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ACCUMULATEUR PHÉNIX

Cet élémi'nt est forniéd'mie série de petits cylindres, de section extrêmement petite. Chacun de ces cylindres est constitué par plusicurscylindres élémentaires soudés i>outàbout(^j. 123).

Chaque cylindre élémentaire est formé d'une tige en plomb antimonié de 2 millimètres de diamètre, et de 7 centimètres

de longcur entre les deux épaulcments qu'elle porte en liant et en bas; la tifçe se prolonge au-delà des épaulements, afin de faciliter la soudure. Cette tige est d'abord recouverte entre les deux l'paulements d'un empàtage de matière active de 6 milliniclres de diamètre; des rondelles en ébonîte de 3 militmêtres d'épaisseur el \ millimètre de hauteur sont ensuite empilées les unes sur les autres et recouvrent eomplèlemenl le cylindre dans toute sa hauteur; ces rondelles reposent sur

tohcË iiotmcE et propllsion iôd

répaulement inférieur, qui est légèrement plus grand que le diamètre de la matière active.

Les cylindres positifs et négatifs sont absolument identiques comme construction. Le montage de cet élément offre quelque particularité : tous les chapelets de cylindres constituant l'élément sont soudé*s, les positifs à une plaque, les négatifs à une autre plaque. Ces plaques, en plomb antimonié, sont superposées, la positive étant placée au dessus; et comme elles sont de mômes dimensions, . puisque les cylindres sont réunis en quinconce, en alternant positif et négatif, la plaque inférieure est percée de trous pour laisser passer les cylindres de polarité contraire à celle des cylindres qu'elle doit réunir électriquement. Chacune des plaques porte, en outre, autant de petits trous du diamètre des âmes des cylindres qu'il y a de chapelets de cylindres pour constituer l'élément. Une plaquette d'ébonite percée de trouspour laisser passer les cylindres repose sur la partie supérieure des chapelets.

Les parties inférieures des tiges pénètrent dans les trous d'une plaquette identique, qui est maintenue en place par des grains de soudure placés à l'extrémité de chaque tige.

Le bac est en ébonite unie; il ne porte pas de couvercle; mais la fermeture est assurée par une couche de parafhne coulée sur les plaques, une fois que l'élément est complètement monté ; cette couche de paraffine est percée d'un trou pour l'évacuation des gaz à la charge.

COMPARAISON ENTRE LES ACCUMULATEURS A SELS DE PLOMB RAPPORTÉS ET LES ACCUMULATEURS GENRE PLANTÉ »

M Les accumulateurs doivent réaliser certaines conditions de solidité, de durée et de capacité. Les accumulateurs à sels de plomb, quels qu'ils soient (pastilles ou alvéoles), sont mis rapidement hors d'usage par suite de l'hétérogénéité électrique du système. Les déformations mécaniques des accumulateurs

* Considérations sur /e« acciimM^ri/^u; 5, présentées par M. G. Margaine.

à oxydes tiennent essentiellement au contact toujours imparfait qui met en communication réiectrode avec Toxyde rapporté. Ce défaut initial de contact augmente fatalement avec le temps, par suite des travaux différents qu'auront à subir la matière active et l'électrode de plomb. Use forme entre cette électrode et le peroxyde de plomb des bulles gazeuses mauvaises conductrices, qui, agissant comme levier entre le support et Toxyde, activent leur séparation. La matière active tend donc à se séparer de son support, qui se déforme, et la plaque participe de moins en moins aux réactions électrolytiques. Le contact initialement mauvais devient de plus en pi us défectueux ; la lame de plomb se sulfate, et la matière active, chassée de ce support imparfait, tombe peu à peu. Si la matière ne tombe pas, Taccumulateur n'en sera pas moins en mau.vais état, et sa capacité diminuera. »

« Ce premier point essentiel est donc établi, que Taccumulateur à sels de plomb rapportés non seulement ne peut augmenter de capacité, mais que celle-ci diminue avec la durée du fonctionnement; cet accumulateur présente sa capacité maxima après la formation, et celle-ci décroît en service. En effet, dans les accumulateurs à formation artificielle, la couche d'oxyde est toujours trop grande par rapport k la surface active de l'électrode. Ce défaut fondamental provient d'une fausse interprétation d'un principe posé par Planté, disant que la puissance d'emmagasinement de son élément dépendait de l'épaisseur des matières actives (peroxyde de plomb et plomb réduit). Ce principe n'est vrai que si la couche de matière active peut être utilisable dans toute son épaisseur. M. Faure constate luimôme ' que l'action électrolytique n'a lieu que dans une faible proportion de la masse totale des couches (environ 10 0/0).

« J'attribue ceci, dit-il, à la résistance qu'offre une matière quasi solide, comme la mousse de plomb et ses oxydes, à la transmission de Tonde électrolytique; en fait, une partie considérable échappe à l'action du courant. » Cette appré-

i Annales d'électricité. 15 avril 1882.

cialion de l'auteur affirme Terreur sur laquelle sont basés les accumulateurs à oxydes rapportés. D'après M. Faure, une épaisseur de0'""*,5 seulement sur 5 millimètres d'épaisseur de la couche rapportée parKcipe aux réactions électrolytiques.

Nous verrons bientôt que ce nombre est encore plus élevé. La plus grande partie de la couche d'oxyde (90 0/0 d'après M. Faure), étant inutilisable, constitue un poids mort qui montre la mauvaise utilisation spécifique des accumulateurs à formation artificielle. L'infériorité de ces accumulateurs provient de ce que Ton a pu réaliser : 1° une adhérence suffisante entre la matière active et le support pour assurer au système une bonne conductibilité permanente ; 2" la proportion nécessaire d'oxyde à la surface conductrice.

« En résumé, en dehors des inconvénientsde fonctionnement signalés dans les accumulateurs à oxydes rapportés (crainte des surcharges, des surdécharges, des régimes élevés, du courtcircuit, du foisonnement et de la destruction rapide des éléments), nous trouvons l'un des importants arguments de notre critique chez le précurseur de l'accumulateur à oxydes rapportés, M. Faure, qui constate en même temps la mauvaise utilisation spécifique de la matière active dans ce type d'élément.

« Les accumulateurs à formation artificielle sont de courte durée, ont leur capacité maxima aprrs la formation ; le travail de dislocation commence lentement d'abord, puis rapidement, par suite des défauts inhérents à la constitution de l'élément signalé plus haut.

<( Pour éviter ces inconvénients, nous devons constituer un type d'élément dans lequel il y ait contact intime entre la plaque et le peroxyde de plomb, ce qui n'a jamais lieu avec les oxydes rapportés, quels que soient les procédés • en usage, dont plusieurs très ingénieux. La solution de ce point primordial réside dans la formation, par voie chimique ou électrolytique, de peroxyde de plomb sur la plaque même qui constitue l'électrode de l'élément. Le peroxyde de plomb, au lieu d'être juxtaposé mécaniquement à la plaque.

est conslitué (^lectro-chimiquomentsur cette plaque, et adhère fortement à l'âme de [)lomb, aux d(^pens de laquelle il s'est formé; on peut alors forcer les régimes de charge et do décharge.

« C'est donc au genre Planté, qui réalise les meilleures conditions de conductibilité électrique, que Ton doit s'adresser pour obtenir un accumulateur rationnel. Un tel élément serat-il nécessairement à l'abri du foisonnement? Nous envisageons déjà que les déformations seront moins à craindre que les types à formation artificielle. Quelles que soient la forme, l'épaisseur et la disposition des électrodes, on ne peut empêcher le foisonnement. Pourquoi poser ce problème, impossible à résoudre dans la pratique? Ne pourrait-on pas diriger les déformations au lieu d'essayer en vain de les combattre? »

L'invention de l'accumulateur électrique par Gaston Planté date de 1859; elle a donc quarante et un ans, près d'un demisiècle. En 1881, à l'apparition de l'accumulateur Faure, à oxydes de plomb à formation artificielle, rapide, le genre Planté fut délaissé, abandonné, et, pendant vingt années consécutives, des chercheurs de tous pays ont torturé le plomb; ils lui ont donné toutes les formes possibles et imaginables, de maintenir la matière active, d'augmenter le rendement et la durée des plaques sans y parvenir complètement, et après tant d'efforts, nous ne dirons pas dépensés en pure perte, car de notables perfectionnements ont été apportés aux accumulateurs h formation artificielle; mais il est au moins curieux, déconcertant môme, de constater Tobligation, pour la plupart des inventeurs, de revenir au genre Planté, qui est perfectible par la forme, non par le principe. Cette simple constatation grandit encore l'invention de Planté.

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