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278 LES MUCJL-AATS £N EUROPE.
Dans des conpesifioiis ëe oe genre, il est bon d'élaprar les ^tails «t les iBesquînaries 4e èa vccose réelle; li ikg^ «grandie et sinflifiée, l'amlé et la loealîtéidii ton, te jettes plis amples tii flottants, 1k airs de tôte grades, mi d'une gràoe sévàre, «doivent séparer complètement de notre monde cette population glorieuse, dont les pieds posent sur le vide, et qui Tôve acoondée sur quelque nnage de nmrbre, afu-^es- SDS des cemicbes et des attiques ; — c'^st «ce que H. ïm^ a parfaitement compris. Sa coupole est asBurément en môme temps le plus beau et le plus ^ste morceau de peintore religieuse que nons peasédiotts.
Cette immense macbine, quoique d'un aspeet simple H fadie à sûsir, renferme cependant une ^ande «quantité de perronmmes, qu'il est nécessaire d'employer quelques divisions pour eu bien foire comprendre 1 Wdeosanoe à nos kotenrs.
Le sujet, teiU à tait S3^boKque, «st Thistoire et ia glorificatien du (^rastiamsme.
Le peiatre a rendu cette idée en montrant Je Cfari«t assis dans sa gloire, qvi accueille et qui bénit une cour immeose, formée desapôlves, des siânts et des saintes, des légi^lem^, des f uerrîers et ^es pontifes, des rois et des artistes, qui ont aervi la canse4lo christiacnisme.
La Madfllerne^ emblème d'amovor et de charité, ^semble porter auK flects du trône céleste les larmes de ia lerre et sollkiser pour les pauvres péchmnrs Tin^msable misérieerde.
Un escalier lumineux, sorte d'écbrile 4e iixot/b et de de-
^é nysli<fii8» sen te base m tiiôDe' <hi Clnrisfi, qni a PexpnessÎMit derpiaciiHfié mjeslnettfie et naïve des milles mimaiDresi bjFxantines. D'une main, il tieM te divin gîbet, te hoi&de rëden^pUim; de Famtre, il fait on signe plein d'one^ tiein et de mansiiétiide.
A droite et à gauche, aux côtés du^ maître, se tiennent delidot l«s apôtres et tes érangélistes, recomaissables' à leurs attributBrearactécistiques; «es figures sont fort belles, et rappeUenlt, pour Tatistërîté et la noblesse de la» tournure, fa manière de. fra Bartholomeo.
Ànx piad&du Christ, quelques merehes plus bas, soulavxie par un; nuage lumineux, s'élève. Msdeleiaev. te subtiroe péck»ess&, lagvnide amante de Jesns^; ses jeux, noyés de* clartés séraphiques, sont encore humides et lustra; les pleurs du repestiir trennUent à sa paupièrey elte csl cependant réeondliée et déjà pardnnvée ; mai» une amoureuse canfasioii^ lui fait joisidre* des maàns suppliantes et lever vers le doux Maître un regard timidev eomme si elte n'était paa uAe grande sainte, une des plus précieuses perles de la cowronne eéteste. Cette divine expression* d'embarvas, cette; humilité qui craint de ne pas avoir asse? fapië* des faute» remises depuis longtemps, a été rendue par H. 2iég)er avec UBft délicateasedigne (tes plus grands étogesi
Trois petits anges d'une grâce charmante déroulent au* dassoue dâ: la sainte nno: bandelette ou est tracée cette in>seriplion :, Mvltum iikxit. Elle a beauaonp aimé, il lut sera beattcoup remis ; consolante maxime, résumé de tmit le christianisme.
«i80 LES BEAUX-ARTS EN EUROPE.
Derrière cea groupes mystiques et théologîques s'étend à rinGni, dans des flots de tiède lumière et de serein azur, le cortège des élus et des esprits bienheureux. — C'est un océan de têtes blondes, baignées de vapeurs dorées, où scintille de loin en loin le regard enflammé d'amour d'une jeune sainte ou la harpe d'or d'un séraphin. ,
Toute cette partie du tableau est traitée avec une clarté de ton, un tourbillonnement et un poudroiement lumineui d'un effet admirable. La sombre voûte en est illuminée et réjouie, et Ton dirait une trouée sur le ciel véritable. Les paradis et les gloires de Tintoret n'ont pas de rayons plus splendides ; M. Ziégler est un heureux peintre, de pouvoir couler ainsi toute Tardente couleur vénitienne dans le contour calme et pur de M. Ingres.
Le reste de la composition est tout historique.
Le côté droit est consacré aux personnages qui ont propagé ou servi le christianisme en Orient; le côté gauche est réservé à Thistoire de TOccident.
Cet immense bracelet de figures, qui a pour point de départ le Christ, se ferme par Napoléon, resplendissant camée, bien digne de clore un pareil cercle.
Constantin avec son labarum, saint Maurice, saint Exupère et les martyrs de la légion thébaine occupent le sommet du groupe oriental ; saint Augustin, mêlé à ces ombres illustres, écrit ses Confessions à côté de saint Âmbroisede Milan. — Cet étage de la composition figure le Bas-Empire; quelques marches plus bas, le moyen âge est symbolisé par des figures de prêtres, de rois et de chevaliers. La croisade
en terre sainte est rëvénement choisi : les papes Urbain et Eugène, saint Bernard, sont placés dans la partie supérieure, comme principaux instigateurs de ce grand oiouvement; Pierre TErmite, vêtu d'un froc blanc, proche les natiens qui s^élancent vers le tombeau du Christ, en criant : Diex volt. Aux pieds du saint se presse une foule de rois, de ducs, de comtes, de barons et autres personnages; unguer-^ rier, transporté d'enthousiasme, tire à demi son épée comme prêt à occire les Sarrasins; un riche seigneur offre ses trésors, un père ses trois fils.
Un peu en avant, vers le nuage qui porte la Madeleine, est dessiné saint Louis dans une contenance humble et modeste.
Viennent ensuite Godefroy de Bouillon, le pieux héros de la Jérusalem délivrée, avec Toriflamme et le bourdon; Louis le Jeune, qui fit du lis de Sâron les armes royales de France; Sugcr, le sage abbé; Richard Cœur-de-Lion; Robert de Normandie; Dàndolo, le vieux doge de Venise, qui, bien qu'aveugle, planta l'étendard sur les murs de Conslantinople; Montmorency, le premier baron chrétien, et Villehardouin, le chroniqueur épique : l'Homère est à côté des Achille.
Le bas de la composition est rempli par les malheurs de la Grèce Qioderne, et symbolise la nouvelle levée de boucliers contre le Croissant; ces événements sont figurés par des femmes en pleurs, des soldats mourants et des prêtres qui élèvent vers le Christ des mains suppliantes.
Ces personnages, qui sont les plus rapprochés du spectateur, ont dix-huit pieds de proportion, — grandeur énorme; ils paraissent à peu près de taille naturelle. — Il n'existe
ttd LES BBAUI*A.»TS KN BURQPE.
awuiBespeiiiUire d'une dimensMi Mâsi caiosssle, pas même* \e.JiiuiiemêfU dernier de la SitlÂne.
Passons maîntenaiit à rhistoîre ofieidemale.
Clovîs esl la première ftgwre de VOceideDi; il est làt, la roi fanooche, avec ses sauvages guerriers, courbé sons la maûa de sainl Hemi, près de Cletilde^ sa pieuse feniHie, de saînl WaasI, de sainte Gathenae appuyée sur sa roue à dents, et de sainte Cécile, la blancbe mosicirane, la.Mali'bran céleste.
L*ombre du BasrEmpire ba^^e oenfusément les demiâ!s personnages de ce groupe, et, pkis. loin, sou» un? nuag» sombre, Ahasvérus, le disciple maudit, oeliû <|^i ne moucra jamais et marchera toujours, se détache do Rassemblée rayonnante, le bâton à la main,, la besace au dos. — Gâtte . figure, qui seule ooatrarie le mouvemeni des groupes, tous convergeant vers la figure du Christ, cpii est le point cen» tral et. lumineux de la composition, iocme la plus heureuse et la plus poéti^fue dissonance.
Une ^une druidesse^ couronnée de chêne et de verveine comme la Velléda. de Cbateaubriaad^ tenant à la mai& ia feur cille d'or qui sert à recueillir le gui mystérieux^ lanea sur devis un regard de colère et de. dédain. Cette figure «st d'une grande élégance et d'un très-heau mouvemesl.
Plus bas Ton voiA Charlemagne, Tempereur à la harbe gr^BLgne^ comme dîs^t les. vieux roimans cycliques,, assis sur son trône, le pied sur un. nuage, tenant d'une main la boule du monde,, qu'il parait trouver légère, et de Tautre sa terrible Joyeuse, qui coupait en àexxn le& hommes el les maA> tagnes. C'est bien le Charlemagne ^Âque, le colosse de fer,
. FELU^CFURES MURALESL 285;
€pie: le» cbconiqiiias nous lepféflentem portam, «mbroehés dans sa lanise comme des grenouilles, sept Saxons : Nescio (paài mnÊÊfmrtmÊâs, ajo«l» le moine de Satnt-Gall; sa grande barbe momie à flots sa hrge poitrme*, eomine la karbe du Meïse de Hicheli-ABge; car il est autaat législatevr que guerrier,. aoilBSt prophète que hëros; et piés de lui un jeune ac^ colyte ti««tiQiive9ts Les immortels Capitulaiiesy son plus beau titire de gloire; ua eaidinal lui présente' k» insignes d'em* pereur pootain, et Giaffar, Teavoyé d'Âroun-al-Raschid, le fameux, calife des MiUe et Vn&NuitSy lui offre tes defs du sût s^ulfiire, ia cliemâse de la Vierge et d'autires ri'Cbes présents^ Des captifs de différentes nations compétent ce groupe et>a<dié»ent de do&fieir une haute idée de la puissance d« pnd empereur.
Sur le degré inférieur, en se rapprochant delà corniche» est représe&té le pape Alexandre 111, qui pose l'a première pierre de Notre-Bame de Paris et donne sa bénédiction à l'empereur Frédéric Barberousse, qui, dévotement prosterné^ baiae sa mule avec la p^us buioble componctien. Le manteau de brocart de l'empereur Barberousse est d'un admirable traArail. M<. Ziégler fait les étoffes comme un Vénitien dir beau temps, comme un digne élève de Paul Véronèse. — Nous signalons ce raiéffite, car il est ra<re;auîou«d'hui, où les tableaux ne soni guère qjie des ébauches un peu avaAoées.
Le diege Ziani, ^ur assiâe le pape, est là peur tndiqw^r qiie: cette oésémonie imposante eut lieu à: Veniae; le jeune OthoOi, fait chef de la maison de Bavière par le bon vouloir de Bar* berottsse, veganda eattescéMv k eouMmae de «omte s«r ia
tête et vêtu d'ane ootte de mailles de fer qui rappelle par sa perfecliun rëtincelante armure du saint Georges.
A peu de distance d*Olhon, du côté du cintre, vous voyec une noble et charmante figure de femme, à la fois fière et douce, armée comme Harphise ou Bradamante, les capricieuses héroïnes d*Arioste ; elle s*appuie sur un bouclier fleurdelisé et tient à la main le couronne de France. C'est Jeanne d'Arc, l'ange de Vaucouleurs, dont l'histoire semble un rêve ou une ballade ; près d'elle se tiennent deux chevaliers à visières baissées, probablement Dunois etSaintrailles, et trois hommes sans blason, sans pourpre impériale, sans épée de conquérant, sans autre couronne que quelques feuilles de laurier, c'est-à-dire tout simplement les trois plus grands poètes chrétiens : Dante, Michel-Auge et Raphaël, que le monde, dans son enthousiasme, a nommé le second fils de la Vierge Marie. C'est une idée toute charmante et toute délicate que d'avoir mis Jeanne d'Arc dans le groupe des artistes et des poètes.
Louis Xin, accompagné de Richelieu qui le soutient, fait son vœu à la Vierge, agenouillé sur un coussin de nuages; vers le centre de la composition, non loin de lui, un peu audessus, Ton distingue Henri IV, qui se fit catholique de protestant qu'il était, et servit ainsi la cause de la religion.
La plaque qui ferme cette chaîne de groupes que nous avons comparée tout à l'heure à un immense bracelet, est l'empereur Napoléon, qui rouvrit les églises et rétablit le culte en France.
Napoléon est vu presque de dos; il a le front ceint de la
branche de chêne des Césars, un grand manteau de pourpre, étoile d'abeilles, inonde ses puissantes épaules, son aigle chérie palpite des ailes et jette des éclairs autour de lui ; il retourne fièrement son profil héroïque vers le spectateur, et tend sa main de marbre vers la couronne que lui présente sur un carreau de brocart le pape Pie Vil, assisté des cardinaux Caprara et Braschi et d'un évêque grec en costume rouge dont on ignore le nom, bonne fortune de coloriste, que le peintre n'a eu garde de négliger dans tout ce satin blanc de FEmpire. — Le cercle se ferme là, car ce qui s* est passé depuis est encore du présent, et les monuments n'admettent que des choses révolues et tournées à l'état d'histoire ; cependant, pour que Tépoque fît encore acte de présence dans ce grand concile de siècles, H. Ziégler a mis dans le coin gauche une pierre angulaire qui porte le millésime et les noms du roi régnant. — La signature du peintre est aussi tracée sur cette pierre, piédestal de la future statue de notre siècle.
Une pareille rencontre est 4ine bonne fortune bien rare dans la vie d'un artiste, et Toccasion d'un semblable travail ne se présente pas une fois dans deux siècles. Les églises comme la Madeleine n'abondent pas dans ce siècle peu fer* vent. H. Ziégler a compris la gravité de son œuvre ; il y a mis tout Tamour qui fait les peintures étemelles et place le peintre à côté de ceux dont il a retracé le triomphe.
fC/t d./^, ?.4^
Digiti:
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AQUAREfXES ETHNOGRÂPHKJUES
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