‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 38 sur 45 · L'OISEAU CAPTIF · texte numérisé non relu

L'OISEAU CAPTIF

Chantre harmonieux du bocage , Pourquoi ces lugubres accens?

Qu'est devenu ce doux ramage Qui , sous un dôme de feuillage , Portait l'extase dans mes sens ?

Naguère mon ame attendrie , En s'égarant au fond des bois , S'enivrait de ta me'lodie , Et dans sa vague rêverie , Restait suspendue à ta voix.

Hôte de la plaine éthe'réc , Tu gemis les nuits et les jours , Depuis qu'une cage dorde ,

Par une main dénaturée , Vint t'arraclier h tes amours.

Pauvre captif! plus d'allégresse Dans les chaînes de l'oiseleur !

Que ta solitaire tristesse Soupire , soupire sans cesse Et tes regrets et ta douleur !

Naguère , dans l'ombre naissante , Tu modulais tes airs joyeux ; Et , sur la branche vacillante , .

Libre alors , ton aile brûlante Caressait l'objet de tes feux.

Combien j'aimais cette harmonie Qui se perdait dans le lointain , Lorsque ta compagne chérie , Auprès de toi donnait la vie Aux germes que couvait son sein

L'amour n'agite plus ton aile ; L'écho ne redit plus tes chants ; Et cette rapide étincelle

Qui s'élançait de ta prunelle , S'e'teint dans tes yeux languissans.

Et toi , superbe cre'ature , Homme ! ravale ton orgueil :

C'est toi seul qui de la nature De'truis la plus belle parure ; C'est toi qui la couvres de deuil î

Oiseau ! que ta mélancolie Sait bien intéresser mon cœur !

Hélas ! tu perds plus que la vie :

Quand la liberté t'est ravie , Plus d'espérance de bonheur.

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