ET VALENTIN
Avait su s'attacher le cœur de Valentin. Fidèles compagnons , dans leurs courses lointaines , Ils vont , se consolant tour-à-tour de leurs peines , lîraver tantôt du jour les rayons de'vorans , Tantôt d'un ciel obscur les orageux torrens. De'jà vingt fois le dieu qui lance la lumière , Avait fourni pour eux sa brûlante carrière ; Déjà vingt fois la nuit , d'un crêpe te'nebreux , Avait enveloppé leurs pas infructueux :
A la lin , un château , d'un aspect magnifique , A leurs regards charmés dessine son portique. Un lac vaste et profond , bordé de murs épais , De ses dormantes eaux entoure ce palais. Son dôme étincelant domine la contrée ; Un large pont d'airain en protège l'entrée , Et par un carillon artistement placé , Soudain trahit au loin le pied qui l'a pressé. A peine nos héros ont touché ses solives , Que des sons éclatans frappent l'écho des rives. Sur leurs gonds ont roulé les portes du château ; un énorme géant apparaît sous l'arceau : C'estDifurch, monstre informe, atroce, sanguinaire Qui fit de ce séjour son horrible repaire ; Difurch , de la contrée affreux dévastateur ,
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Répandant sur ses pas la mort et la terreur. ;> Téme'raire! dit-il, d'une voix formidable; Rendez-vous a l'instant , oîi ce bras redoutable , De vos corps de'chirés dispersant les lambeaux . Va livrer vos drbris en pâture aux corbeaux. Que cherchez-vous ici ? )> — <c Je ris de fk menace , R('pond le chevalier , en redoublant d'audace ; Je viens ravir ta proie h tes lâches fureurs. Pre'somptueux ! tu vas expier tes horreurs. )• Il pousse son coursier , fond sur lui ; mais sa lance Va se rompre en éclats sur sa poitrine immense. Le robuste géant , immobile et debout , Reçoit , sans s'ébranler , l'épouvantable coup. Cependant son sang coule ; et le mal qu'il endure Commence à l'avertir de sa large blessure. Le monstre furieux s'avance en rugissant , Décrit de sa massue un cercle menaçant , Vise le chevalier et va briser la pierre. Valentin , à son tour , fond sur son adversaire , De son glaive tranchant bat les airs ébranlés , Et frappe sur le Celte à coups plus redoublés Que l'ardent bûcheron sur le pin qui succombe; Difurch , de son côté , comme l'arbre qui tombe Renverse le passant en troublant les échos ,