SALLE VI
Joli Bord de rner, dit le livret, par M. RüS& :1e flot Eaonte ; ki vague moût mne,. balançant les légers vain-
seaux ; sur le rivage, toutes sortes de petites bâtisses, solides et trapues, annoncent que nous sommes au centre du mouvement commercial et de la vie des affaires d’un havre important.
Versons une larme sur celui qui n’est plus. Au moment où nous écrivons ces lignes, la ville de Prague porte le deuil d’un de ses plus célèbres enfants, et conduit à sa dernière demeure celui qui fut Czermak. 11 y aune réelle émotion dans son au pays dévasté^ et des types vraiment beaux dans son Monténégrin hlessé.
Très-jolie nature morte de Charlemont, un des plus remarqués parmi les jeunes peintres qui ont figuré cette année à notre Salon des Champs-Elysées. Il serait difficile vraiment d’arriver à un rendu plus juste et plus vrai : c’est tout à la fois très- fini et très^ large.
A Vienne comme à Paris, en Autriche comme en France, la peinture d’histoire est presque complètement abandonnée pour le genre. Il faut donc remercier les artistes courageux, comme M.Jean Matejko, qui ne craignent pas d’aborder les vastes compositions, et de couvrir trente mètres de toile de personnages plus grands que nature.
Jean Matejko est un Polonais pur sang, et, comme tous ceux de sa race, ou pour mieux dire, comme tous les nobles cœurs, il s’attache d’autant plus à sa patrie qu’il la voit plus malheureuse. C’est donc naturellement un sujet polonais qu’il a voulu traiter : F Union
de la Pologne et de la Lithuanie à Luhlin, sous le roi Sîgîsraond-Auguste (1519).
M. Matejko a beaucoup des qualités qui font le peintre d’histoire. Il a le sentiment des siècles qu’il reproduit ; il s’identifie puissamment avec les personnages qu’il représente ; il sait au besoin s’inspirer de leurs passions; il conçoit fortement l’action, et nous la montre telle qu’il la comprend. J’ajoute à ces mérites une certaine grandeur, qu’il serait injuste de contester à l’artiste, et un souffle qui le soutient et qui l’anime dans toutes ses compositions.
Malheureusement la couleur, chez lui, ne répond pas à ses autres qualités. Il abuse des tons laqués et des lumières piquées. Il y a des coins de son tableau qui semblent s’éclairer comme par une projection électrique. Ce système peut, à un moment donné, produire un certain effet ; mais, à la longue, il devient singulièrement pénible pour le spectateur.