‹ Les BéatitudesChapitre 57 sur 59 · I. Ps. III · texte numérisé non relu

I. Ps. III

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c'est notre devoir, c'est notre droit, c'est notre gloire. Il me reste à vous faire voir que c'est notre bonheur, suivant la parole de Celui qui est mort pour la justice : (( Beat i qui persecutionem patitmtur pvopter jiisiitiam. »

Quel est, mes Frères, le bonheur de la persécution pour la justice que Notre-Seigneur est venu annoncer à la terre ? Ce bonheur consiste en trois choses : la persécution est ici-bas le châtiment miséricordieux du péché ; elle est l'épreuve solide de la vertu ; elle est le gage le plus sûr de la béatitude éternelle.

Si j'avais à considérer ici l'Eglise en général, je pourrais vous montrer, par son histoire, que la persécution a toujours tourné à sa gloire et n'a servi qu'à la purifier et à l'aHermir; qu'elle a été toujours pour clic

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comme le fléau qui sépare la paille du bon grain ; comme le sel qui empêche une substance de se corrompre ; comme l'orage qui rafraîchit l'atmosphère et purifie le ciel. Je pourrais vous montrer que le monde persécutant l'Eglise, c'est Satan s'emparant de Notre-Seigneur et le portant sur le sommet du temple; en voulant le vaincre, il l'élève. Mais attachons-nous à ce qui est pratique : voyons la béatitude véritable renfermée pour chacun de nous dans la persécution pour la justice, s'il plaît à Dieu de nous l'envoyer.

Elle est d'abord un châtiment miséricordieux du péché.

Quiconque a l'esprit de l'Évangile en sera facilement persuadé, mes Frères. Etre châtié de ses péchés ici-bas, qui ne comprend que c'est un bonheur ? L'Écriture Sainte ne cesse de nous représenter Dieu comme un père tendre, mais ferme, qui ne nous épargne pas les corrections, précisément parce qu'il nous aime et nous veut montrer ainsi sa bonté : « Le Seigneur corrige celui qu'il aime et il se plaît en lui comme un père dans son en-

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fant '. » Saint Paul parlant aux chrétiens leur dit : « Dieu se présente à vous comme à ses enfants. Taîiqiiàm Jîliîs vobis offert se Deus : or quel est le fils que son père ne châtie ^ ? »

Écoutez encore le livre des Machabées, ce livre écrit par l'Esprit-Saint pour glorifier les fidèles de l'ancienne loi qui, les premiers, avant l'âge des martyrs, ont rendu à Dieu le témoignage de la persécution et de la mort subies pour sa sainte loi : « Ne laisser pas les pécheurs agir à leur gré, mais les punir aussitôt, c'est la marque d'un grand bienfait de Dieu. Dieu ne nous traite point comme les nations infidèles : il n'attend pas patiemment le jour du jugement pour nous punir dans la plénitude de nos péchés... 11 n'écarte jamais de nous sa miséricorde, et il montre qu'il n'abandonne pas son peuple en le corrigeant par l'adversité ^^ » Or, mes Frères, je le demande au membre le plus pieux, au plus zélé, au plus saint de cet auditoire, fi'est-il

I. Quem diligit Doniinus corrii^it et quasi pater in filio complacet sibi. (Prov. m, 12.) i. Hebr., xu, 7.

S. II iViAcn., VI, 12.

pas vrai qu'il se sent pécheur? N'est-il pas vrai, par conséquent, qu'il désire être châtié en ce monde plutôt que dans l'autre ? N'est-il pas vrai qu'il reconnaît la miséricorde de Dieu, précisément dans ces légères persécutions que lui attire, dans sa vie de chaque jour, son zèle pour le service de Dieu ?

La persécution n'est pas seulement un châtiment miséricordieux du péché, elle est encore une épreuve destinée à perfectionner la vertu. Toute épreuve ici-bas, dans la volonté de Dieu, n'a que ce but. « Celui qui n'a pas été éprouvé, que sait-il, » dit l'Écriture ^ } L'épreuve est donc nécessaire pour nous instruire. « Parce que vous étiez agréable à Dieu, dit l'Ange à Tobie, c'est pour cela même qu'il était nécessaire que l'épreuve vous fût envoyée -. » Il était néces» saire! voyez la force de cette parole. Aussi ne cherchez pas davantage en quoi la persécution'que nous attire le service de Dieu peut être un bonheur. Direz-vous que se dépouiller de ses ignorances, de ses faiblesses, de

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