‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 125 sur 135 · ORFÈVRERIES DE M. MICHEL SK N (MODÈLES DE M. BINDESBOLL · texte numérisé non relu

ORFÈVRERIES DE M. MICHEL SK N (MODÈLES DE M. BINDESBOLL

se fait plus robuste, plus ample. Voyez la « chaudronnerie » d’argent de M. Hœcker, discrètement rehaussée d’émaux, et d’une austérité digne de la liturgie romane; voyez M. Zwollo, qui s’attaque à quantité de matières et y repousse une ornementation linéaire si simple qu’elle rappelle telle pièce exhumée du trésor de Mycènes. Sur les coupes, les bols, les aiguières, exécutés d'après M. Bindesbôll par M. Michelsen, de Copenhague, plus de tendres modelés, plus de détails amoureusement inscrits par le ciselet, mais des reliefs énergiques, des fleurs et des feuilles du pays, traduits au vrai avec un naturalisme intransigeant, rude, âpre, sauvage peut-être, mais sincère et attachant à l'extrême.

La remarque ne date pas d'hier : dès qu’un art se consacre à la femme, le Français est assuré d'y exceller. Le dénombrement est rapide des bijoux parachevés hors de nos frontières et doués d'un durable

LA DÉCORATION ET LES INDUSTRIES D'ART

attrait. Encore n’est-il pas démontré que la « mode française » soit toujours étrangère à leur composition. Notre action rayonne par intermittence sur la fabrication de Pforzheim (M. Zcrenner, M. Kuppenheim); des maîtres tels qucM. Werner de Berlin, M. Fœhr de Stuttgart, M. Rothmüller de Munich, M. Tostrup de Christiania, M. Fabergé de Saint- Pétersbourg, M. Fœrstcr de Vienne savent le plus souvent s’y soustraire; et de même M. Wisinger de Budapest et MM. I illany de New -à 01 k, pour de très plausibles raisons : celui-là se borne à rajeunir la tiadition

DEVANT DE CO ns AGE, PAR M. C II A U M K T

hongroise ; les autres proposent comme fin à leur art de révéler « la richesse minérale des États-Unis » ; et le parti de MM. Titïany est si impérieux quils n’hésitent pas à rapprocher des pierres de tons discords, quitte à violer les lois élémentaires de l’harmonie et à offenser la vue.

Même aux pires jours de son histoire, la joaillerie française n a jamais connu l’opprobre de pareils errements. On retiendra cependant que Massin, analysant la contribution de ses disciples à 1 Exposition de 1889, regrettait, à propos des guirlandes, des traînes de feuillages, des diadèmes à dispositions rayonnantes, « que la technique et le dessin fussent si souvent identiques dans la main de tous, après un quart de siècle », et il concluait que « l’heure était venue de trouver autie chose ». A quoi attribuer la stagnation signalée par Massin ? A ceci

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