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I. — Direction des travaux techniques

Dans ces derniers temps, en dehors des travaux

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courants ayant pour but d’assurer la fabrication en général, c’est-à-dire la préparation des pâtes, des couvertes et des matières colorantes de grand feu et de moufle employées dans les divers ateliers, travaux qui, pour être menés sûrement à bien, exigent de nomoreuses analyses, le chimiste de la manufacture a étudié, à la demande du directeur technique, la préparation de nouvelles pâtes colorées et couleurs sous couvertes pouvant être utilisées aussi bien parla manufacture de Sèvres que par l’industrie porcelainière, dont les procédés de cuisson sont très différents.

Jusqu’ici la plupart des pâtes colorées et les couleurs qu’on employait à Sèvres contenaient des oxydes métalliques facilement réductibles, tels que les oxydes de zinc ou d’urane; pour développer par la cuisson, sur les pièces décorées, ces matières, en leur gardant leur couleur et leur éclat, il fallait, afin d’éviter toute réduction, les cuire dans une atmosphère riche en oxygène, allure de cuisson précisément inverse de celle que les porcelainiers sont forcés de suivre dans leurs fours, pour obtenir une porcelaine bien blanche, de sorte que ceux-ci ne pouvaient utiliser la plupart des pâtes colorées qui étaient employées à Sèvres. Il fallait donc exclure de la préparation des pâtes colorées, et cela sans changer leurs tons, les oxydes réductibles, car ces oxydes ne peuvent supporter, sans se dénaturer, l’atmosphère nécessaire aux industriels porcelainiers. Après de nombreux essais, on est arrivé à constituer une palette de pâtes et de couleurs de grand feu ne contenant plus d’oxydes réductibles, palette qui donnera satisfaction tout à la fois aux artistes de Sèvres et à ceux de l’industrie.

D’autre part, le directeur des travaux techniques et

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scientifiques est parvenu à composer une pâte tendre ayant tout à la fois une plasticité presque égale à celle de la pâte dure et la faculté d’être décorée des mêmes émaux limpides et des mêmes couleurs brillantes qui étaient employés sur l’ancienne porcelaine tendre. Si celle-ci avait sur la porcelaine dure l’avantage incontestable de lui être supérieure par l’éclat de sa couverte et la richesse des couleurs et émaux qui servaient à sa décoration, elle lui était très inférieure au point de vue de la facilité du façonnage. On ne pouvait obtenir avec cette pâte que des pièces de dimensions restreintes; la cuisson était très délicate à conduire, et les déchets nombreux.

Ce sont sans doute ces difficultés qui ont dû amener Brongniart à prendre la décision (qu’on lui reproche si souvent) de supprimer, en 1804, la fabrication de la porcelaine tendre sans tenir compte de l’éclat et de la beauté de ses décors, ni (du grand succès qu’elle avait eu.

Était-il cependant possible de faire une porcelaine tendre aussi facilement façonnable que la pâte dure et aussi apte à recevoir la même décoration [que l’ancienne porcelaine tendre? Cette question, posée depuis longtemps, avait préoccupé divers céramistes; de nombreux essais avaient été tentés et leurs résultats peu satisfaisants semblaient conduire à la conclusion qu’elle ne pouvait recevoir de solution.

Malgré ces tentatives infructueuses, le directeur technique de Sèvres, enti’aîné par l’intérêt que présente ce problème pour les arts céramiques, a entrepris de nouvelles recherches sur ce sujet. Après une série d’essais méthodiques, il est arrivé à composer une pâte tendre d’un travail facile et capable de rece-

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voir en décoration les ^vifs émaux et les belles couvertes qu’on employait autrefois sur l’ancienne pâte tendre et qui ont tant contribué à la renommée de cette porcelaine.

Les premiers spécimens de cette pâte tendre nouvelle sortis des ateliers et des fours de Sèvres ont montré qu’elle répondait bien au but que l’on s’était proposé; elle est facile à façonner et peut s’émailler avec des couvertes identiques à celles du xviii° siècle. Il ne reste plus, pour que cette pâte entre en fabrication suivie dans les ateliers de Sèvres, qu’à familiariser des artisans et des artistes avec les procédés de décoration spéciaux à la porcelaine tendre, procédés qui diffèrent un peu de ceux de la porcelaine dure et dont la pratique, oubliée aujourd’hui, demande à être étudiée à nouveau pour produire, avec toute chance de succès, cette nouvelle pâte tendre dont l’éclat ne le cédera en rien à celui de sa devancière.

IL — Direction des travaux d’art.

Depuis deux ans, tout en s’efforçant de rester moderne et de son époque, la Manufacture a cherché à se pénétrer davantage do l’esprit du xviir siècle. Sèvres a repris dans ses magasins nombre de moules anciens d’où l’on a tiré des groupes et des figures qui n’avaient pas été reproduits depuis de longues années. 128 de ces modèles figuraient au Salon de la Société des Artistes français, au mois de mai 1906, et sont venus s’ajouter à ceux de la même série qui n’avaient jamais cessé d’être mis à la disposition des amateurs sur

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commandes spéciales. Les plus importants parmi les premiers étaient :

Pygmalion et Gaiatliée, groupe exposé au Salon de 1761, par Falconet;

L'Homme formé du limon par Prométhée élève ses regards vers la divinité, groupe exposé au Salon de 1775, par Bizot ;

La Joueuse d'Osselets, par Pigalle;

Le Mercure, du même :

La Naissance de Bacckus;

Le Triomphe de Bacckus;

L'Offrande à l'Amour, etc.

L’examen de ces anciens modèles permettait de suivre facilement les trois périodes bien marquées de la fabrication des biscuits de Sèvres au xviiu siècle. On distinguait d’abord les sujets pastoraux empruntés aux dessins de Boucher, puis les groupes et les gracieuses figures exécutés sous l’inspiration de Falconet et enfin la période pendant laquelle Boizot dirigeait les ateliers de sculpture. Alors on voit les formes gracieuses et légères des années précédentes devenir peu à peu plus « classiques * et arriver insensiblement <à la raideur romaine de l’Empire.

Une nouvelle série de ces œuvres anciennes est en fabrication pour le prochain Salon. Elle comprendra plusieurs groupes importants, tels que :

Alexandre chez Apelle,

Borée enlevant Orithye,

Plulon enlevant Proserpine,

Le Sacrifice d'Iphigénie,

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Les trois Grâces à la corbeille,

L'Education de l'Amour, etc.

Ce retour vers le passé n’empèche pas Sèvres de s’occuper des vivants. Autour des biscuits du xviir siècle, se trouvaient au Salon vingt-huit sujets modernes, parmi lesquels on peut citer ;

Enfants et Grenouilles, de M. Max Blondot;

Poète et Sirène, de M. Hannaux;

Dionysos, de M. Cariés;

Les Quatre Saisons, de M. Daillion ;

Le buste d’une Parisienne, de M. Verlet;

Le médaillon de Waldeck-Pmusseau, de M. Vernon ; etc.

Ces pièces ne souffraient pas du voisinage des oeuvres des vieux maîtres et prouvaient que nos sculpteurs modernes laisseront aussi à Sèvres une trace remarquable de leur collaboration et marqueront dans l’avenir l’esprit et le goût de notre tenqis.

Une vitrine consacrée aux objets de petites dimensions montrait les efforts de Sèvres pour rester dans les formes et les décors simples que demande la porcelaine. De grands vases propres à la décoration des palais et des jardins complétaient cette exposition.

Malgré cette importante exposition, la Manufacture a pu renouveler au Musée Galbera les objets qui garnissent la vitrine et la salle qu’elle y occupe d’une façon permanente. Là encore, nos sculpteurs modernes ont des œuvres intéressantes :

Le Soamte, de M. Cordier;

Chevrette, de M. Gardet;

Chats, de M. Riche;

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Floréal, de IM. Convers;

Poésie héroïque, de Falguière;

Des esquisses de Dalou reproduites en grès.

Les médaillons de Gérome et de Meissonier, de M. Chaplain.

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