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I. E M E RC U R E DE E E Z O l) X

(Collection Plicque.)

École d’anthropologie mirent à l’étude, au Trocadéro, une exposition couvrant la même période, à laquelle M. Piette a prêté, comme il l’avait déjà fait en 1889, son incomparable collection d'objets de l’époque des cavernes. Au Petit Palais, on s'est contenté d'accueillir des objets isolés, presque tous de choix, qu'ont libéralement offerts les musées de Péronne, d'Arras, de Saint-Omer, de Troyes, de Lonsde-Saulnier.de Beau ne, de Toulouse, etc., et des collectionneurs zélés comme MM. Albert Maignan, Morel, Changarnier, Boulanger, Bertrand et Protat. Le p ré h i sto r ique p r< > p rc m e n t

dit a été exclu; mais, si l'on excepte les deux âges de la pierre, on peut dire que toutes les périodes de l'histoire de la Gaule, avant le triomphe définitif du christianisme, se trouvent représentées par des spécimens de réelle valeur.

De l’âge du bronze et des débuts de l'âge du fer, nous avons les belles épées

de la collection Morel et les énormes fibules de la collection Changarnier; l’une de ces dernières, provenant des Basses-Alpes, est si grande qu on se demande comment et par

L’EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE L’ART FRANÇAIS

qui elle a pu être portée. Lons-le-Saulnier a exposé quelques objets curieux, entre autres une plaque ajourée dont on ignore la destination, recueillis dans les tumulus de la lorêt de Moidons Jura). Ces tumulus, dont le mobilier appartient à l'époque dite hallstattienne^ font partie d'un groupe considérable de sépultures qui s'étend sur l est de la France, notamment dans la Côte-d'Or, le Jura, le Doubs et l'Alsace, et se prolonge très loin vers la Bavière, la Basse-Autriche et la Bosnie. Dans le centre, le nord et 1 ouest de la France, cette civilisation a laissé bien peu de traces, et rien ne prouve qu'on ait le droit de la qualifier de celtique ou de gauloise. 11 n'en est pas de même de celle qui lui fait suite, le Marnien des archéologues français, le La Tène des archéologues suisses et allemands. Ici, 1 on est en plein âge du fer gaulois et, bien que les sépultures ne renterment pas encore de monnaies indigènes, les parures de bronze témoignent d'un goût particulier qui est bien celui des Celtes de l'histoire. Ainsi, pour ne citer qu'un seul lait, l'emploi du corail comme décoration, si fréquent à cette époque, est formellement attesté par Pline l'ancien comme un des caractères de l'ancienne industrie de la Gaule. Ce corail venait des environs des îles d'Hyères, les Stœcliades des anciens; lorsqu'il se lit rare, parce que le commerce grec l'accaparait pour le transporter à Alexandrie, d'où on l'envoyait en Inde, les Gaulois substituèrent, dans la décoration des objets métalliques, l'émail rouge au corail. A l'époque de la conquête de César, l'émaillerie gauloise est florissante, mais l’on ne trouve plus d'armes ni d'objets de parure ornés de cabochons de corail.

Cette civilisation gauloise des environs de l'an 400 av. J.-C., que j'ai proposé ailleurs d'appeler l'époque du corail L nous est surtout connue par les vastes nécropoles de la Champagne; elle s'est étendue, de proche en proche, sur une bonne partie de l'Europe accidentale, l'Angleterre, la haute Italie, l'Allemagne, la Bohême, les pays à l'est de l’Adriatique, partout enfin où les Gaulois ont pénétré et se sont établis au cours de leurs grandes expéditions. Si l'on excepte le musée de Saint-Germain, la plus riche collection française d'objets de cette époque est celle de M. Morel, à Reims. Il a prêté à l'Exposition des ornements ajourés en bronze, d'un goût très délicat, des boucles d'oreilles en or. une bossette et des colliers en corail, des fibules ornées de boutons de corail, etc. A la même période de notre histoire appartient sans doute un beau collier à fermoir en or, prêté par le musée de Toulouse, qui possède les riches 1. Revue celtique, 1890, p. 12-29, 117-131.

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EXPOSITION UNIVEUSEI.L1-: l'I -iioo

trouvailles de Fenouillet (.84.1 et de Lasgraïsses (.885.'. Autrefois, on s'imaginait que les objets en or découverts en Gaule y avaient etc importés d’Italie; on allait même jusqu'il nier 1 existence d une inc Usine d'art en pays celtique. Ce sont là des erreurs auxquelles tous les archéologues ont renoncé. Depuis l'époque des dolmens, on a travaillé I or en Gaule, qui produisait ce métal en abondance, et on 1 a décore dans un goût original et sobre qui n'est ni celui des étrusques ni celui des Grecs.

Le siècle qui vit Ici conquête romaine n est guéic i epi éscntè nu Petit Palais, le musée d'Autun n ayant pas exposé les produits des touilles de Bibracte (le Mont-Beuvray). En revanche, il y a d’intéressants monuments des premiers temps de la domination tomainc. Lettc domination n'étouffa nullement le génie propre des peuples celtiques: Rome leur fit connaître ses modèles, qui étaient ceux de 1 ait gi éco-i omnin. mai* ils s en inspirèrent à leur façon et différemment dans des régions diltérentes. La Gaule romaine a possédé des écoles de sculpture et d art industriel dont les domaines ne sont pas encore nettement définis, mais dont l'existence et la diversité sont incontestables. Bien entendu, sur tous les points du territoire, on trouve, à côté d œuvres où se reflète le tempérament régional, des objets importés et des copies plu* ou moins habiles des modèles gréco-romains: il n'en reste pas moins que le fond de la production artistique et industrielle de la Gaule pendant les quatre siècles de la domination romaine conserve un cachet bien individuel, un goût de terroir.

Le public se presse avec curiosité autour d’une statue haute de plus de deux mètres, en arkose — sable granitique cimenté par de la silice — quia été découverte à Lezoux (Puy-de-Dôme) par feu le \Y Plicquc et appartient aujourd'hui à sa veuve. Il y avait là de vastes ateliers céramiques, dont les débris ont fourni à M. Plicquc une collection singulièrement riche et variée. A l'entrée même de ces ateliers s'élevait la statue de Mercure, dieu protecteur du commerce et des arts. C’est un homme barbu, moustachu, dans une attitude raide et maussade, coiffé d un bonnet a ailerons, tenant un caducée de la main gauche, une bourse énorme longue de om5o — delà main droite abaissée, et accompagné de ses animaux familiers, le coq et le bouc2. Sur sa poitrine est une

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