‹ Les bataves à la Nouvelle-ZembleChapitre 40 sur 45 · LES FEMMES · texte numérisé non relu

LES FEMMES

Oui , je veux , d'un sexe adorable , Esquisser les traits enchanteurs ; Choisissons un modèle aimable Et qu'il subjugue tous les cœurs.

C'en est fait : Corinne m'inspire ; Ses beaux yeux animent ma lyre ; J'aperçois le sacré vallon :

Sa voix , comme une enchanteresse M'appelle aux rives du Permesse ; Corinne est mon seul Apollon.

Femmes ! recevez mon hommage !

L'univers vous doit des autels.

Accordez-moi votre suffrage ,

Et mes vers seront immortels.

Que n'ai-je votre plume habile Qui , sous vos doigts toujours docile , A votre gré changeant de ton , Tour à tour savante ou légère , Sait peindre comme La Bruyère , Ou badiner comme Hamilton !

Sexe adoré ! de nos alarmes , Vous êtes le consolateur ; Par votre esprit et par vos charmes , Vous calmez les peines du cœur.

Vos tendres soins , votre présence Embellissent notre existence ; Heureux qui fixe votre choix !

Charmer est votre aimable étude :

On n*aime plus la solitude , Quand on a vécu sous vos lois.

La femme , par un doux sourire , Soumet l'orgueilleuse fierté , Et ne doit jamais son empire Qu'à ses attraits , à sa bonté.

L'homme , fier amant de la gloire ,

Brûlant d'enchaîner la victoire , Veut-il régner sur l'univers ?

Superbe monarque du monde , C'est sur sa force qu'il se fonde , Et son pouvoir donne des fers.

De l'antique chevalerie , Combien j'aime le souvenir !

0 temps heureux où notre vie N'était qu*amour , gloire et plaisir Ivre d'exploits et de tendresse , Belles, la vaillante jeunesse Ne vivait alors que pour vous :

On dit même que la vieillesse , Rappelant une douce ivresse , Tombait encore à vos genoux.

Laissons aux despotes d'Asie La gloire d'être vos tyrans ; Leur inquiète jalousie Fait le supplice des amans.

A la puissance de vos charmes , Mortels soumis , rendons les armes ; Respectons votre volonté :

îîous sommes vos heureux esclaves ; Pourquoi vouloir , par des entraves , Enchaîner votre hberté ?

Que la femme soit l'ennemie Des philosophes ennuyeux ; Je plains leur aveugle folie :

Le bonheur est-il fait pour eux ?

Mais je hais un rimeur sauvage Qui des Dieux parlant le langage , Insulte au chef-d'œuvre des cieux.

Que le malheur soit sur ses traces !

Quand on ose affliger les Grâces , On est coupable à tous les yeux.

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