CHAPITRE II
[Suite]
FLOTTABILITÉ POSITIVE P < P' : La poussée remporte sur le poids
Considérons maintenant le cas où nous voudrions faire immerger un bateau en laissant son poids inférieur à son déplacement. Il nous faudra alors trouver un dispositif créant une action mécanique capable d'annuler TefTet de la poussée.
Los inventeurs partisans de ce procédé d'immersion estiment non sans raison que, si le servo-moteur qui commande l'appareil destiné à régler la profondeur d'immersion du sous-marin, ou tout autre appareil intérieur venait h ne plus fonctionner, le bateau serait sujet à gagner une profondeur telle que sa coque ne serait pas assez forte pour résister à l'énorme pression de la colonne d'eau placée au-dessus d'elle et serait écrasée.
Une considération non moins importante a trait à la sécurité du navire, au cas môme où il ne s'enfoncerait pas au-delà des limites pour lesquelles la résistance a été calculée.
Si, en effet, un bateau à ilottabilité nulle ne peut plus manœuvrer ses appareils de retour à la surface, soit que ces appareils soient détériorés, soit que Téquipage soit rendu impuissant, — comme il arriverait s'il subissait un commence-
ment d'asphyxie, fait qui s'est produit, — ce bateau ne remonterait jamais à la surface et serait irrémédiablement perdu, corps et biens.
Si le bateau possède, au contraire, une flottabilité positive, alors que tout se sera arrêté à bord, il reviendra à la surface sous Faction de la poussée et se trouvera ainsi, de lui-même, placé hors de danger ou, au moins, à proximité de secours.
Néanmoins ce procédé de sécurité n'est guère que relatif; si on conçoit qu'un sous-marin de quelque importance embarque toujours plus ou moins d'eau, provenant do fuites difficiles à apercevoir. On est donc exposé, si la flottabilité positive est faible, à voir cette dernière annulée en peu de temps par l'eau embarquée. D'un autre côté, si cette flottabilité est élevée, et qu'elle ne soit pas annulée en marche par un dispositif rigoureusement approprié, elle crée une action perturbatrice considérable, à ajouter à celles déjà si nombreuses auxquelles est soumis un sous-marin.
Enfin l'excès de flottabilité est considéré également comme un facteur important de stabilité du sous-marin ; combattue efficacement^ elle soumet l'immersible à un jeu de forces qui le soustrait, dans une certaine mesure, aux influences extérieures, alors que la flottabilité nulle, P = P, laisse le sous-marin en équilibre indifl'érent et, de ce fait, le rend plus sensible aux actions perturbatrices du milieu dans lequel il se trouve.
Avant d'entrer plus avant dans le problème, nous croyons utile de donner quelques indications sur la façon dont on peut régler expérimentalement, dans un sous-marin, l'excès de flottabilité.
En dehors de la flottabilité de marche à la surface établie une fois pour toutes en rapport avec l'agencement général du bateau, immersion complète des propulseurs, gouvernails, stabilité, etc., et correspondant au maximum de vitesse qu'on peut demander à la surface, toutes considérations gardées, la flottabilité dite de plongée pourra être pratiquement déterminée en remplissant les réservoirs du bord jusqu'à ce que le niveau de lu mer vienne affleurer les points de repère que l'on aura
LES BATEAt'X SOCS-MABINS
préalablement déterminés et correspondant à la valeur que Ton a choisie pour la flottabilité.
Nous avons vu que les procédés d'immersion en flottabilité positive sont de deux sortes :
1° Emploi d'hélices à arbres verticaux;
2* Emploi de gouvernails horizontaux provoquant la plongée du bateau en marche.
Nous allons étudier successivement ces deux cas :