‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 39 sur 45 · OUI, C'EST BIEN ELLE · texte numérisé non relu

OUI, C'EST BIEN ELLE

Amoua , tu veux que de Corinne Pour toi j'esquisse le portrait ; Préte-moi ta touche divine , Et je la peindrai trait pour trait.

Que ton feu créateur m'inspire Et s'empai^e de tous mes sens :

Sous mes pinceaux , dans mon délire Vont briller ses attraits naissans.

Traçons d'abord son front modeste , Ombrageons-le de ses cheveux , Et qu'un regard doux et céleste Embellisse encor ses beaux yeux.

Sur cette bouche séduisante , Qu'un souris semble voltiger :

Déjà sa tête ravissante

Paraît sous mon pinceau le'ger.

Penclions un peu ce cou d'albâtre ,

Forme' par les mains de l'Amour ,

Et des charmes qu'il idolâtre ,

Dessinons le tendre contour.

Mais quoi !... mon cœur bat et palpite...

Je n'ose peindre tant d'appas.

Je tremble. Quel trouble m'agite !

Amour , ne m'abandonne pas.

Il faut pourtant finir l'ouvrage ,

Puisque l'Amour en a fait choix :

Achevons ce gentil corsage ,

Ce bras charmant , ces petits doigts.

Corinne est aimable et jolie :

Ses traits , son esprit , tour à tour ,

Font naître , en notre ame ravie ,

Désirs de plaire et feux d'amour.

Tantôt , c'est une fleur légère

Qui fixe l'aile des Zéphyrs ,

Tantôt une jeune bergère

Qui semble appeler les plaisirs.

Jamais ni peine , ni tristesse

N'altère sa douce candeur 5

Corinne est une enchanteresse 5

Tout cède à son charme vainqueur.

l^es Dieux , dans ce doux assemblage ,

Épuisèrent tout leur savoir ,

Et l'Amour, cet enfant volage,

Mit en elle tout son espoir.

Quand on la voit, il faut se rendre :

Son caractère est un tre'sor ;

Dès qu'elle parle, on veut l'entendre;

Elle cesse , on l'écoute encor !

Voilà son image fidelle.

Sans l'aimer qui pourrait la voir ?

Oui , c'est Corinne ; oui , c'est bien elle : Oh ! que l'Amour a de pouvoir !

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