
Et la bonne femme s'effaça. Un homme était derrière elle, caché encore en partie par la pénombre de la porte. Leona l'aperçut, poussa un petit cri et se jeta dans ses bras.
— Mon père 1 fit-elle en Tembrassant avec transport. Ah ! quel bonheur !
— Bonjour, mon enfant, fit le nouveau venu d'une voix grave en se débarrassant de son manteau et de sa toque entre les mains de Marta, qui les posa sur le lit à colonnes placé dans un angle de la chambre.
— 0 mon père, mon bon père, combien je suis heureuse ! reprit Leona.
— Et moi I... Voici un instant de ma vie qui efface bien des jours de douleur!
Et l'inconnu se laissa conduire par la jeune fille, qui le fit asseoir sur le fauteuil qu'elle venait de quitter et se plaça ensuite avec grâce sur ses genoux.
— Chère enfant! dit-il, que je t'aime!...
Il la repoussa doucement, la fit lever, et la contempla un instant avec ivresse.
— Mais, que je te regarde!... continua-t-il, que je t'admire!... Comme tu es belle, Leona! oh! très-belle! En un £ui ces jeunes filles changent!... Tu es belle, et je t'aime !...
Il la fit asseoir sur lui et l'embrassa tendrement; puis il ajouta avec un soupir :
— Trop belle!
— Oh! mon père, est-ce qu'on Test jamais assez ! fit la jeune fille avec un adorable mouvement de coquetterie.
— Dites-moi, Marta, fit l'inconnu en se tournant vers la vieille qui contemplait ce tableau avec ravissement, elle est bien sage, n'est-ce pas?
— Mais ne dirait-on pas, mon père, que je suis encore une petite fille ! dit-elle en faisant la moue.
— Oh! monseigneur, répondit Marta, un ange du bon Dieu! une douceur, une modestie... et d'une piété!... elle ne manque pas d'aller chaque matin prier à Saint-Thomas.
— Pour vous, mon père, dit Leona en l'embrassant sur le front avec une respectueuse tendresse.
— Veuillez nous laisser, Marta, dit l'inconnu d'une voix douce.
Il suivit des yeux sa fille, qui, en reconduisant Marta au dehors, échangea avec elle quelques paroles, et murmura :
— Allons, elle ne tient pas de sa mère!... Pauvre enfant!... la voici déjà
Giorgio 8e précipita dans la chambre en poussant un cri de fureur. (Page 56.)
arrivée à l'âge où les soucis et les peines fondent sur nous... il est temps que je ne la quitte plus.
Leona revint prendre sa place sur les genoux de son père.
— Voyons, mon enfant, conte-moi tes impressions, dis-moi l'emploi de tes journées.
— Oh ! c'est bien facile. D'abord, comme Marta vous Ta dit, je vais passer une heure à Saint-Thomas, où je prie Dieu avec ferveur pour qu'il me conserve longtemps un aussi bon père, et aussi pour... une autre personne.
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Quelle autre personne? demanda l'inconnu avec inquiétude.
i— Ma mère, répondit simplement Leona.
— Ah ! fit l'inconnu avec amertume.
— Pour ma mère qui est morte, m'avez-vous dit, après m'avoir abandonnée... Ah! tenez, mon père, je ne puis songer à cela sans verser d'abondantes larmes... Abandonnée... une mère... Oh! si vous ne me l'aviez pas dit, je ne le croirais pas.
— Et en sortant de Saint-Thomas?... demanda l'inconnu en détournant le cours de ses pensées.
— Je reviens à la maison, dit Leona, oh j'aide Marta, qui se fait vieille. Bien souvent son fils, mon bon frère Schiavone, me prend dans sa gondole et me promène de canaux en canaux; il me mène parfois à Tîle de Murano, ofx il a des amis, et oh se fabriquent ces délicates verreries que toute l'Europe admire. Parfois aussi nous nous aventurons en pleine mer, quand elle est bien calme. Je chante sur ma mandoline une canzonetta, et doucement balancée par la vague, notre barque marche seule à la dérive jusqu'au soir; mais cela n'arrive pas aussi souvent que le désire Schiavone, car j'ai de la raison pour, lui; c'est un jeune homme laborieux^ et nous faisons ensemble de petites affaires. •
— Ahl tu fais des affaires? Schiavone vend du bois ; est-ce que toi aussi...
— Sans doute ; les sommes d'argent que vous me donnez pour notre entretien, bien qu'elles soient considérables, sont encore insuffisantes... fit Leona avec importance.
— Que ne disais-tu cela, mon enfant, j'aurais doublé, triplé... dit l'inconnu vivement.
— Oh! c'est bien assez pour nous et pour ma toilette, mais... et elle s'arrêta d'un petit air attristé.
— Mais?... insista le père.
— Tenez, mon bon père, je veux bien tout vous dire; d'abord, pour que vous n'ayez pas de mauvaises pensées, ensuite... mais vous me promettez de n'en parler à personne?
— Je te le promets, répondit le père en souriant.
— Eh bien, je me suis associée avec Schiavone afin de gagner beaucoup d'argent... C'est que, mon père, il y a tant de malheureux à Venise!... s'écriat-elle après une hésitation charmante.
— Chère enfant... tu es bonne... je t'aime encore davantage pour cette vertu, si c'est possible, fit le père avec enthousiasme.
— Maintenant que je vous ai dit mon secret...
— Et tu n'en as pas d'autre ?... d'autre secret?... demanda l'inconnu en souriant encore et essayant de plonger dans son clair regard.
— Oh! non, mon père. Donc, à présent que vous savez mon secret, vous allez me dire le vôtre.
— Le mien! fit-il en pâlissant.
— Le vôtre. Je me crois assez grande à présent pour mériter votre confiance. Dites-moi qui vous êtes, mon père, dites-moi pourquoi vous vous entourez de mystère ?
— Eh ! mon enfant, à quoi bon? m'en aimeras-tu davantage?...
— Non, mon père, bien sûr ; mais je ne sais qui me dit que vous êtes un des grands de ce monde, et il me semble que si j'en avais l'assurance de votre bouche, je serais fière.
— Et en serais-tu plus heureuse?
— Plus heureuse, non ; mais si, comme je le suppose, votre nom a du retentissement, je m'associerai de cœur à l'admiration de tous, lorsqu'il frappera mon oreille.
L'inconnu la regarda fixement ; son œil sembla lancer un éclair, puis se mouiller bientôt d'une larme aussitôt réprimée. Il paraissait se livrer en dedans de lui-même un violent combat; puis une lueur de résolution prit dans son œil la place de toute hésitation. Il attira sa fille sur son sein, l'y tint un instant emb assée, et puisa du courage dans cette paternelle étreinte.
— Puisque tu le veux, dit-il, je vais te satisfaire.
— Merci, mon père, répondit Leona avec effusion ; d'aujourd'hui je serai vraiment votre fille. Vous ne m'avez jusqu'à présent laissé voir que votre cœur, vous allez me montrer votre âme.
— D'abord, mon enfant, je continuerai à te cacher mon nom, pour peu de temps encore, je l'espère, du reste. Ecoute : il y a dix-sept ans, j'étais un mmce officier de fortune.
— Déjà officier, il y a dix-sept ans, mon père ?
— Je n'avais que dix-neuf ans. J'habitais Ferrare. J'aimai une jeune fille du peuple, charmante et belle comme toi. Elle se laissa éblouir par mes broderies militaires, et moi par sa beauté. Elle ne m'aima pas longtemps, hélas I elle était capricieuse et coquette !... Nous faisions rudement la guerre alors; je... la perdis de vue.
L'inconnu se faisait violence en continuant ce récit pénible; il voulait ménager la susceptibilité filiale de Leona à l'égard de sa mère, et respecter en même temps sa fierté ; de sorte que ce n'était que par lambeaux que Leona put lui arracher le reste de sa confidence.
— Un grand changement s'opéra dans ma fortune, répéta-t-il, et le hasard me conduisant plus tard à Ferrare, je pensai à cette jeune fille que j'avais aimée.
— Le hasard, mon père?... dit Leona d'un ton de reproche, dont l'inconnu souffrit cruellement.
Il reprit :
— J'eus beaucoup de peine à la trouver, parce que je la cherchais dans le
faubourg où je l'avais connue; mais j'appris que depuis mon départ elle avait mis au monde un enfant et qu'elle avait quitté Ferrare pour Milan. Cette révélation ranima mon amour éteint, et je partis en toute hâte pour cette ville, persuadé que cet enfant était à moi. Arrivé à Milan, je fus d'abord assez embarrassé, mais la Providence me servit à souhait : mon cheval se rencontra avec ceux d'une riche litière entourée de seigneurs, et dans cette litière je reconnus... la pauvre fille de Ferrare, magnifiquement vêtue, et commandant à toute cette foule dorée... Je doutai d'abord, mais cette femme me reconnut elle-même et m'appela... C'était bien elle!... Devant tout ce monde, elle ne put s'abandonner à sa joie, et me donna rendez-vous pour le lendemain dans son palais, — elle habitait alors un palais. — Le lendemain, elle me présenta une petite fille, jolie comme les anges, en me disant : « Monseigneur, embrassez votre enfant. » Cet enfant, c'était toi, Leona.
— En effet, je me rappelle confusément avoir passé mes premières années au milieu d'un grand luxe... fit Leona toute songeuse.
— Ma pauvre enfant, je dus aussitôt songer à te délivrer de ce luxe, car il t'aurait perdue! Ta mère était devenue... elle était devenue comédienne !... Elle avait à ses pieds toute la jeunesse de Milan, et... pardonne-moi, ma fille, ma chère Leona, de t'enlever tes illusions et de te montrer ta mère telle qu'elle fut, mais c'est l'explication de ma conduite à ton égard. L'amour était désormais impossible entre cette femme et moi, et je ne songeai plus qu'à te soustraire aux mauvais exemples dont ton jeune âge t'affranchissait alors, mais qui me faisaient trembler pour l'avenir !
— Vous êtes pardonné, mon père, dit Leona en fondant en larmes, mais ma mère, ma mère...
— Un moine... de mes amis... se chargea de t'enlever. Je t'emportai à Venise, et c'est alors que je te confiai à la bonne Marta Schiavone.
Tout-à coup Leona eut une explosion de joie et de ravissement :
— Je n'ai pas été abandonnée!... s'écria- t-elle.
— L'abandon n'eût-il pas été préférable à l'avenir qui t'était réservé ?
— N'importe, mon père, reprit-elle avec exaltation, voici une parole qui me fait du bien : ma mère ne m'a pas abandonnée!...
— Elle est morte, comme je te l'ai dit, un an après, à Florence... Eh bien ! à quoi penses-tu?... demanda l'inconnu en voyant Leona les mains jointes et comme murmurant mentalement une prière.
— Je pense... que ma pauvre mère, malgré tous les torts que vous pouvez lui reprocher, avait au cœur des sentiments de piété sincère et de foi vive ; témoin ce reliquaire qu'elle amis à mon cou, et cette prière qu'elle m'a apprise... vous savez, je vous l'ai récitée bien souvent, cette prière se terminant par ces mots qui, disait ma mère, ne sont jamais prononcés en vain : « Sainte Vierge, Notre- Dame des Sept-Douleurs, protégez-moi ! »
— Mon enfant, ta mère avait le cœur bon, voilà pourquoi je l'ai aimée ; mais elle s'était laissée aller aux tentations du luxe, et t'aurait perdue.
— Alors, mon père, pourquoi ne m'avez-vous pas prise avec vous ?
— Tiens, mon enfant, tu ne saurais croire combien il m'en coûte de revenir sur ce passé. . . dit l'inconnu.
— Oh ! alors, n'achevez pas !... fit Leona en portant sa petite main sur la bouche de son père.
— Si, puisque j'ai commencé, tu dois tout savoir. Plus tard, je m'étais marié ; j'avais épousé une des premières héritières de l'Italie; mais ma femme est jalouse, jalouse même de mon passé, de sorte que je dus te cacher, surtout à ses yeux. Ma femme est douce et bonne, et je ne désespère pas maintenant... Ah I mon enfant, j'ai bien souffert... et je souffre encore.
— Encore!... Oh ! mais maintenant je serai toujours là pour vous consoler, toujours, n'est-ce pas, mon père ?
— Oui, toujours, car mon intention est en effet de t' emmener avec moi... Tu quitteras Venise... dans huit jours.
— Quitter Venise !... fit Leona avec un effroi indicible.
— Eh bien! qu'a cette idée pour te troubler ainsi?... Ne seras-tu pas heureuse de venir avec ton père?
— Oh ! que dites-vous là !... s'écria-t-elle en l'embrassant.
Et elle pensait, dans le plus secret de son cœur, qu'elle avait donné son amour à un officier sans fortune, et que son père ne consentirait jamais à un tel mariage, puisqu'il était un grand seigneur.
— Mon amie, reprit l'inconnu, je dois quitter Venise demain matin ; mais dans huit jours une escorte composée de serviteurs dévoués te conduira àUrbino. La duchesse te gardera près d'elle pendant quelque temps comme demoiselle d'honneur, et après cela, mes bras te seront ouverts pour toujours ; tu viendras habiter avec moi.
— Demoiselle d'honneur de la duchesse d'Urbino!... fit Leona, secrètement désespérée des honneurs qui l'attendaient, — et après cela, mon père, où vous rejoindrai-je ?
— A Rome.
— A Rome!... fit-elle en frissonnant de tout son corps.
— Qu'as-tu donc?... demanda l'inconnu en la serrant contre son cœur.
— A Rome!... oh! j'ai peur de cette ville... bien peur.
— Et pourquoi donc?
— N'est-ce point à Rome que règne cette famille des Borgia, l'épouvante de l'Italie entière !
Ce fut au tour de l'inconnu de tressaillir, ses sourcils se froncèrent et son front parut soudainement accablé sous le poids d'une malédiction ; mais tout cela fut l'écleiir d'un instant, et il reprit en rejetant ses cheveux en arrière :
— Qu'importe, tu seras avec moi! Et puis, tu t'exagères l'importance des bruits qui courent, de faux bruits.
— 0 mon père, la malédiction des peuples ne se trompe pas.
— Faux bruits, te dis-je ; les Borgia sont maudits parce qu'ils sont grands ; les princes d'Italie les haïssent parce qu'ils devinent que leur règne est passé, et qu'ils ne sont plus rien.
— Mon père, ne les défendez pas, leur éloge fait mal dans votre bouche. L'inconnu se leva, un feu sombre courait dans ses yeux, une rougeur de
honte couvrait son visage.
— Appelle Marta, dit-il.
— Mon père, vous n'êtes pas fâché contre moi, n'est-ce pas?
L'inconnu l'embrassa de nouveau; et pendant qu'elle appela madame Schiavone, il ne put retenir un soupir, l'expression désespérée de quelque grand malheur, la résignation aux décrets d'une fatalité impossible à combattre.
Quand elle rentra, accompagnée de Marta, il avait endossé son manteau et remis ses gants.
— Yous partez, mon père?
— Oui, mon enfant, mais je reviendrai t'embrasser encore une fois avant de quitter Yenise.
Et en disant ces mots, il plaça dans les mains de Marta une bourse trèslourde, qui, en passant, rendit le son bien connu des sequins d'or. La bonne Marta releva la tête avec une surprise extrême.
— Mai^, monseigneur, dit-elle, Leona vient de me dire que c'est dans huit jours que vous l'emmenez ?
— Eh bien? fit l'inconnu, en souriant.
— C'est que dans cette bourse il y a... beaucoup, beaucoup trop!
— Marta, bonne Marta, ma fille m'a appris qu'elle faisait avec votre fils Giorgio un très-grand commerce. — Quoique éloignée, elle prétend le continuer: c'est sa première mise de fonds. — Eh bien, Leona, comme te voilà rêveuse, mon enfant !...
— Moi, mon père, fit Leona comme se réveillant en sursaut.
— Oui, toi, dit-il en l'examinant profondément, puis il se tourna vers Marta: — Dites-moi, Marta, continua- t-il, comment se fait-il que votre fils ne se trouve jamais ici quand je viens? Yoici quatre ans que je ne l'ai vu, — il a dû bien changer depuis ce temps?
— Il a vingt-cinq ans, monseigneur ! fit Marta avec orgueil.
— Je serais heureux de lui serrer la main, dit l'inconnu avec un regret plein de cordialité.
— Ah ! monseigneur, Giorgio est un garçon singulier. N'était son commerce, il passerait sa vie étendu au fond d'une barque, se laissant bercer par la vague, et oubliant même de venir manger.
Eh bien, Marta, mettez-vous à sa recherche, je vous en prie, et faites en
sorte que ce soir, à mon retour, je le trouve ici. Je tiens beaucoup à voir le frère de maLeona. — Ah! Leona,je t'y reprends encore !... A quoi penses-tu?...
Dame ! mon père, dit Leona d'un air enfantin, je suis bien heureuse de
TOUS suivre et de ne plus vous quitter, mais je tiens cependant un peu... à Venise.
— A Venise ? — C'est Venise seule que tu regrettes?
— Venise seule, affirma la jeune fille.
— Allons, tant mieux ! — Adieu, mon enfant. — A ce soir I
L'inconnu fut reconduit jusqu'à la porte parles deux femmes. Là, il fit un signe, et une gondole vint s'embosser contre le trottoir, au fond de laquelle il sauta légèrement. Quand il fut sous les rideaux de la tente, il les écarta pour adresser à sa fille un dernier adieu de la main, et la gondole glissa sur le canal.
— Vous a-t-il enfin appris son nom ? demanda Marta avec la curiosité des vieillards.
— Non, répondit Leona restée triste.
— Lui avez-vous parlé de ce jeune officier?
— Pas encore, fit Leona sans pouvoir retenir un mouvement d'effroi.
— Vous avez eu tort, mon enfant, il faut le faire ; vous me l'aviez promis... dit Marta avec l'accent de reproche d'une mère qui n'a pas la force de gronder.
— Ce soir, Marta, je te le jure, j'avouerai tout à mon père.