ASSYRIE
servait comme de centre à cette réonion de constmctions ri* ches et grandioses. » (Rawlikson.)
Le temps des Sargonides marque l'apogée de Fart assyrien. Le fondateur de la dynastie , Sargon , élève une ville nouvelle, Dour-Saryoukin; c'est aujourd'hui Korsabad, où Botta a découvert en 1842 les plus beaux restes de l'architecture assyrienne. Ësarhaddon élève un palais àNimroud. Mais c'est Sennakhérib qui, malgré ses longues guerres, semble avoir été le plus grand constructeur parmi les rois assyriens. Il voulut rendre à Ninive, que Sargon avait abandonnée, tout son éclat. Sans parler des temples et des palais, qui dépassaient par leur dimension et leur magnificence la plupart des autres constructions assyriennes, il rétablit ou construisit des quais, des aqueducs, des fortifications. « J'ai reconstruit, ajoute-t-il, les rues anciennes, j'ai élargi les rues étroites, et j'ai fait de la ville entière une cité resplendissante comme le soleil. »
Architecture militaire. — Les Assyriens furent un peuple essentiellement guerrier. Aussi l'architecture militaire eut-elle chez eux une grande importance.
L'art de Tattaque et de la défense des places avait atteint dès le vin^ siècle un grand développement, comme on peut en juger par les bas-reliefs du règne de Sennakhérib. Nous y voyons des fortifications qui indiquent que les ingénieurs assyriens savaient tirer parti de la forme du terrain et de la présence des eaux, disposer et orienter leurs murailles et leurs tours de manière à- ce qu'elles pussent se défendre réciproquement. Nous y voyons aussi des machines de guerre formidables, par exemple des béliers protégés par des abris roulants couverts par des peaux crues, que des soldats mouillent constamment pour empêcher qu'elles ne prennent feu sous les projectiles incendiaires de Tennemi.
Art industrieL — Mais c'est par l'art industriel sui*-
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tout que brillèrent l'Assyrie et la Babylonie. Lorsqne la Grèce ne connaissait encore que l'industrie exercée dans l'intérieur de chaque famille, la Babyloaie et l'Assyrie avaient de vastes ateliers savamment organisés, 6ù la tradition des meilleures méthodes se perpétuait et où tout progrès réalisé par un ouvrier profitait défmitivement à l'industrie tout entière. Aussi les produits qui en sortaient, les armes, les bijoux, les pièces d'orfèvrerie, les objets d'ivoire, les poteries, les étoffes de laine ou de lia, les tapisseries surtout, étaient-ils recherchés en Égyptn même, et furent-ils plus tard disputés sur les marchés de la Gïèce et de ïînme.
Babylonc fut la ville de l'aatiquité la plus cL>lèbre par i:eB tapisseries de haute lice. Au i" siècle après Jcsus-Chrisl, oa y voyait encore des tentures représentaut soit des scènes de la mythologie grecque, soit les principaux faïls de l'hisloire des Perses, les combats de Datis, les victoires que s'allribuait Xeriès (les Theruiopyles, la prise d'Athènes). Les tapisseries de Babylone atteignaient à Rome des prix exorbitants. Néron paya pour des élofies de ce genre 840,000 francs de notie monnaie. Ou peut diflicilement Juger de l'art ioduBlriel babylonien on niaivite par les rares échantillons qu'on voit dans uos musées, et qui proviennent, pour une bonne part, des tombeaux égyptiens. Mais les objets reprcsenlés sur les bas-reliefs en donnent une idée plus complète.