OUI, C'EST BIEN ELLE
Amoua , tu veux que de Corinne Pour toi j'esquisse le portrait ; Préte-moi ta touche divine , Et je la peindrai trait pour trait.
Que ton feu créateur m'inspire Et s'empai^e de tous mes sens :
Sous mes pinceaux , dans mon délire Vont briller ses attraits naissans.
Traçons d'abord son front modeste , Ombrageons-le de ses cheveux , Et qu'un regard doux et céleste Embellisse encor ses beaux yeux.
Sur cette bouche séduisante , Qu'un souris semble voltiger :
Déjà sa tête ravissante
Paraît sous mon pinceau le'ger.
Penclions un peu ce cou d'albâtre ,
Forme' par les mains de l'Amour ,
Et des charmes qu'il idolâtre ,
Dessinons le tendre contour.
Mais quoi !... mon cœur bat et palpite...
Je n'ose peindre tant d'appas.
Je tremble. Quel trouble m'agite !
Amour , ne m'abandonne pas.
Il faut pourtant finir l'ouvrage ,
Puisque l'Amour en a fait choix :
Achevons ce gentil corsage ,
Ce bras charmant , ces petits doigts.
Corinne est aimable et jolie :
Ses traits , son esprit , tour à tour ,
Font naître , en notre ame ravie ,
Désirs de plaire et feux d'amour.
Tantôt , c'est une fleur légère
Qui fixe l'aile des Zéphyrs ,
Tantôt une jeune bergère
Qui semble appeler les plaisirs.
Jamais ni peine , ni tristesse
N'altère sa douce candeur 5
Corinne est une enchanteresse 5
Tout cède à son charme vainqueur.
l^es Dieux , dans ce doux assemblage ,
Épuisèrent tout leur savoir ,
Et l'Amour, cet enfant volage,
Mit en elle tout son espoir.
Quand on la voit, il faut se rendre :
Son caractère est un tre'sor ;
Dès qu'elle parle, on veut l'entendre;
Elle cesse , on l'écoute encor !
Voilà son image fidelle.
Sans l'aimer qui pourrait la voir ?
Oui , c'est Corinne ; oui , c'est bien elle : Oh ! que l'Amour a de pouvoir !