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LYSIPPE ET SES CONTEMPORAINS

prendre qu'il ait pu exécuter le nombre, qui n'en est pas moins prodigieux, de quinze cents statues, parmi les- (|uelles il y en avait de colossales, telles que le Jupiter et THercule faits pour la ville de Tarente. Cette statue d'Hercule, qui avait été transportée à Constantinople, y fut fondue par les croisés en 1204. Lysippe s'était plus d'une fois occupé d'Hercule ; il avait reproduit ses Douze Travaux à Alysia en Acarnanie. Reconnu pour le premier sculpteur de son temps, sculpteur attitré d'Alexandre, seul il eut le droit de reproduire officiellement ses traits^ Lysippe était aussi célèbre comme sculpteur d'animaux ; il avait sculpté des chiens, des chevaux, des lions. On lui a attribué les chevaux de Saint-Marc (Venise).

Son frère Lysistrate imagina les moulages d'après le modèle vivant. Il coulait dans ces moules de la cire qu'il retouchait ensuite. Ce fait Indique la tendance réaliste plus précise qui s'affirme alors. Parmi les sculpteurs contemporains, citons le fils de Lysippe, Euthycratès; Bœthos, originaire de Chalcédoine, auteur de V Enfant à l'oie, duquel on peut rapprocher le Tireur d'épine de Florence, et la Joueuse d'osselets de Berlin; Euthychidès, auteur de la statue d'Antioche au Vatican, et surtout Charès, qui fit le Colosse de Rhodes et conçut le projet de tailler le mont Alhos tout entier pour en faire une statue d'Alexandre. L'œuvre et les conceptions de Charès marquent bien ce goût de l'extraordinaire vers lequel Lysippe avait contribué à pousser les sculpteurs grecs. Mais n'oublions pas que la Vénus de Milo et la Victoire de Samothrace appartiennent à cette époque.

Gravure en pierres fines. — Pyrgotèle. — La gravure en pierres fines, qu'il s'agisse d'intailles ou de camées, arrive alors à son apogée avec Pyrgotèle. Elle

1. Il n'était pas interdit pour cela aux autres artistes de reproduire les traita du héros (statue chryséléphantine par Léocharès i Delphes, etc. ; bustes au Louvre). Alexandre fit sculpter par Lysippe les statues des Macédoniens tués au G panique et les plaga à Dium.

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reproduit souvent les oeuvres des sculpteurs célèbres. Sur le camée d'Aspasios (Vienne) ou Toitsansdoutela léte de la PallasduParthénon, En revanche, bien des sculpteurs ou des peintres modernes ont trouvé dans ces petites figurines des inspirations et souvent même des modèles pour des œuvres d'unegrande importance ; c'est à une intaille grecque qu'Ingres a pris la première idée de sa figure de Vliiade pour V Apothéose d'Homère.

De l'utilité de l'art dans la fabrication des monnaies.— Pourquoi elles sont souvent arch^ques. Supériorité les monnaies grecques. — Les monnaies montrent , mieux encore que les intailles ou les camées , combien les Grecs savaient faire des uuvres d'art complètes , parfois même d'une véritable grandeur d'accent, dans de petites dimensions.

Plasieurs quGStioDS iatéressantes se rattachent k l'histoire de la gravure en médaille. Nous remarquerons d'abord que les anciens Grecs n'ont pas connu les médailles prapri?mcat dites, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas fr.-ippé des disques métalliques dans l'intention de faire une œuvre d'art, mais seulement

1. Eckbel, Doetriaa nammarvm settrum. — Fr. Lnnormanl, la Monaait tani faatiquiti.

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