‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 127 sur 135 · LUS OMBELLES », PETIT B ÏÎR E A U - É TA OÊ R E , PAR M. EMILE GALLE · texte numérisé non relu

LUS OMBELLES », PETIT B ÏÎR E A U - É TA OÊ R E , PAR M. EMILE GALLE

de tel bureau, de tel buffet de frêne. Une table à manger repose sur de solides arcatures dérivées du bourgeonnement du saule. Les ombellifères ou les ombellules (dont M. dallé découvrit dès i8cj5 les vertus décoratives) s'épanouissent aux rayons des étagères ; et toujours les bois se sertissent l'un l'autre, s’habillent de marqueterie, se fouillent de

sculptures, — l’unité du thème se poursuivant à travers la diversité des techniques. Sommé de s’expliquer sur la situation du mobilier contemporain, M. Émile Gallé écrivait : « Le meuble devra être logique, commode, artistique, d’un art plein de naturelle santé, vivant, humain et vrai. » M’est avis qu’en s’exprimant de la sorte le maître définissait mieux que nul ne le saurait faire l'aboutissement de son propre effort. Qu'il soit permis pourtant d’ajouter que le réalisme où M. Gallé se complaît et qu’il préconise ne rime pas à l’imitation des apparences, mais qu'il se magnifie et se complique de tout ce que peut ajouter à l’amour de la nature le symbolisme d'un philosophe, l'imagination

d'un poète, le rêve d'un justicier.

M. Emile Gallé avait d'autant plus qualité pour se prononcer qu’après bien des détours plusieurs s’engagent dans la route qu'il a frayée et qui resta longtemps déserte, honnie. A l'Exposition de 1889, son cas était anormal ; plus tard seulement se sont produites les tentatives qui visèrent à nous délivrer de la suprématie despotique des styles morts. Au cours de ces dix dernières années, le mobilier français a subi des fortunes dont on a gardé le souvenir, dont on peut suivre la trace. Nous avons rapporté comment une revendication tardive de leurs droits amena les architectes à supplanter les tapissiers dans la décoration intérieure. Voyons quelles causes devaient, sinon compromettre cette intervention, du moins en limiter l’effet. Les architectes ont été les premiers propagateurs de l’influence anglaise. A raison de cette influence et de leurs inclinations professionnelles, et sauf l’exception de MM. Plumet et Selmersheim arrivant à point pour confirmer la règle, ils lurent conduits a se contenter d une recherche de lignes, de profils, réalisant déjà un progrès, mais inapte à satisfaire toutes les aspirations de notre tempérament, toutes les exigences de nos demeures. Un mobilier rigide, a bois nu, sans décor, s’admettait pour un bureau, une salle a manger, peut-être; dans un salon, il devenait hors d’emploi. Qu’on se rappelle plutôt la révolte d un amateur fervent des styles français, à la \ ue des premières simplifications mobilières : « Quoi, dit Edmond de Concourt, ce pays, qui a eu le coquet et rondissant mobilier de paresse du xvnp siècle, est sous la menace de ce dur et anguleux mobilier , qui semble fait pour les membres frustes d’une humanité des cavernes et des lacustres! La France serait condamnée à des formes comme couionnées dans un concours du laid, à des coupes de baies,

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