PAR M. ACHENBACH
La Chute d'eau de cet artiste ne nous rappelle aucune des grandes qualités que nous étions habitués à rencontrer chez lui. Leau de la cascade semble un ruban de plomb qu'on dévide; la transparence cristalline, la légèreté, la perméabilité à la lumière manquent complélement^à cette œuvre, que dépare, du reste, un ton général qui rappelle le goudron ou le pain d epice. Le feuillé des arbres est maigre et sec, l'aspect des rochers manque de vérité. Constatons cependant dans cette toile un beau ciel orageux, dont on croit voir fuir les nuages ; des oiseaux effarouchés qui planent sur le paysage, sont d'une vérité qui fait illusion.
V Automne àw. même peintre est une œuvre bien supérieure à celle que nous venons d'analyser. Il y a là une poésie rustique, un caractère automnal qui décèlent le penseur et l'artiste. Les eaux, les terrains sont traités d'une façon magistrale, les lointains dégradés avec une vérité et un sentiment pleins de charme. Un chêne penché sur le ruisseau est irréprochable de dessin, de caractère et de couleur.
Le Mois de Marie