FAÇADE DU GRAND PAI.AIS D K S BEAUX-ARTS, PAR M . DKCLA N K
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réaliser l’œuvre entière. On lui reprochera peut-être de n avoir pas suffisamment sacrifie à l'aspect extérieur le grand vitrage du hall, dont les formes ne s’accordent guère avec les lignes horizontales et verticales delà colonnade. La façade du moins a vraiment grand ail ; les (apports de pleins et de vides contribuent à cet ellet de grandeur, qui tient sans doute, pour une part, à l’emploi des ordonnances, mais qui tient plus encore à l'harmonie cherchée entre les différentes parties de l’œuvre. Les mosaïques de M. Fournier, de modelés simples et de colorations claires, s’accordent avec la tonalité de la pierre, et si ^
\\ De<dane avait sacrifié les vases trop lourds de sa bainstrade, qui semblent un dernier souvenir du premier
CO e P i Ut tiIt.lND P A I. AI S DIS II | A I \ A R 1 S P'tipri-s le dessin de M lu-glane.
projet, où le portique était formé de motifs alternés, tandis qif actuellement la colonnade se poursuit sans interruption motivant des saillies, la iaçade élu Grand Palais aurait donné tout l'etiet décoratif qu’on en pouvait attendre.
1) ailleurs, si 1 on pénètre dans le hall intérieur, il faut grandement tel icitci M. Deglane d avoir cherché, pour les supports du comble vitré et pou i les ai es, des formes caractérisant 1 emploi du métal; tandis que 1 achèvement des décorations du pont Alexandre III par l’addition de guiilandes, de cartouches et de balustres imitant en fonte les formes de pierre a diminué l'etfet des arcs métalliques, dont les dimensions, calculées en vue de la stabilité, semblent amoindries : la peinture même du pont en ton gris, se raccordant avec le ton gris du granit des piles, contribue à dissimuler, sans profit pour Fart, les formes de résistance.
L escalier intérieur du Grand Palais, œuvre de M. Louvet, mérite 1°S mcmcs elo8es °lue le hall vitré et pour les mêmes motifs. Sauf au
L E PETIT P A I. A I S DES II K A T X - A R T S , PAR M . G I H A l L T
EXPOSITION IMVKKSKLKK DK 1900
départ, où la rampe s'ajuste imparfaitement sur un fût de colonne tronqUée, l’ornementation du 1er s accorde bien a\ec I agencement élu limon portant les marches.
Le Petit Palais de M. Girault a réalisé dans l'exécution les promesses du projet primé. Aucune modification importante ne lui étant demandée, l'artiste a pu exécuter son œuvre telle qu'il l'avait conçue, en consacrant à l'étude des détails I année qui, pour le Grand Palais, lut
CROQUIS PERSPECTIF d’i'N ANGE B DU GRAND PALAIS DBS U EAUX- A UT S
Première étude de M. Deglane.
employée au remaniement des dessins. C'est aussi une colonnade, mais d'allure plus modeste et d'ailleurs élégante, qui forme le décor principal de la façade, interrompue par un pavillon central que couronnent de toit beaux groupes mettant en relief le talent original et primesautier du statuaire Saint-Marceaux.
On se souvient de l'excellente adaptation du plan du Petit Palais au terrain, dont le milieu est occupé par une cour en demi-cercle communiquant par des galeries avec les salles qui se poursuivent sur le périmètre extérieur, îaccordées aux angles de la façade principale par des pavillons rectangulaires, aux angles de la laçade opposée par des pavillons circulaires.
l'iTCDE pour I. A DÉCORATION DES PORTIQUES DU GRAND PALAIS DES BEAUX-ARTS, PAR AI. DEGLANE
Ce terrain en trapèze offrait bien quelques difficultés pour la silhouette des constructions; l’architecte a cherché à Y parer en terminant par une sorte d’hémicycle scs pavillons rectangulaires de la façade, ais la forme des combles accuse la difficulté sans la îésoudie. Les soubassements des deux palais ont été traités de manièie tics différente et suivant le tempérament de chaque altiste. M. (jiiault a tics largement ouvert ce soubassement, au point que les ouvertures font presque tort à celles du grand étage en les prolongeant. M. Deglane, au contraire, a fait son soubassement plein dans la hauteui des maiches extérieures, et les rares ouvertures qui y sont ménagées ne laissent point deviner l'utilisation possible de ces dessous.
Quant à la décoration du Petit Palais, elle est peut-être moins originale et, sur quelques points, un peu sèche : certains détails, notamment celui du tympan du grand arc du pavillon central sur la cour intérieure, semblent être une réminiscence d'un motif connu. A 1 entrée principale, la décoration est plus souple, plus riche, et les bas-reliefs encadrés dans l'archivolte, au-dessus de la porte, sont tout à fait dignes de fixer l'attention.
Ln résumé, malgré les défauts résultant de la division du travail aussi bien que des délais trop courts, on ne peut nier que la nouvelle avenue, les constructions qui la bordent et le pont, contribuent a l'embellissement de Paris.
LKS PAVILLONS ÉTRANGERS
Le succès de l Exposition semble être, en dehors du pont et des deux palais, pour les pavillons des puissances étrangères pittoresquement échelonnés sui la rive gauche de la Seine. Aussi le cortège officiel, au joui de 1 inauguration, avait-il comme parcours la Seine, du pont d'Iéna au pont Alexandre, et les invites qui avaient pris place sur les bateaux pa\ oises semblaient émerveillés de ces constructions caractérisant pour la plupart l'architecture de chaque peuple.
Parmi ces pavillons, ceux de la Grèce, de la Suède, de la Norvège, sont construits en matériaux durables, et les formes, s'accordant avec ee^ matériaux, accusent très nettement des méthodes de construction
ARCHITECTURE
diverses, résultant de la variété des mœurs et de la différence des climats. Pour d autres, tels que le pavillon de la Belgique, on a reproduit par le moulage une œuvre ancienne, l'hôtel de ville d’Audenarde, type d'architecture flamande marquant la transition du xve au xvie siècle, et ayant peut-être le défaut de ne point nous renseigner sur les œuvres de l’architecture contemporaine en Belgique. Certains pavillons, ceux de la Perse, du Danemark, sont construits pour une part en matériaux définitifs, carreaux de terre émaillée ou bois, et pour l'autre part en