‹ Les beaux-arts a l'exposition universelle de 1878Chapitre 27 sur 40 · SALLE III · texte numérisé non relu

SALLE III

Un tableau dramatique, classique et académique de M. Lematte, OreBte poursuivi par les furies^ nous attire tout d’abord. Cette toile d’un prix de Rome nous promet pour l’avenir un vrai peintre d’histoire. Non loin de là, je vois quelques fort jolies têtes de femmes dont le pinceau élégant de Charles Lan- DELLE a su nous rendre l’élégance et la distinction, et je m’arrête devant cinq ou six paysages de notre regretté Corot, où je retrouve dans toute sa fraîcheur la poésie même de la nature.

Harpignies est là aussi, avec une œuvre très-largement traitée, d’une libre facture, d*une composition savante. On remarquera au premier plan la transparence de l’eau, admirablement rendue, et les belles lignes fuyantes de l’horizon. Cela s’appelle une Prairie du BourhonnoÀs. L’effet est pris le matin, et rendu avec une grande justesse.

Je cite encore, parmi les remarquables paysages de notre école, La Vague^ par Courbet. Cette vague fort bien peinte, déroule au loin ses volutes d’écume avec des mouvements superbes, et une autre marine d’Ap- PIAN, le peintre lyonnais adopté par Paris, sont fort regardés. De l’air, de l’espace, une blonde et douce lu-

mière et rharmonieux balancement des flots assurent le succès de ce joli tableau : Une barque de pêcheurs, faisant escale dans les rochers de Collioure.

On a également logé dans cette salle ces grandes machines^ comme on dit dans les ateliers, qui furent remarquées en leur temps, V Entrée de Mahomet II dans Constantinople, par M. Benjamin Constant, qui décore du lustre artistique un nom déjà rayonnant de l’éclat de la gloire littéraire;

Locuste essayant devant Néron, son complice couronné, Fessai de ses poisons sur un esclave, par M. Sylvestre, qui obtint pour ce tableau le Prix du Salon;

Enfin la triste Respha^ défendant contre des vautours le corps de ses fils attachés à un gibet infâme, par M. Georges Becker. J’ai peut-être le caractère bien mal fait ; mais il me semble que je donnerais ces trois énormes tableaux pour un petit cadre de M. Vet- TER, dans lequel un homme vêtu de rouge, examine avec une attention profonde la pointe et la lame d’une épée. Il serait difficile d’avoir une touche plus sûre et plus fine .

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