ÉCOLE FRANÇAISE
De l’avis unanime des nations rivales, l’Exposition artistique de la France est splendide. Jamais nos sculpteurs et nos peintres n’ont brillé d’un plus vif éclat. Aussi la foule est-elle toujours nombreuse et pressée dans ces belles galeries, dont chacun à présent se plaît à louer les heureuses dispositions et l’harmonieux arrangement. Tous les noms dont se glorifie la France artistique sont ici, et nous pouvons, en quelques heures, passer, devant nos amis et ennemis, la revue des forces avec lesquelles notre pays paraît dans l’arène pacifique où nous avons invité toutes les nations à descendre avec nous .
C’est là sans doute une des plus heureuses cons quences de ces concours internationaux que ceux-là même qui, satisfaits de leur sort, et ne demandant plus rien à la fortune, négligent de paraître à nos expositions annuelles, sentant toutefois ce qu’ils doivent à l’honneur du drapeau, tiennent à figurer dans cette grande mêlée, et qu’ils s’y présentent avec les plus belles œuvres sorties de leurs mains depuis dix ou quinze ans. Ceux dont les souvenirs remontent jusqu’à 1852, se rappellent encore l’impression produite sur le public par l’œuvre complet d’Ingres, de Decamps et d’Eugène Delacroix. Pour beaucoup d’entre nous ce fut là une révélation, et jamais ces
mêmes tableaux que, pourtant, nous connaissions tous, n’auraient, pris isolément, produit sur nous une impr^^ssion comparable à celle que nous causa ce magnifique ensemble.
L’Exposition, grâce aux conditions très-libérales de son programme, a permis à nos artistes d’envoyer toutes celles de leurs œuvres qui ne remontent point à une époque antérieure à notre Exposition de 1867. Il en résulte que la plupart de ces œuvres sont déjà connues de nos lecteurs. Nous n’abuserons donc point de leur patience en les condamnant à lire une vaine critique et une stérile analyse. Il y a d’ailleurs des noms qu‘il est inutile de louer, parce que ses noms seul est un éloge. Comme nous l’avons fait jusciu’ici, nous suivrons l’ordre des salles, en remontant de la Seine jusqu’à l’Ecole militaire, et en prenant d’abord notre droite.