PAR M. BOSSUET
La critique a quelquefois de rudes et sévères devoirs à remplir, surtout lorsqu'elle se trouve en face d'un artiste dont le passé compte autant de succès que celui de M. Bossuet. Le tableau exposé cette année par cet artiste
est d'un aspect dur et métallique qui blesse le regard. Puis, nous demanderons à Bossuet comment, après avoir inondé de soleil toute la partie gauche de sa tour, il n a pas fait tomber un seul reflet sur le sol ou les objets environnants, qui sont d'un aspect terne qui rappelle lezinc oxydé. Les rnonlagnes qui ferment le paysage ne sont pas à leur plan comme perspective, le ciel manque de légèreté et de transparence. Nous attendons de M. Bossuet une revanche éclalanle, et il est homme à la tenir.
Souvenir des côtes de Normandie. — Navire échoué.
PAR M. DE WINÏER.
Il y a dans ces deux œuvres un profond sentiment des harmonies nocturnes. M. De Winter est pour la lune un autre Endymion, tant elle le comble de faveurs et lui dévoile ses plus secrètes beautés. Les compositions de cet artiste sont empreintes d'un vif sentiment de pittoresque. Il sait l'art peu commun, d'agencer habilement les diverses parties de son œuvre, au profit de l'émotion qu'il veut réveiller chez le spectateur. Il sait les mystères de la nuit et fait miroiter avec un rare bonheur la blanche lumière de la lune dans les flaques d'eau des grèves; à
travers ses ombres transparentes et froides, les objets apparaissent avec cette indécision de contours qu'on remarque dans les rêves. Dans le Souvenir des côtes de Normandie ^ le roc de droite manque de solidité et se manifeste au regard comme une masse de laine noire. Ce même défaut de solidité se retrouve également dans le Navire échoué, qui rachète cette lacune par des beautés sérieuses comme sentiment et coloris.
Les Martyrs du Bois de Boulogne. — La Bonne Mère. — La Surprise. — L'Os à Moelle,