PAR M. STEVENS
La critique charivarique a parfaitement apprécié le premier des tableaux de cet artiste en y voyant une collection de chevaux de bois tirés d'une boîte à joujoux de Nuremberg. Cela est raide, dur, inerte, et n'accuse nulle part la vie. Le ciel opaque et lourd, les terrains sans vérité complètent les infortunes de ce tableau, qui n'est pas à la hauteur du talent de M. Stevens.
Bonne mère nous paraît un peu inspirée par cei'lain tableau deDecamps, dont nous avons gardé le souvenir. Les attitudes des chiens sont du reste pleines de vérité et
'■m LES BEAUX-ARTS EN BELGIQUE
dénotent une profonde observation de la vie privée de ces intéressants quadrupèdes. Le coloris de cette œuvre est harmonieux, quoique peut-être un peu sec. Nous préférons, du reste, l'Os à moelle, sujet philosophique largement peint et dessiné avec une hardiesse pleine de caractère. Seulement, il est fâcheux qu'une œuvre pareille soit, comme sujet, si peu agréable à l'œil, et il est à craindre que la bégueulerie de nos mœurs modernes ne s'accommode guère d'un tableau représentant un pauvre diable de chien , vrai pilier de carrefours, sorte de Lazarille à quatre pattes, s'en remettant à la Providence du soin de son diner.
Nous n'avons pu trouver encore la Surprise de M. Stevens. Nous y reviendrons.
Intérieur du Port de Marseille,