ARCHITECTURE
L'Acropole d'Athènes. — Phidias, Callicrates, Ictinos,
Mnésiclès« — A cette date, l'architecture hellénique est en possession des divers types qu'elle ne fera que varier ou développer. Sans parler des édifices religieux, le stade, l'hippodrome, le théâtre, le gymnase, la palestre, les odéons, les propylées, les portiques, les agoras, les monuments funéraires, les fortifications, ont une importance considérable. Par son mélange de constructions civiles et religieuses, l'Acropole d'Athènes et ses abords présentent comme un résumé de l'architecture grecque de la belle époque*. C'est là que l'on voit que, même dans les œuvres purement utiles , nulle architecture , comme le dit M. Choisy, ne posséda à l'égal de l'art grec la double perfection du travail et de la forme.
Sous la direction de Phidias, Callicrates et Ictinos construisirent le temple de Minerve appelé le Parthénon, et Mnésiclès les Propylées (437-408) ; VÉrecthélon avec le portique des cariatides fut commencé l'année où Ton terminait les Propylées. Sur le flanc de l'Acropole, et creusé en partie dans le rocher même, se trouvait le théâtre de Dionysios, commencé en 496, mais qui ne fut achevé que beaucoup plus tard. A l'est de ce théâtre et contigu à lui, Périclès avait fait construire un nouvel odéon. Les odéons, à la différence des théâtres, étaient couverts d'une toiture soutenue par des colonnes. Dans l'odéon de
1. Il s'«JlaiL aussi occupé do peinture. Sur Phidias, de Ronchaud, Fie d« Phidias; Collîgnou, Phidias; Quatrcnicre de Quincy, le Jupiter Olympien.
2. Sur le Parllicnon de Périclès voir surtout les études de L. Magac (1895). Pour rancicimc Acropole et l'ancien Parthénon, tels qu'ils étaient avant l'incendie de Xcrxès, voir les travaux de Ch. Normand.
L'ACROPOLE D'ATHKnBS B1
Périclès la toiture, de forme pointue, était décorée des mâts et des anteanes des vaisseaux perses pris à Salamine et k Mycale; elle rappelait l'aspect de la tente de
Le V* siècle vit aussi s'élever dans tout le monde grec un grand nombre de monuments. A Athènes même, avant le Parthénon, Gimou avait fait construire en 460 le T/ie~
scion; c'est un des mieux conservés des temples grecs, avec le temple d'Apollon à Bassse, près de Phigalie, construit par Ictinos sur un plateau de onze cents mètres de haut, et qui de ses 38 colonnes en a encore 30 debout. Hippodamos. — Construction des villes. — Rhodes- — On éleva même des villes nouvelles ; Hippodamos de Milet donna le plan du Piréc, de son port et de ses arsenaux. Il passait pour avoir le premier parmi les Grecs divisé les villes en quartiers réguliers. 11 fut appelé en Italie pour diriger aussi la construction de Thurium, lorsque des colons athéniens allèrent s'établir sur l'emplace-
ment de Sybaris. Mais il put mieux encore déployer ses talents d'ingénieur et d'architecte lorsque les grandes cités de l'île de Rhodes, voulant avoir une capitale commune, le chargèrent de diriger, la construction de la cité qui devait recevoir le même nom que l'île (408). Il la développa en forme de théâtre, avec des rues rayonnantes, et en fit une des plus belles villes du monde ^.
Le Parthénon. — Mais quelles qu'aient été l'importance de ces constructions, le Parthénon n'en est pas moins resté dans la mémoire des hommes comme le chefd'œuvre de l'architecture grecque.
On n'y retrouve pas les dimensions colossales des monuments orientaux. La façade n'a que 36 mètres de largeur, sur une longueur d'environ 70 mètres. L'artiste n'a pas cherché à étonner l'esprit, mais à faire naître une admiration profonde et durable par le spectacle de l'harmonie et de la beauté parfaite. Ce monument avait coûté 2,000 talents, plus de 9 millions de francs. Cette somme, énorme pour le temps, s'explique par la perfection de l'exécution dans les moindres détails. Un fait montrera à quel point cet amour de la perfection était poussé. Les premiers architectes qui mesurèrent le Parthénon avec une rigoureuse précision, Pennethorne, Penrose, s'aperçurent avec étonnement que les chiffres ne concordaient pas entre eux comme ils auraient dû le faire.
1. Cet Hippodamos est une des figures les plus originales et les plus intéressantes de Tart grec. Il ayait l'esprit très cultivé. Il se piquait de posséder de grandes connaissances sur toutes les choses de la nature, et il est le premier qui, sans avoir pris aucune part active à l'administration, ait entrepris d'écrire sur la meilleure forme de gouvernement. On retrouve dans son utopie politique la précision géométrique et la symétrie chères à un ingénieur ; l'Etat est tout-puissant; les citoyens sont divisés en trois classes : laboureurs, artisans, guerriers. La République do Platon et le gouvernement de Salente dans le Télémaque rappellent les doctrines d'Hippodamos. ( V. Aris- TOTB, Politique, II, ch. v.) Hippodamos, quelle que fût sa juste gloire, ne dé daignait pas les petits moyens pour retenir l'attention publique. Il affectait de se montrer avec une longue chevelure, alors que cette mode était abandonnée depuis longtemps. Il portait, été comme hiver, les mêmes habits, qui, bien que simples en apparence, étaient d'un tissu chaud et moelleux. Il donna au peuple sa maison du Pirée, sur l'emplacement de laquelle s'éleva plus tard l'Agora dit d'Hippodamos.
IB PARTBiNON lia cmrent d'abord ai
bientôt qne ee« errenn ae rip^taient régnlièrement, ila n~ riTèrenl li eoosUter que le Partbéoos n'était pas un parai-
L'ART GHEG
lélépipède rectangle, mais une pjramide tronquée à tacIinaisoQ Irca faible. Tout j avait ilé calculé de manière que rien ne choquSt les exigences les plus raOinées de la vi-
nu que les ligues .3 mathématiquement 3 horizontales pa-
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LE PARTHËKON »
donna des dimeneione p1u« fortes. Les mélopeE eurent ud peu
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de hauteur que de largeur, alia de paraitri
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qui les voyait du soi. Le Parthéuon ëtai
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intact extérieurement à la fin du xm* siè
le. Les Turcs
en avaient fait une poudrière lorsque les Véu
iliens, sous la
cond
ite de MoroBini et de Kosnigamarck, vinrent mettre le
siège
devant Athènes (1687). Ils nbésilèrent
pas k diriger
Flg. M. - L'ëriMtUion à Athènes.
leurs bombes sur ce monument, quf les Barbares avaient rea- ' pecté. La toiture sauta, et un grand nombre de sculptures furent détruites. Ce qu'il en reste, soït à Athènes, soit au Musée Britannique, suffit à confirmer l'opinion de l'antiquité qui plaçait les statues et bas-reliefs du Pnrthénoa aupreu'ier raog parmi les œuvres de l'art grec.
Il (.-SCULPTURE
La sculpture est par excellence l'art de la Grèce, et au v° siècle cet art, en possession de toute la science, de toute l'habileté technique qui lui est nécessaire, trouve dans le sentiment religieu:i et national a une grandeur et une pureté d'inspiration qui ne seront pas dépassées d.
Les prédécesseurs de Phidias : Myron à Argos, Kalamis à Athènes. — Phidias, comme on l'a vu, après avoir étudié à Athènes, avait achevé de former son talent à Argos à Técole d'Agéladas; il y rencontra Myron, Myron était déjà un novateur; il donnait à ses figures plus de mouvement et de liberté. Sa statue du Discobole parut de son temps une œuvre pleine d'audace et est restée justement célèbre. Il excellait aussi dans la représentation des animaux : « Berger, dit une poésie grecque, fais paître ton troupeau plus loin, de peur que, croyant voir respirer la vache de Myron, tu ne la veuilles emmener avec tes bœufs. »
Lorsque Phidias revint à Athènes, le sculpteur jouissant de la plus grande notoriété était Kalamis, dont les sculptures du Theseion peuvent faire comprendre le style * . Mais Phidias allait tellement dépasser Kalamis et Myron, que ces grands artistes, qui étaient presque ses contemporains, ne tardèrent pas à paraître notablement plus anciens, et qu'on oublia les progrès qu'ils avaient réalisés.
Phidias. Ses premiers ouvrages. — Phidias, en effet, fondit ensemble les qualités attiques et doriennes en y ajoutant son propre génie, et fut la personnification de Tart hellénique tout entier, en même temps que le plus grand artiste d'Athènes. Il travaille d'abord sous l'administration de Cimon. Il fait alors le groupe de bronze consacré à Delphes avec le butin de Marathon, groupe où il représenta Miltiade en compagnie de treize héros ; VAthéna de Lemnos; VAthéna Promachos, qui se dressait sur un piédestal isolé au sommet de l'Acropole, à quelque distance à gauche du Parthénon, et dont on voyait la lance de l'entrée du golfe Saronique.
Le Parthénon. — Mais c'est de l'administration de Périclès que datent ses œuvres les plus célèbres : les
1. Le bas-relief d'Eleusis représentant Céres faisant connatire le blé à Triptoleme n'a pas d'attribution certaine; mais c'est peut-être l'œuvre la plus remarquable qui nous reste de l'école attique immédiatement ayant Phidias.
UYRON, KALAHIS. PBtDlAS V7
frontons, la frise, les métopes et U statue de Pallasda Partbénon. Des parties qui subsistent encore, ce qui n'est pas k Athènes est à Londres, sauf un des bas-reliefs de la frise, une métope et une tète fort endommagée que l'on voit au Louvre. Le:* frontons ont donné lifu ft des interprétations bien diverses ; mais ces œuvres mutilées, niissus, le Thésée, les Kharites, le groupe de Déméter et Coré, etc., 4
n'en ont pas moins épuisé pig.i,.p„théûon: fH..ori«uI.. l'admiration. « La sublimité
de lart grec y éclate, dit A. Tonnelle. Pourtant, comme ces mouvements sont naturels ! 11 semble qu'ils ne puissent être autres, et que ce soit la nature ou la réalité qui ces-
Fig. 5S. — Pirthénon : rriss oriesUla.
sent d'être naturelles quand elles s'en écartent. » Nous pouvons mieux juger de la frise qui, courant tout le long de la colonnade, représente la procession des Panathénées et fait par conséquent défiler sous nos yeux toute la cité athénienne*. Quelle variété de gestes, de groupes et
1. On peut en Toir un moulago k l'École dus beBiii.vts. h'élade techaiqn* da CH auvnsB ollrinil lusai un grand intérêt; le méul j 4uit uéié iTM