‹ Les beaux-arts à l'Exposition universelle de 1878Chapitre 4 sur 12 · LES ANNEXES · texte numérisé non relu

LES ANNEXES

Quelqvies-unes des nations dont les industries figurent à l'Exposition universelle ont donné un èclianlillon de leur architecture autre part que dans la rue des façades nationales dont nous avons parlé. Il nous reste donc à jeter un coup d*œil sur les annexes disséminées, soit au Champ de Mars, soit à l'entour du Trocadéro, pour terminer une revue rapide des divers styles d'architecture en honneur chez les divers peuples qui habitent notre planète.

Nul doute que le sentiment ne joue et ne doive jouer un grand rôle dans Tarchitecture, et cependant plus on y regarde, plus il est sensible que ce grand art subit fatalement Tin-

fluence du climat, autant que celle des croyances et des pensées communes. Et comme les pensées et les croyances d'un peuple lui Tiennent à Torigine, au moins en grande partie, de Tair qu'il respire, dé la latitude sous laquelle il yit, de la douceur ou de l'inclémence du ciel, c'est surtout au a degré d'élévation du pôle )>, comme eût dit Pascal, qu'il faut demander la raison première de la physionomie des édifices.

La construction élevée par les soins du gouvernement égyptien est une preuve frappante de cette vérité. Sous un climat torride qui ne change point ou qui change très peu, dans un pays dont la tempéralure est toujours accablante et qui est entouré d'affreux déserts, les idées deviennent fixes^ les croyances immuables, les mœurs se perpétuent, le peuple est constant, comme dit Bossuet, et il est facile aux esprits supérieurs, capables de s'imposer à la foule, d'établir une religion qui sera invariable, sinon à jamais^ du moins durant des siècles et des siècles; mais toute domination sacerdotale s'enveloppe d'énigmes, se cache sous des symboles et ne se laisse ni approcher ni comprendre par le profane vulgaire*

Voyez ce simulacre de temple égyptien : l'architecture en est formidable; elle consiste en de hautes murailles qui n'ont aucun jour sur le dehors, si ce n'est des ouvertures percées à une élévation telle que jamais les regards du passant ne pourront pénétrer dans l'édifice. Le plein des . murs représente en certains endroits une porte qui aurait existé jadis et qui serait depuis longtemps condamnée. Ce temple fermé de toutes parts n'a qu'une seule entrée: c'est la demeure impénétrable du dieu et de ses prêtres. Il est imposant par sa masse; il laisse pressentir au dedans des galeries donnant de l'air et de l'ombre, et des sanctuaires obscurs. L'architecture exprime ici des pensées qui ne seront pas révélées à la multitude. Le mystère est la condition de son éloquence.

Que l'Egypte soit un jour conquise par les Arabes: le génie des races sémitiques va modifier Tarchitecture en y mettant l'empreinte de leurs habitudes et de leurs mœurs, qui elles-mêmes auront été formées sur un autre sol et sous l'influence d'un autre climat. La vie nomade des Arabes leur a donné le goût du changement. Ce qui était grave, mono-

68 LES REÀUX-ARTS

tone, immobile en Egypte, devient, sous la domination musulmane, égayé, mouvementé, varié par les alternances. Les surfaces qui étaient simples seront ouvrées, moulurées, gaufrées et à jour, afin que l'air, en les traversant, soit rafraîchi par une légère agitation. Les assises seront alternativement jaunes et brunes, et les voussures alternativement en pierres blanches et en brique rouge. Les ouvertures pratiquées dans la muraille sont celles que peut désirer un peuple polygame qui emprisonne ses femmes dans le harem. Ce sont des fenêtres bouchées par un treillis délicat et serré, qui permet de voir au dehors sans être vu au dedans. Les moucharabiehs du Caire sont figurés dans la maison égyptienne attenante au simulacre de temple élevé sur le Trocadéro, et utilisée comme bazar par les sujets du khédive.

Veut-on avoir une notion juste de rarcbiteeture religieuse des musulmans dans Tancienne Mauiitanie? On peut s'en faire une idée d'après le modèle de mosquée qu'un jeune arcbilecte, M. Charles Wable, a élevé au pied de la colline, dans l'espace consacré à l'Algérie. Cette mosquée est une imitation libre de celle qu'on

A l'exposition de 1878. 69

admire à Tlemcen. Elle est remarquable par ses proportions et par le contraste que forme la nudité extérieure des murailles avec la richesse de Tornementation qui couvre les surfaces^ à rintérieur du monument.

Dès qu'on a franchi le vestibule où le musulman vous ferait quitter vos chaussures, on se trouve dans. une pièce carrée, recouverte d'une coupole ronde, coupole à jour, qui est soutenue, aux quatre angles du carré, par une manière de pendentifs en stalactites.

Dans Taxe de la porte d'entrée s'ouvre une autre porte qui ouvre sur un jardin entouré d'arcades sur colonnettes, et rafraîchi par la fontaine des ablutions.

L'arc qui surmonte cette porte est un arc quinlilobé, semblable à celui que les Maures ont employé avec prédilection dans la mosquée de Cïordoue. Mais les arcades de la galerie intérieure sont en forme de fer à cheval, et le vide en est à demi bouché par un clatistrum à jour, d'un dessin compliqué, curieusement sculpté en bois. Aux coins du rectangle que dessine le plan de la mosquée, s'élèvent des coupoles de différents galbes ; mais à l'un de ces angles est

construit un minaret de forme carrée, percé de rares et petites ouvertures, et couronné d'une calotte en hémisphère outre-passée, en retraite sur une terrasse. La porte extérieure du temple est revêtue de faïences, les avant-corps prennent le jour extérieur par des fenêtres géminées, que surmonte un encadrement rectangulaire, imité par les Anglais dans le style Tudor. Les corniches sont hérissées de merlons qui se profilent en zigzags, ayant la forme de claveaux superposés. Une chose à noter, c'est que les petites constructions algériennes du Trocadéro ont des toitures très-saillantes qui procurent de larges ombres, tandis que la mosquée ne présente que des encorbellements très peu prononcés. Cela signifie clairement que si les couvertures en parasol sont jugées utiles pour tous les édifices autour desquels le populaire se rassemble, comme les fontaines publiques^ par exemple, ou les bazars, on ne les trouve pas convenables dans la construction de la mosquée, parce que la mosquée n'est pas faite pour que les fidèles y viennent chercher un abri extérieur, comme le faisaient les Romains autour des temples périplères, mais pour qu'ils entrent dans la maison

de Dieu à Teffet d'y chercher une consolation intérieure. Là, on pouvait stationner au dehors; ici, Ton doit prier au dedans.

On remarquera aussi que la mosquée de Tlemcen — ou plutôt la mosquée composée par M. Wahle, avec différents motifs choisis dans les édifices de la ville et dans ceux de la province d'Oran, comme un spécimen de Tarchileclure mauresque^ particulière à l'Algérie — a le caractère militaire, non-seulement par la rareté de ses ouvertures, dont quelques-unes sont des meurtrières, mais par les merlons qui surmontent les corniches des tours et qui, sur le minaret, s'élèvent au nu du mur. Cette mosquée, partout crénelée, nous dit que la ville de Tlemcen fut très longtemps assiégée par les Maures de Fez, et que les habitants de la régence d'Alger eurent à se défendre contre Tinvasion, durant près d'un siècle.

En passant, par la conquête, dans les diverses contrées de l'Asie et de l'Afrique, Tarchitecture de l'islamisme s'est altérée sous l'empire de deux causes principales, savoir : le respect inspiré aux conquérants par les monuments de la civilisation antérieure et dont la nature des matériaux

dont les pays conquis disposaient. Lorsqu'il fut importé en Perse, le style arabe y devint ce qu'était l'ancienne architecture persane, un art de pure décoration. Ces mêm^s Arabes qui avaient élevé au Caire des constructions colossales, notamment la mosquée du sultan Hassan, parce qu'ils avaient à leur portée des matériaux énormes, bâtirent en Perse des édifices composés de petits matériaux, qu'ils revêtirent de plâtre peint et de faïences, faisant disparaître les accents de la construction sous un art essentiellement décoratif, tout de surface.

Nous en avons un exemple niémorable dans le palais en miniature que le chah de Perse a fait élever à ses frais sur le Trocadéro, entre le bazar chinois et le café tunisien, et qui est le modèle réduit d'une de ses résidences en Perse. Rien ne démontre mieux combien est juste cette appréciation de M. Bourgoin (1) : que l'architecture persane de l'Islam n'est qu'un art de revêtement.

Tous les visiteurs de l'Exposition universelle, c'est-à-dire environ dix millions d'hommes, ont

(1) Dans s'onliTre sur les Arts arabes. Paris, Morel, 1873.

TU OU rerront ce petit palais du chah, qu'on pourrait appeler le pavillon des Miroirs, comme on l'appelle en Perse. Ceux qui ne sont pas entrés dans la pièce principale, dans le reposoir du chah, ne pourraient, je crois, s'en faire une idée complète, d'apr^^s nos descriptions. Je dis le reposoir, parce que la personne royale du souverain persan peut être considérée, ici, comme lé Saint-Sacrement l'est ailleurs. La voûte en stalactites qui recouvre la chambre est revêtue de petitesglaces sur ses innombrables facettes. Onze cent mille morceaux de verre étamé ont été mis en œuvre dans l'ornementation de cette voûte et sur les parois. La couleur des tapis se réfléchissant dans les surfaces prisniatiques de la coupole, le mobilier couvert de châles produisant, sur ces myriades de verres, des effets irisés, les lambris divisés en petits damiers, dont les cases, mesurant deux centimètres carrés, sont taillées en pointes de diamant, pour mieux scintiller, les croisées à vitraux de couleur, doublées d'un châssis à coulisses, également coloré, enfin les rayons qui tombent du sommet de la coupole en se heurtant à des boules rouges... tout cela forme une lumière sans ombre, une colo-

ration sans merci, un miroitement sans repos, un éblouissement sans pareil. Il faut vraiment que les chahs de Perse aient toujours attaché un bien grand prix à leur personne, à leur image, aux moindres plis de leur figure, aux moindres mouvements de leur vie, pour avoir voulu que le spectacle en fût cent mille fois répété par les murs et les voûtes de leur demeure. Qu'aurait pensé un philosophe grec, même avant les guerres médiques, de cette prodigalité effrénée de miroirs, de ce luxe puéril, pour ne pas dire barbare !

Ce n*est pas tout : les chambres qui ne sont pas lambrissées de verres devaient être, au plafond comme sur les murailles^ revêtues de faïences imitant les colorations sans nombre des cachemires de l'Inde. Mais la fortune, sans doute dans rintérêt de nos yeux, a voulu que les faïences du chah, embarquées sur un navire qui devait les apporter intactes à Marseille, fussent brisées en mille pièces par une tempête de mer, de sorte que le revêtement d'émail, qui aurait ajouté à la fatigue optique du spectateur, est remplacé par un papier peint, com'mandé à Paris et fabriquétoutexprès, à l'imitation de la faïence persane.

Dans le bazar construit par les ordres du bey de Tunis, dans le café ouvert par les exposants du Maroc, nous retrouvons les traits caracléristiques de Tarchitecture arabe, telle qu'elle s'est modifiée dans rAfrique occidentale et en Espagne : les alternances de matériaux ou, du moins, de couleur, l'arc outre-passé, les arcades sur colonnettes et la voussure à plusieurs cintres, c'està-dire formant angle au sommet. Toutefois, il n'y a pas lieu de s'arrêter longtemps devant ces constructions temporaires, qui sont faites, non pas tant pour nous donner une image de l'architecture tunisienne et marocaine, que pour exhiber, à l'abri dés voussures arabes, les marchandises que nous ofifrent chaque jour, dans les magasins de Paris et sur les étalages en plein vent, des Arméniens équivoques^ et tous ces faux Levantins qui nous Tendent des pastilles du sérail.

Nous parlions toutà l'heure de verres et de miroirs. Autant ils sont prodigués eu Perce dans la décoration des surfaces, autant ils sont rares au Japon, même commeun objet d'utilité pure. On n'y avait guère connu jusqu'à présent que des miroirs en métal, pareils à ceux dont se servaient

les anciens Étrusques et les anciens Grecs, ceux dont parle le poète des Orientales :

Les vierges au sein d'ébèae, Belles comme les beaux soirs, Riaient de se voir à peine Dans le cuivre des miroirs.

La petite maison-modèle dont tous les matériaux ont été apportés de Nippon pour être assemblés ici, ne contient pas une seule vitre. Les Japonais ferment leurs fenêtres avec du papier de riz qu'ils savent rendre imperméable au moyen de je ne sais quelle préparation sur la* quelle glisse Teau du ciel. Mais comme elle est disposée avec intelligence, avec simplicité, et en vue de l'instabilité inhérente aux choses humaines, la petite maison du Japonais, cultivateur ou marchand^ artisan ou commis ! Rien ne s'y trouve de permanent, si ce n*est la natte en paille de riz, épaisse de dix centimètres, qui est, tout ensemble, le matelas sur lequel on s'étend pour dormir, 7— la tête reposant sur un socle de bois rembourré, — la nappe sur laquelle on sert le repas, le tapis que foulent les pieds nus des enfants, le divan où Ton s'assied sur ses talons, pour causer en buvant du thé sans sucre dans

des tasses vêtues de laque, ou du vin de riz chaud, du saki^ dans des coupes en porcelaine yitreuse émaillée, semblable à du verre dépoli. A part cette natte, quelques paravents et une étagère, qui constituent le fond du mobilier japonais dans les plus modestes demeures, tout change chaque jour, tout se transforme suivant les besoins du moment. Au moyen de cloisons mobiles, c'est-à-dire de châssis à coulisses qu'on fait glisser dans les rainures du plancher, les petites chambres se font grandes, et les grandes se font petites. A la nuit, le salon devient dortoir, et, le matin, le dortoir, aéré, devient boutique. Audessus des châssis, d'ailleurs, un vide fermé par une grille de bambou est ménagé pour la ventilation.

Le bambou est une ressource inépuisable pour le constructeur japonais. C'est avec du bambou refendu en longueur qu'il couvre son toit. Un demi-tuyau, posé sur sa partie convexe, forme un canal par où s'écoule l'eau de pluie, et l'autre demi-tuyau, posé en sens contraire, vient s'adapter en recouvrement sur le canal d'égout. Quelquefois les pauvres gens, pour se faire des planches, écrasent le bambou fendu et l'aplatissent,

sans s*inquiéter des fissures dont le bois se sillonne en passant de sa forme cylindrique à Tétat plat. Voilà ce- que nous apprend Texposition de la petite maison japonaise au Trocadéro. Nous y voyous aussi des clôtures de jardin attachées avec du crin végétal, inaltérable aux intempéries de l'air, et de vastes parasols mobiles, plantés çàet là, dans les plates- bandes, pour protéger de leur ombre les plantes qui craignent le soleil et le jardinier qui les cultive.

L'empire de l'architecture s'étend, aujourd'hui comme autrefois, à la composition des grands jardins, aux plantations des promenades publiques, à l'alignement et aux courbes des allées ombreuses et des murailles de verdure, au creusement des bassins, au gazonnement des tapis que le peuple ne doit fouler que du regard. Mais il est à présent certains genres de construction qui exigent de l'architecte de nouvelles études ou au moins de nouveaux soins. C'est maintenant surtout qu'il doit devenir ingénieur pour satisfaire à des besoins que nos pères n'avaient point connus et qu'une civilisation infatigable nous a créés. Celui qui visite le jardin du Trocadéro y trouve une chose agréable, dont on

a pu lui ménager la surprise sans obstruer la Yue du monument et de ses colonnades, et de ses chutes d'eau, et de ses boulingrins avec leurs bordures de fleurs et leurs corbeilles. Je veux parler de Texcatation que nos architectes ont pratiquée dans la colline pour y donner le spectacle d'un aquarium.

Les grottes se bâtissent de nos jours comme les cascades du bois de Boulogne et du bois de Vincennes, tantôt avec des roches rapportées de loin, à grands frais, tantôt en moellons hourdés ou en ciment de Portland, que Ton modèle, avec une rudesse afifectée, en lui donnant la physionomie extérieure des rochers naturels les plus pittoresques. Soit que Ton ait ménagé ici, en, creusant la terre, des piliers de réserve, soit qu'on ait établi ces piliers après coup en les bâtissant à la grosse, la caverne de l'aquarium est une des intéressantes curiosités de cette Exposition universelle où abondent les choses curieuses. Elle sera encore plus rustique et avec plus d*attrait, lorsqu'on aura fait pousser dans les remplissages de terre quelques plantes grimpantes, de celles qui peuvent venir à l'ombre, lorsque ces rochers factices se seront couverts de

mousses ou de lichens, qui, cachant à demi les aspérités rocheuses, en rendront le spectacle plus aimable, tout en lui laissant son caractère sau* vage.

Eclairé par la lumière liquide des étangs dont le sépare un mur de verre, le spectateur peut se croire un instant au fond de la mer, comme un plongeur dans son scaphandre, et vivre en compagnie des truites, des ombres, des anguflles rampantes dans la vase ou endormies et à demi cachées sous les herbes marines. Il peut voir comment il a fallu, en dépit de la Société protectrice des animaux, mettre de petits poissons à la portée des gros, pour que les gros pussent dévorer les petits, assister aux drames subaquatiques, suivre de l'œil et peut-être même envier^ par distraction, l'existence de ces êtres réputés heureux, qui n'ont d'autre industrie que de vivre, d'autre passion que de frayer, d'autre crainte que celle de ne pas manger les autres ou d'être mangés par eux.

Notre promenade souterraine dans l'aquarium du Trocadéro nous a suggéré l'idée qu'on aurait dû compléter l'Exposition universelle par une exhibition d'aninjaux rares, de bêtes exotiques.

Il restait, ce me semble, assez de place au Champ de Mars pour une volière, une ménagerie, un petit parc zoologique qui, sans être une école d'histoire naturelle, comme le Jardin des Plantes, eût renfermé quelques quadrupèdes élégants, librement em prisonnés dans le paysage, ou du moins quelques animaux en harmonie avec les plantes étrangères à nos climats, que nous ont rapportées les industriels de Textrême Orient. Aussi bien, cela eût donné lieu à chercher, pour les constructions rustitjuées, des procédés nouveaux, de nouveaux agencements dans lesquelles nos architectes auraient pn se distinguer.

Le pavillon des^Eaux et Forêts, que Tadministration publique a fait dresser en bois de grume pour y exhiber les produits de notre industrie forestière, est un exemple de la grâce inculte, de la saveur qu'on peut mettre dans une charpente aux assemblages rudes, mis en évidence, dans un balcon dont les balustrades sont taillées à coups de serpe, dans un escalier agreste, aux rampes noueuses, irrégulières et pittoresques par Tinégalité raboteuse des branches qui ont servi à les

faire. Mais rarchitecture rustique ou à demi

rustique se prête à mille inventions et elle pourrait être rajeunie. Les Japonais nous ont prouvé combien il s'en faut que nous ayons épuisé les combinaisons, d'ailleurs inépuisables, delà construction en bois, et qu'il y a bien des choses à trouver encore dansTemploljudicieux et esthétique des matériaux, pierre ou brique, bois ou fer, et dans l'expression physique et morale que ces matériaux, mis en œuvre avec sincérité, sont susceptibles de prêter à l'architecture, ne fut-ce qu'en accusant le climat qui les produit et qui en détermine Tapplication. Le climat, disonsnous; car, pour bien connaître, encore une fois, les mœurs et les coutumes des nations, il n'y a pas d*étude qui vaille celle du climat qui les influence, qui domine leurs habitudes de corps et d'esprit, et de l'architecture, publique ou privée, qui les abrite. A la rigueur, même, la connaissance approfondie de leur architecture suffirait, parce que tout se résume dans la demeure. Du seul caractère des constructions domestiques, on peut induire ce qui constitue l'histoire de tous les jours, et cette petite histoire finit par imprimer sa physionomie à la grande.

Page 1