PAR M. DE JONCHE
Voici une œuvre d'un jeune artiste auquel nous prédisons un bel avenir. M. De Jonghe possède une qualité
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précieuse et que 1 école d'Anvers et celle de Bruxelles ont quelquefois trop sacrifiée aux séductions du ton: nous voulons parler du sentiment, sans lequel Tart n'est qu'un cadavre pompeusement paré.
Il y a dans les divers personnages qui figurent dans cette œuvre une diversité de caractères profondément médités et heureusement reproduits. Le jeune homme aux béquilles respire une foi ardente, où l'espoir rayonne. La jeune mère demandant le secours de celle qui fut percée de sept glaives, est admirable de supplication et de ferveur. On sent que de ce cœur part une de ces prières qui, comme disait le Christ, soulèvent des montagnes. Un aveugle à la figure calme et placide semble prier par routine, par habitude; il a la trogne rouge et fleurie, et le maroufle pourrait bien n'être là que pour renouveler sa provision de chapelets qu'il vendra aux bonnes âmes avec des chansons grivoises et des bretelles en caoutchouc.
Le paysage calme et un peu iriste de ce lableau est en harmonie avec le sujet. Le ciel, éclairé seulement à la ligne de l'horizon, rappelle le faire des vieux maîtres et dénote chez M. De Jonghe un vif sentiment de dislinclion dans sa manière de reproduire la nature.
DK 1848 A 1857.
Distribution de Médailles aux Boucliers du Bœuf Gras,