‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 23 sur 135 · Voir Matériaux pour l’histoire de l’homme, t. XX, p · texte numérisé non relu

Voir Matériaux pour l’histoire de l’homme, t. XX, p

2. Voir Héron de Villefosse, Bulletin du Comité , 1891, pi. >5 et p. 3q3. Le caducée et diverses parties du bas de la statue sont des restaurations, d’ailleurs très bien faites.

L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE L'ART FRANÇAIS

Si

plaque portant une inscription latine : Mercurio et Augusto sacrum. Evidemment, le tailleur de pierres gaulois qui a fabriqué cette étrange idole avait vu des statues romaines représentant Mercure, le jeune dieu élégant, messager des Immortels et complaisant de leurs galantes aventures; mais ses clients n'avaient que faire de ce Mercure-là; il leur fallait le leur, conforme à une pensée religieuse plus grave, qui consentait à emprunter aux dieux romains leurs attributs et même leurs noms, pourvu que les dieux gaulois gardassent leur physionomie propre, sérieuse et rébarbative.

Sans l'inscription, où la dédicace Augusto ne laisse aucun doute, on eût volontiers attribué le colosse de Lezoux à la Gaule celtique; en réalité, il date des environs de l'an ioo après notre ère, alors que la Gaule était romaine depuis un siècle et demi, mais n'en demeurait pas moins tort indépendante d'idées et d'allures, surtout dans les classes populaires et laborieuses ot'i se recrutaient les céramistes de Lezoux.

Les statuettes de bronze découvertes dans la Gaule romaine sont extrêmement nombreuses et peuvent se répartir en deux groupes. Les unes sont des imitations d œuvres grecques ou des œuvres grecques importées, objets de luxe recherchés par les

MK RCC RE ET 11 A CCH LS.

possesseurs de riches villas; les autres, bien que toujours inspirées de modèles gréco-

I Musée de Péroimc.)

romains, sont comme des traductions d idées grecques en langue celtique, ou des expressions d idées celtiques a laide du vocabulaire de l'art gréco-romain.

A la première série appartiennent des chets-d œuvre comme le Mercure du musée de Rennes, dont la tête line reproduit les traits de l'empereur Auguste r, la jolie statuette d'Hypnos du musée de Péronne

i. Gabelle archéologique, 1 87 3 , pl. 36.

(découverte à Étaples) la Vénus Anadyomène du musée de Chambéry2, et surtout le beau groupe de Mercure poitant 1 enlunt bacchus qui, exhumé à Roye, est aujourd'hui l'orgueil du musée de Péronne \ Le motif rappelle celui de l'Hermès de Praxitèle, mais le style est tout autre et paraît remonter à un original grec plus ancien. Le travail en est d'une suprême élégance, la patine merveilleuse. Je citerai encore le petit

OR N KM K NT DE CHAR (Musée de Toulouse.)

cheval d Aubiac (Lot-et-Garonne), dont le type ressemble singulièrement a celui des che\ aux de Phidias, et non aux modèles hellénistiques ou romains >, et un admirable ornement de char prêté par le musée de Toulouse, représentant un cavalier oriental attaqué par une lionne 5. Ce beau morceau a été découvert à Fa (Haute-Garonne), localité dont le nom (fianum) indique l’existence d’un ancien temple et où l'on a exhumé,

Page 1