MÉLANCOLIE
Séjour de paix ! ô chère solitude , Oîi j'avais cru retrouver le bonheur ; C'en est donc fait : l'ardente inquie'tude plus que jamais est rentre'e en mon cœur. Que me veux-tu , sombre Me'lancolie ?
Quel Dieu cruel a détruit mon repos?
Tes noirs soucis empoisonnent ma vie ; Je souffre , hélas ! et tout aigrit mes maux. Par le travail si je veux me distraire , Je crois d'abord dissiper ma douleur :
Ma plume tombe ; et la tristesse amère Revient encore augmenter mon malheur.
Fuyons la ville et son faste insipide : Les champs,les bois m'offrent leurs doux attraits.
Mais quoi ! déjà l'ennui , tyran perfide , Livre mon ame a de nouveaux regrets.
De Tamitië je ne sens plus les charmes : A ses douceurs , à son tendre abandon , Ont succédé les peines , les alarmes.
Je fuis l'amour; je tremble h son seul nom. Aux jeux , aux ris je montre un front sévère , Et les plaisirs sont pour moi des tourmens. Souvent des pleurs humectent ma paupière : Le chagrin seul remplit tous nnes momens.
Quoi ! plus d'espoir , plus de douce chimère Tout est fini.... Plus de rêves trompeurs ! Trop courts instans d'une joie éphémère , Que vous laissez de vide dans nos cœurs ! Hélas ! où fuir cette Mélancolie Qui de poisons vient abreuver mes jours? Toujours souffrir et se plaindre toujours!.... Âh! sans bonheur qu'est-ce donc que la vie?