‹ Les beaux-arts a l'exposition universelle de 1878Chapitre 18 sur 40 · SALLE XVI · texte numérisé non relu

SALLE XVI

Dans la salle XVI, où nous venons de pénétrer, nous trouvons dix tableaux, nous dirions volontiers dix portraits, de M. Carolus Duran, peints de cette main alerte et facile pour laquelle il semble que les difficultés n’existent plus, et rayonnant de cette fraîcheur et de cet éclat qui sont le caractère distinctif de ce talent si franc et si sincère.

Non loin de là j’aperçois la Rêverie^ de M. Jacquet, un des maîtres incontestés de la grâce et de l’élégance féminines. La mignonne créature, bien

peinte et bien posée, est charmante dans sa belle robe rouge d’un ton superbe.

M. Hébert vit assez volontiers sous sa tente ; on ne le voit plus qu’assez rarement dans nos expositions. Fêtons-le quand il nous revient, et arrêtonsnous devant sa Nymphe des bois, au regard profond; devant sa Pastorella, Italienne robuste et bien portante, sans négliger pour cela sa Tricoteuse toute pensive, et qui compte ses points avec une attention que rien ne saurait distraire.

On se souvient encore de l’effet produit par l’apparition des premiers portraits à l’huile de M. Dubois, l’éminent sculpteur, qui manie le pinceau avec autant d’élégance et de sûreté que son merveilleux ébauchoir. C’est avec un véritable bonheur que nous les retrouvons ici.

Une dizaine de tableaux de Charles Daubigny, dont quelques-uns comme le Lever de hme, le Verger et la Maison de la mère Bazot, sont de véritables chefs-d’œuvre, nous prouvent l’étendue de la perte que l’art français a faite en le perdant.

Que les morts, si dignes qu’ils soient de notre admiration et de notre culte, ne nous fassent point oublier les vivants ! Par son paysage normand, intitulé de Honfleur à Pennedepie, et par sa magnifique toile, le Printemps, M. Defaux nous prouve que lui aussi il est un des maîtres du paysage moderne.

Cinq tableaux de M. Vollon, Curiosités, Poisson de mer. Coin de halte. Femme du Pollet et Rou^e de Rocquenconrt, nous montrent à quel point

la souplesse et la force, dont la nature a doué ce virtuose de la palette et du pinceau, peuvent, quand il lèvent, s’appliquer aux sujets les plus divers.

Saluons, en passant, deux adorables portraits de blondes, jeune femme et jeune fille, par M. CoT : c’est vraiment parfait.

Ne parlons point de ceux de M. Élie Delaunay, artiste d’une incontestable vigueur, mais qui n’embellit pas ses modèles. C’est dans ses grandes toiles historiques ou mythologiques : la Peste à liome^ David triomphant^ Diane^ la Mort deNessus, læion précipité dans les enfers^ que nous le retrouvons tout entier.

Les deux paysages de M. Français ; le Miroir de Scey à la tombée, de la nuit^ le Mont-Blanc^ vu des cimes du Jura, et cette idylle d’une grâce antique, Da2jhnis et (7A?oe justifient la médaille d’honneur décernée, par le jury international, à ce peintre toujours fidèle aux plus pures comme aux plus hautes traditions de son art.

M. Guillaümet, avec les Femmes du douar à la rivière, la Halte des Chameliers^ le Marché arabe et le Labour en Algérie^ nous donne une note africaine dont l’éclat égale la franchise.

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