‹ Les beaux-arts a l'exposition universelle de 1878Chapitre 13 sur 40 · SALLE XII · texte numérisé non relu

SALLE XII

La douzième salle de l’Exposition des Beaux-Arts, devrait être placée sous le patronage de M. de Nittis dont on peut voir là une douzaine de tableaux, rare et précieux assemblage.

M. de Xittis est bien connu des amateurs parisiens. Depuis plusieurs années déjà, il a sa place marquée d’avance dans tous nos Salons des Champs-Elysées. Il a débuté chez nous par un tout petit tableau : une Route des environs de Naples^ qui le fit célèbre en deux jours. Depuis lors, il devint Parisien, et nous donna, de nos rues et de nos places publiques, avec la foule bariolée qui les remplit et les anime, des vues saisissantes par leur finesse et leur justesse. Mais bientôt cet esprit inquiet et chercheur quitta la France comme il avait quitté l’Italie, et c’est de Londres qu’il date ses pius récentes études. Il s’est transformé dans ce dernier voyage. La touche s’est peut-être alourdie et attristée quelque peu dans les brouillards de la Cité, mais je serais tenté de croire qu’elle y a gagné en puissance et en largeur. Le peintre s’est doublé d’un observateur, et on a pu le voir attaquer les sujets les plus divers avec une incomparable sûreté de main. Quelle gamme parcourue depuis cette jolie scène prise dans Green-Park, esquisse d’un pinceau léger et que l’on dirait trempé dans l’arc-en-ciel, où l’on voit une délicieuse jeune fille dans la fleur de son printemps, assise à l’arrière de sa barque, souriant au cygne noir

qui la regarde passer. Et ce sombre Canon Bridge^ où l’on ne distingue que l’eau de la Tamise et la vapeur de quelque locomotive qui vient de passer et qui rampe sous les arches du pont gigantesque. Ce n’est rien, mais ce rien suffit pour fa’re passer dans votre âme l’impression d’une grandeur babylonienne, k laquelle nous sentons tout de suite que rien ne se peut comparer dans aucune des villes modernes de notre hémisphère.

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