PAR M. VAN HOVE
Si quelque chose pouvait démontrer que la peinture est une harmonie su|)réme et qu'une œuvre d'art est une symphonie de couleurs où la moindre dissonnance de ton hlesse le regard, comme pourrait letre l'oreille par une note fausse, c'est, sans contredit, le tableau de M. Van Hove, qui est une véritable féte pour les yeux. La jeune mère est charmante de grâce, de fraîcheur et de ce calme tout particulier qui forme comme une auréole de paix autour du front des personnages créés par M. Van Hove. L'enfant et le jeune quêteur vêtu de rouge sont dessinés avec un sentiment délicat qui fait rayonner en eux toules les séductions de la jeunesse. Les accessoires sont d'un /^l^V^? harmonieux et splendidcqui n'a pas d'égal au Salon. Leschairs sont vraies, soyeuses, et l'on sent la vie circuler sous ces mains satinées. Nous reprocherons cependant à cette œuvre la robe de la jeune fille, trop lourde et sans style, et la lumière du fond, trop blanche pour être vraie. Un faucon juché sur son perchoir est traité avec une science remarquable comme vérité d'attitudeet de coloris. Sur le premier plan de droite, l'artiste s'est amusé à e\\-
Ire-bâiller une porte qui laisse voir l'inlérieur d'une cuisine. Celle parlie de l'œuvre fait illusion comme vérilé, et nous douions qu'on puisse pousser plus loin la magie de la perspective et du clair-obscur.
Avis à la commission. — Nous croyons que dans l'intérêt de la morale publique, il serait bon de voiler le portrait de M. A. V., par M. Robert. Il y a devant cette image qui comme style rappelle les fashionables du journal le Bo7î Ton et les types de la 3Iode parisienne, des émeutes de filles majeures et non vaccinées. M. Robert répondra devant Dieu des incendies qu'il aura allumés dans ces chastes âmes qui viennent de rencontrer leur idéal sous les traits de ce blond Narcisse, lequel pousse même la cruauté jusqu'à ne pas envoyer son adresse à ses victimes.
Tour romaine sur le Douro à Grenade.