‹ Les beaux-arts dans l'antiquitéChapitre 61 sur 120 · PHIDIAS. — LE JUPITRB OLYMPIEN M · texte numérisé non relu

PHIDIAS. — LE JUPITRB OLYMPIEN M

alors les affaires de la république, s'en prenaient à ses amis, essayant de les déshonorer ou de les faire souffrir, pour déconsidérer ou attrister Périclès lui-même.

Phidias fut accusé de malversations. Maïs il put tellement se justifier. De même que le gouvernement espagnol

d'hérésie et faisait livrer à l'inquisition ceux qu'il voulait perdre plus sûrement, les ennemis de Phidias l'accusé' rent d'impiété. «Sur le bouclier de In

déesse , où est cise- ^^- "- - P"f«''«"°i> ■ trontaa <>ri»ul, lëe la Victoire de Thé- "

sée sur les Amazones, il s'est, disent-ils, représenté luimême sous les traits d'un vieillard qui soulève un rocher. Le grand âge qu'il s'est attribué n'empêche pas de le reconnaître. II ne s'en est pas tenu là. 11 y a aussi placé son ami Périclès. Vainement la main levée pour lancer le javelot cache une partie de la figure. On ne peut nier que ce soit lui. d Phidias crut devoir quitter Athènes; mais cet exil profita à sa gloire.

Le Jupiter Olympien. — llseretiraenÉlide, et les prêtres d'Olyrapie lui confièrent l'exécution en or et en ivoire de ce Jupiter Olympien qui passa pour une des merveilles du monde. Le dieu, quoique assis, avait 9°*,25, son piédestal ayant déjà 3 mètres de hauteur. Il est resté le type de Jupiter, le type du dieu suprême, unissant la majesté à la douceur, la puissance à la sérénité.

Aucune œuvre n'a été entourée d'un respect plus profond et plus durable. Par la beauté de eon Jupiler Olympien, disait Quîntilien, Phidias a rehaussé l'idée que la religion nous donnait de cette diTinité, Dion C h ryso atome' affirmait

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qae quand on VaTait thc il était imposaible de ae fi^rer la DiTÎnité aatrement. Lea eaprita les plaa anatères ne pouraient reiler inaensibtea i cette beaot^, et c'est Epictèle qui doub apprend que l'on considérait comme an malhearde mourir sans Varoir Tue. Cette atatue faiaait comprendre aax [lalenB quelle chose de l'unité de la puissance dirine. Banl-Emile, aprta

ne- U. — PwthiBan : Dim«ur at Cori, froston Bat.

Pydna, sacrifie an Jnpiler d'Oljrmpie, comme il aurait sacrifié au Capitole. Mummins, Tainqneur de la ligue achéenne, consacra à l'extérieur du temple vingt et un boucliers dorés (1^6). Ce n'est pas la nature seule qui Toamit à Pbidias son modèle; mais, comme le ditCicéron, dans son âme même résidait un certain type de beauté. C'est ce modèle intérieur qu'il contemplait; c'est sur lui qu'il dirigeait son art et sa main. Phidias pouvait dire lui-même qu'il avait pensé k ce passage d'Homère : ■ Le fils de Kronos abaissa ses noirs sourcils j sa chevelure s'agita sur sa tête immortelle, et le vaste Olympe

ÉCOLE ATTIQUE. — ALCAHËNES; PiSOHIOS 101 trembla. ■ On racontait aussi qne, lorsque ta slalae Tut ache* tée, Phidias, contemplaut sou œuvre arec vue dmotiou profonde, te tint un iustaat debout devant la dirinité qu'il avait pour ainsi dire évoquée, et supplia le dieu de lui faire eoDDal- Ire par un signe de sa puissance s'il était content de ce que son artiste avait fait.

Quoique le temps fût serein, un éclair jaillit tout à coup par l'ouverture du toit, et In fondre tomba aux pieds mêmes de Phidias sans lui faire du mal. Le dieu svait répondu. L'endroit où le pavé du temple avait été frappé fut marqué par une plaque di> marbre noir sur laquelle on plaça une urne d'or'.

Phidias mourut quelques années plus lard (431), encore en exil, mais plus heureux que Périclès ; car il

ne vit pas les malheurs de g-,g 5,. j„j,it„ j,™.,* ^ oiricolij. son pays , les premier échecs

d'Athènes dans la guerre du Péloponèse, et cette terrible peste qui devait emporter, deux ans après, le grand homme d'Etat dont il avait été l'ami.

CoDUmporaina et disciples de Phidias. École attique. Âgoracrite, Alcamènes, Pseonios. — Autour de Phidias se pressent un grand nombre d'arlistes, dont plusieurs l'aidèrent dans ses travaux, et qui partout ailleurs seraient au premier rang, tels qa' Agoracrite, auteur de la Némésis de RhamnuS; Colotès, Praxias, surtout Alcamènes. Alcamènes de Lemnos avait fait les statues coloasa-

LLeBchroniqueB du moyen if» coatieBoent pliu d'uas Ugonda uulogDO. |ur Eicmpls l'uiccdotc qu'on racoole da Di<>in« ds SaUl-Gill Tulilo (il> s.|.

les de Pallas et d'Héraclès, la déesse dn bon conseil et le dieu de la force, que Thrasybnle avait dédiées dans le temple d'Héraclès à Thèbes, parce que c'était de Thèbes que Thrasybule était parti ayec ses compagnons, pour délivrer Athènes de la tyrannie des Trente. Pausanias lui attribue le fronton occidental d'Oljmpie. On a contesté cette affirmation. En tous cas, quoique l'œuvre soit puissante et fasse penser à Eschyle, les inégalités et les incorrections de certaines parties ne permettent pas d'en attribuer au rival de Phidias l'exécution complète. Nous savons an contraire avec certitude, par l'inscription du piédestal, que Paeonios de Mendé^ en Thrace était l'auteur de la Victoire colossale consacrée par les Messéniens de Naupacte, et dont l'exécution se place entre 425 et 420 av. J.-C. Cette statue se distingue par la puissance et la vie plus que par la noblesse. Quel que soit son mérite, elle ne peut faire oublier les Victoires en haut-relief du temple de la Victoire Aptère, où apparaît dans tonte son élégance c la tradition attique élargie par Phidias ». Ces œuvres, ainsi que les cariatides du Pandroséion, qui sont restées les chefs-d'œuvre du genre, nous monti^ent que Phidias avait laissé des disciples immédiats d'autant plus dignes d'un tel maître, qu'ils s'inspiraient de ses exemples, sans l'imiter servilement.

École d'Argos. — Polyclète : le a Doryphore », la Junon d'Argos; le concours d'Éphèse. — Les qualités propres à l'école d'Argos trouvent alors leur plus haute expression dans Polyclète, qui est à cette école particulière ce que Phidias est à l'art grec tout entier. Quelques-uns le mettaient même au-dessus de Phidias et voyaient en lui le sculpteur le plus complet, celui qui à la science la plus

1. La plupart des sculptures d'Olympia se trouvent au musée de Berlin ; deox métopes sont au Lonyre. Sans sortir du Péloponèse, nous rappellerons les sculptures du temple de Bassae (Musée Britannique). Comme l'ensemble 49B flcolptnres décoratives d'Oljmpie, elles sont loin des œuvres attiqnes, et on / ic-murque également, comme on l'a dit, « quelque rudesse provinciale ».-

ÉCOLE D'IBGOS. — POLTCLSTB 101

parfaite des proportions du cofps humain unissait l'exao titude la plus suivie dans le détail. Mais on disait aussi dans l'antiquité même : a Si PolycUte imite mieux les hommes, c'est Phidias qui est le sculpteur des dieux ' , » Polyclète s'était distingué dans les statues d'athlètes.

Il avait écrit un traité des proportions du corps humain , et , de mSme qu'il avait fait la théorie , il donna l'exemple dans son Doryphore, qui fut le eanoa ou ta règle de Polyclète. o Mais, comme le remarque M. Guillaume, le canon fut un résumé d'école, et non le point de départ d'nne école nouvelle. « Car après Polyclète les sculpteurs poursuivirent la ré ail sation d'un autre type.

Quoi qu'il en soit, h statue du Doryphore a été très souvent reproduite avec plus ou moins d'exactitude dans l'antiquité, mais fig.sT.

aucune imitation fran- ■'"<"' «"'AfRo»- - J""»» ^ ^SoîMo.

ehement satisfaisante n'est parvenue jusqu'à nous. Nous sommes plus heureux avec son Diaduméne, jeune athlète levant le bras pour ceindre son front d'une bandelette. Sans parler du Diaduméne Farnèse, on a retrouvé récemment à Voiron une statue analogue. Le Louvre l'a très malheureusement laissée échapper, et elle se trouve aujourd'hui au Musée Britannique, fait d'autant plus regrettable que c'est certainement une des belles œuvres de l'antiquité. Nous pouvons nous faire aussi une idée, par une réplique du musée de Berlin, de cette Amazone blessée qui affirma aux yeux de toute la Grèce la supériorité du sculpteur d'Argos, puisque c'est par elle qu'il l'emporta dans un s ouvert en 444 sur ce sujet par la ville d'Éphèse

[:i>mpiirir, (Iiu Vauri, Il disci»ùoa«alre BrunelloKhi et DoDitïlla, su d'un» ititao d<i Chriat.

entre tous les sculpteurs grecs, concours auquel Phidias avait pris part^ Mais la statue la plus connue de Polyclète était la Junon chryséléphantine d*Argos, qui fut pour la reine de TOlympe ce que fut le Jupiter Olympien pour a le maître des hommes et des dieux ».

La ciselure et la graviire en pierres fines : Mentor. —

A cette époque l'art du sculpteur se manifestait avec une égale supériorité dans les œuvres de petite dimension. Le ciseleur Mentor était placé par les anciens au niveau des plus illustres sculpteurs.

Les sculpteurs qui faisaient d*ordinaîre des œuvres monumentales ne dédaignaient pas ce genre de travaux : Myron, Kalamis» Phidias, Polyclète'. L'usage des sceaux, des cachets et des hag^es à chaton gravé donna dès les temps anciens une véritable importance à l'art des pierres gpravëes. C'est à Samos que cet art avait d'abord brillé : avec Mnésarque, père de Pythagore ; avec Théodore, qui grava la célèbre ëmeraude que Polycrate avait jetée à la mer pour conjurer la Némésîs. Une loi de Solon défendait aux graveurs pour anneaux de garder chez eux une empreinte de l'anneau qu'ils avaient fabriqué et vendu à un particulier. En effet, l'empreinte aurait pu servir à donner ce qui était alors Téquivalent d^une fausse signature^. Mais cet art, comme celui de la gravure en médailles ou plutôt en monnaie, qui produisit cependant des œuvres d'une grande beauté, ne devait arriver à son apogée qu'à la période suivante.

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