FAURE POP
remède fondoit les humeurs et ramollissoit les duretez. » L’épithema était à peu près la même chose.
Le cérot ou l’emplâtre «s’appliquoient particulièrement aux ulcères, playes, fractures et dislocations ».
Le malagma ou l’épithème « étoient ordinairement pour la peau entière, pour ramollir des tumeurs ou fortifier quelque partie faible ».
«Il yavoit une autre sorte de composition que l’on appeloit Smegma. On s’en servoit particulièrement pour neltoyer la peau, pour ôter la démangeaison et guérir les pustules et toutes les différentes espèces de galles, pour faire tomber les poils, pour ouvrir les pores, pour soulager les douleurs de la goutte ou les prévenir et pour nettoyer les dents. La base de cette composition étoit ou des choses adoucissantes ou des poudres détersives plus ou moins fortes. On l’employoit incorporée à du miel, du vin ou de l'huile.
« Enfin le collyre étoit une composition qui devoit avoir une certaine forme pour être introduit dans une cavité naturelle ou non: il y en avoit plusieurs variétés :
« Les suppositoires, les Tentes que l’on faisoit avec des masses d’emplâtre et que l'on introduisoit dans les cavitez naturelles comme l'oreille, le nez, la verge : les pessaires qui servent pour la matrice.
«Les trochisques approchoient des collyres : les Latins les appeloient pastilli. Comme qui diroit petits pains. Ceux qu'on destinoit pour le dehors étoient composés de poudres desséchantes et détersives pour nettoyer les ulcères, consumer les mauvaises chaïirs, pour absorber
l'humidité superflue, pour arrêter le sang... »
Lea
Des pages qui précèdent, on peut conclure, que bien des médications usitées actuellement étaient déjà en usage au temps de Celse et d'Andromachus. Déjà on avait vu que souvent il est avantageux d'augmenter la consistance des préparations destinées à être appliquées sur la peau. Pour cela, on les additionnait de litharge, de céruse, de craie. Or ne voyons-nous pas actuellement, les dermatologistes préférer souvent aux pommades, les pâtes couvrant et protégeant mieux, plus adhérentes, et permettant des pansements plus rares ?
On savait de même, adapter la préparation pharmaceutique, aux cavités naturelles ou accidentelles qu'on voulait soigner. Nos crayons médicamenteux, pour le traitement des fistules, ne sont. guère autre chose que les collyres de Celse ou d’Aetius. Ces mêmes auteurs avaient déjà songé, sans doute, à traiter les métrites par des bougies médicamenteuses, puisque certains collyres étaient destinés à être introduits dans l’urètre ; et leurs pessaires ne répondent-ils pas au même besoin que nos ovules vaginaux ?
Nous ne voudrions pas néanmoins, exagérer ce parallèle : les baumes et les onguents des anciens étaient loin de la perfection qu'on peut leur donner aujourd’hui : l’excipient était peu varié : presque toujours de l’huile d'olives, de noix, d'amandes ou de sésame, quelquefois du miel ou du vin ; les graisses animales semblent avoir été relativement peu employées. Les plantes dont on voulait utiliser les principes actifs, étaient seulement infusées ou bouillies dans l'huile ; ce n’est
qu'au temps de Celse, qu'on commencé à broyer et à
+ ee
écraser les plantes à incorporer. C'est à la même époque, qu’on songe à additionner les onguents de produits minéraux.
Nous voyons, en somme, que dans l’antiquité grecque et romaine, aux formules très simples des premiers temps, succèdent des préparations de plus en plus complexes, nous sommes loin pourtant des mélanges invraisemblables qu’imaginèrent les médecins du moyen
âge.