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LES BRONZES

Quand on a tant soit peu parcouru les inventaires que nous a laissés le Moyen âge, quand on songe, d'autre part, à ce que dut être nécessairement l'abondance des ouvrages de cuivre et de bronze aux siècles passés, l'on peut tout d'ah< >rd s'étonner de constater combien mince est le nombre de ceux qui sont arrivés jusqu'à nous. La raison de la perte des objets exécutés en vil métal est.

dans un sens inverse, analogue à celle qui lit disparaître les objets de métal précieux : les premiers étaient trop communs, trop négligeables, pour que 1 on prit soin de leur conscr- ^ cr loi me dés que. par suite d un long usage, ils commençaient a ne plus rendre les services que l'on réclamait d eux ; les seconds étaient trop précieux pour que l'on ne songeât pas tout naturellement, dans les cas de pénurie, à en tirer un prolit immédiat et à les monnayer. Pour les uns comme pour les autres, le résultat fut souvent identique, et nous devons même reconnaître que, au point de vue de 1 histoire générale des mœurs et des conditions de l'existence de nos peres, plus grand est le dommage résultant de la perte de ces pièces secondaires, de ces objets usuels, qui nous font pénétrer intimement dans la vie journalière et familière des temps passés, que de celle des objets de luxe, qui, par la valeur intrinsèque de la matière employée,

restaient forcément le privilège d'une classe moins nombreuse de la société.

Il ne faut donc pas être trop surpris que la totalité des pièces de

j10nZe U M°yCn îlge réunics Jans le Petit Palais, des pièces de dinan- P°Ur emPloyer un terme consacré et commode, encore que

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peu justifié, — ne puisse guère excéder la capacité d'une seule et unique vitrine. Il est vrai que leur qualité est une compensation à leur petit nombre, et qu'elles suffisent amplement à donner une idée fort complète des diverses natures d’objets auxquels le bronze fournit sa matière et des diverses formes que le fondeur leur fit revêtir.

COQtKMAR (xil” SIÈCLE

(Appartient ;i M. Martin Le Roy.)

Depuis que ces honnêtes et modestes représentants des arts mineurs, autrefois dédaignés, ont été appréciés à leur réelle valeur, quelquefois même au delà de leur valeur, d'habiles industriels ont trop souvent pris un soin aussi lucratif qu'indélicat de répondre aux demandes des amateurs et de satisfaire leurs convoitises ; aussi une certaine école d'archéologues, peut-être trop avisés, en est-elle arrivée, par un abus de louable scrupule, à laisser s'éveiller certains doutes et se manifester certaines réserves à l'égard de toute une catégorie de produits, même des plus sainement authentiques. La méfiance est, à coup sûr, une des

premières vertus de l'archéologue, mais n'oublions pas non plus que la méfiance a, elle aussi, ses dupes et que c'est aussi peu taire œuvre de critique judicieuse de trop rejeter que de trop retenir.

L’ordre chronologique nous amène à commencer cette revue des bronzes du Moyen âge par l'un des objets les plus justement célèbres, le plus précieux sans nul doute de ceux qui sont restés en France, un vénérable récidiviste des expositions rétrospectives : le fragment du pied du chandelier à sept branches qui, de l’église Saint-Remi de Reims, est passé dans le musée de cette ville. Sa connaissance n'est plus à faire et il n'y a pas lieu de le présenter ici. Fn faisant, à l'aide des deux morceaux subsistants, ce que faisait Cuvier avec une dent d'un mégathérium, nous pouvons arriver à cette conclusion que le chandelier de Reims ne devait guère le céder à celui de la cathédrale de Milan. Nous ne redirons pas ce que l'on a si souvent répété sur l'admirable architecture du meuble en lui-même, sur le puissant effet décoratif de ses entrelacs nerveux, au milieu desquels se jouent de petits personnages moitié hommes, moitié bêtes, qui se chevauchent et se culbutent, de ces dragons qui s'avalent et se vomissent : nous voulons simplement insister ici sur ce fait: qu'un art et un métier arrivés à pioduireun morceau de cette qualité, de cette ampleur, et dont l'exécution présente des difficultés qui aujourd’hui encore pourraient effrayer nos fondeurs, n'étaient assurément pas à leurs débuts, qu'ils avaient franchi la période des premiers tâtonnements, qu'ils étaient, dès le xu siecle, en pleine possession d’eux- mêmes. Quant aux éléments décoratifs qui entrent dans la composition, éléments qui se retrouvent, d autre part, dans bon nombre de sculptures romanes, c’est du côté de l Onent qu'il faut les aller chercher. Ce caractère oriental s’affirme ai cuis dans la piesque totalité des pièces de bronze que l'on peut attribuer à la même époque, et nous pensons qu’un jour viendra où 1 audra fatre, dans le dénombrement des influences orientales, une part plus considérable que l’on n’es, généralement tenté de le croire à apport de 1 Orient lointain. Peut-être s’expliquera-t-on alors par suite

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es pas à une inspiration occidentale qu’il faut attribuer

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ce curieux chandelier, appartenant aujourd’hui à M. le baron Oppenheim. que A iollet-le-Duc a dessiné autrefois quand il faisait partie de la collection Dugué, et qu'il faut rapprocher de cet autre qui, de la collection Spitzer, est entré au musée de Clunv. Sur un animal fantastique, sorte de tarasque à corps d'oiseau et cou de serpent, est monté un petit personnage qui soutient une branche végétale, se redressant en fusée et s'épanouissant en bobèche. Sans aller demandera la mythologie Scandinave et à la légende du loup Fenris le sujet des flambeaux de ce genre et d'autres plus nombreux exécutés vers les xi° et xuc siècles en Occident et qui nous montrent un homme assis sur le dos d'un monstre, il peut paraître plus naturel de penser que les hommes de l'époque romane ont tout bonnement prétendu voir dans cette représentation l'épisode de Samson aux prises avec le lion. M. le baron Oppenheim et M. Martin Le Roy ont exposé deux beaux flambeaux de ce type, qui ne nous paraissent pas devoir être descendus plus bas que le début du xue siècle. L'un et l'autre ont gardé de nombreuses traces de dorure. Ici le lion porte la tête droite, et le personnage, une jambe relevée sur le dos de la bête, supporte de la main la bobèche munie d’une pointe pour planter la bougie de cire. Trois autres flambeaux de moindre dimension, appartenant au M usée des antiquités de Rouen et aux collections Salting et Goldschmidt, nous fournissent une variété de cette forme : le lion tourne la tète vers le cavalier, qui, d'une main, lui relève le mufle, et, de l'autre, lui saisit la langue. Le style de l'ensemble est tout roman, et n'était, chez les uns comme chez les autres, l'ouverture en forme de fenestrage gothique qui perce la douille destinée à recevoir la bougie, on serait tout naturellement tenté d'en rapporter l'exécution au xii° siècle ; nous ne pensons pas qu'on puisse la faire remonter plus haut que le xine ou même le xivc siècle. Cet exemple montre quelle circonspection s'impose quand il s'agit de dater certaines pièces de dinanderie; les moules se conservaient et continuaient à servir à la fonte de pièces nouvelles rajeunies seulement pour satisfaire au besoin du jour. Quand on avait reconnu qu'il était plus pratique d'insérer une bougie de cire dans un godet de métal que delà ficher sur une pointe acérée, on s'était contenté de faire subir au modèle du xu° siècle cette légère modification, pour rendre l’objet d'un usage plus commode.

C'est dans la légende d’Alexandre le Grand qu'il faut chercher le sujet d'un très curieux fragment de chandelier qu'expose M. Goldschmidt.

Triangulaire, il présente sur chacune de ses faces un petit personnage escorté de deux animaux ailés, aigles, griffons, dragons. Durand a, des premiers, signalé sur un bas-relief de Saint-Marc de Venise la représentation de cet épisode de la vie fabuleuse du roi de Macédoine, qu'il résume ainsi : « Alexandre, vainqueur des Romains, etc., et ne sachant plus quelle région conquérir, veut s’emparer des deux et de la mer, ne fut-ce que du regard. Pour accomplir son excursion aérienne, il invente un véhicule dont fauteur de ['Orlando furioso ou celui du Voyage dans la lune pourrait revendiquer l'ingénieuse idée. Il fait amener deux énormes oiseaux, si vigoureux et si tiers qu ils ne s entuirent point devant un homme, et les enferme pendant trois jours sans leur donner de nourriture. Au bout de ce temps, il leur adapte au cou une planche qui leur sert de joug, s'v assied, et élève au-dessus de sa tète sa lance longue d une coudée, au fer de laquelle est attaché le toie d'un animal. Les oiseaux affamés cherchent à saisir cette proie et emportent avec eux Alexandre à travers l'espace. » C'est cette ascension que nous montre ce petit monument du xn‘ siècle, et cette représentation, pour être peu fréquente, n'est pas un fait isolé : le même sujet se rencontre encore, fort dénaturé, il est vrai, sur certaines sculptures romanes, et M. Barbier de Montault a relevé dans un inventaire de la cathédrale d’Anagni la mention dune dalmatique où était tissée : « instoria Alcxandri elevati per grifos in aerem ».

Avant de quitter l’époque romane, nous signalerons encore une petite série de mufles d’animaux tenant ou qui tenaient autrefois dans leur gueule des anneaux de portes, et provenant de la cathédrale du Puy, de 1 église de Brioude et de 1 église de Bourbourg (Nord); la clochette ajourée du grand séminaire de Reims, si fréquemment reproduite parle moulage ou la tonte ; enfin, la base d'un pied de chandelier, appartenant à M. Bardac, formé de trois anges accroupis et adossés, aux ailes éployées et jointives, suivant une disposition que montre un chandelier contemporain conservé à la cathédrale de Lyon.

De tous les objets de bronze que nous a laissés le Moyen âge, les plus variés sont assurément ces objets dusage civil, aquamaniles, aiguières, coquemars, dans 1 exécution desquels les dinandiers, fondeurs . batteurs de cui\ic, ont pu le plus librement exercer leur verve invente. Le rèDne animal et 1 espèce humaine, bêtes et gens, leur ont fourni népuisable mine, et, indépendamment de ce que nous voyons au

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Petit Palais, nous sommes renseignés à cet égard par les inventaires dans lesquels nous trouvons des mentions comme celles-ci : une aiguière d'un homme séant sur un demi-coq, à une tête d'évêque; une aiguière

AQUAMANILE ( X V c SIÈCLE) (Appartient à M. Cliabriôres- Arles.)

faite en guise d'une pie ; d'autres en manière d un coq, d un lion, d un aigle, etc. La pièce d'un style si ferme qui vient de la collection Spitzer et que possède actuellement M. Martin Le Roy nous paraît proche parente du demi-coq à tète d'évêque, et je ne sais trop s’il faut voir dans cette figure de sexe douteux, dont les cheveux forment bourrelet a la base du crâne, l'image d'une sirène, comme on l a pensé, ou celle de quelque moine absorbé dans la grave occupation de humer le piot.

EXPOSITION Lî N I \ E R S E L L h DE i Qoo

A un art de tout point analogue appartient une autre pièce de la collection Chabrières-Arlès, qui affecte la forme d'un oiseau appuyé en avant sur ses deux pattes et soutenu en arrière par l'extrémité de ses ailes tombantes. De la même ménagerie que les lions des chandeliers que nous avons déjà rencontrés provient cette grosse et vilaine bête montée sur ses quatre pattes, de la bouche de laquelle sort une grenouille en façon de tubulure, et qui porte sur son dos un personnage que nous pensons être une femme, bien qu'il ait vraiment peu ligure humaine. Quand à cette lionne à l'air jovial qui, assise sur son train de derrière, se laisse bonnassement sucer les seins par deux dragons, on peut hésiter à y voir une aiguière, car, dans ce cas, il faudrait admettre que le liquide s'y devait introduire par l'une des oreilles à l'aide d'un entonnoir, poursortir ensuite par les deux narines, ce qui est peu conforme aux usages. Ces deux pièces appartiennent au baron Oppenhcim. Si, dans cette même suite d'objets, l'on peut encore inscrire au xn° siècle le beau lion à la crinière auréolée autour d'un mufle puissant, appartenant à M. Martin Le Roy, et qui fait songer à l'Orient, nous ne pensons pas qu’il faille faire remonter plus haut que le xm ou peut-être même le xiv° siècle deux autres lions appartenant à M. Cardon, sur le dos desquels s’arquent deux dragons ou basilics en guise d'anses.

Le costume du cavalier de la collection Martin Le Rov. dans le harnachement duquel se voit le mélange des plates et de la chemise de mailles, dénote la fin du xiiic siècle. Il tient d'une main l'épée large, bien caractéristique, et, de l'autre, l'écu en pointe, relevé en son centre d un umbo saillant. Le heaume, qui s'ouvrait à charnière et formait le couvercle de 1 aiguière, a malheureusement disparu. Il en est de même d une autre pièce, d une époque un peu postérieure, appartenant à M. Bardac : ici le cavalier porte la longue cotte d'armes flottante, des gants a manchettes et des poulaines qui ne peuvent plus guère appartenir au xme siècle.

D une superbe allure, très crâne sur sa monture dont les reins se cambrent, est le cavalier armé de pied en cap, la tête disparaissant totalement sous le heaume à haut cimier, qui appartient au baron Oppcnheim. Malgré 1 incertitude du modelé, malgré la flagrante incorrection des tonnes, 1 on sent que le dinandier de 1 époque des premiers Valois, qui n était ceites pas un sculpteur, a cherché à donner à son personnage un haut et puissant caiactère, et 1 on doit reconnaître qu'avec des erreurs

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dont certaines servent à accuser ses intentions, il y est pleinement arrivé. Tout autre est l'impression que nous apporte un second cheval de bronze, appartenant à M. Chabrières-Arlès. Est-ce un homme qu’il faut voir en ce personnage coiffé d'un petit calot et dont les cheveux longs pendent sur son cou, entremêlés de bandelettes? Serait-ce une femme que nous voyons ainsi vêtue de fer sous sa cotte flottante, les pieds chaussés de

SAINT II U UE H T (XY* SIÈCLIî) (Appartient au baron Seliickler.)

poulaines armées d’éperons, l'épée au côté, le faucon au poing, et plantée à califourchon sur un haut cheval ? Dans l'incertitude où il nous faut rester, admettons que c'est un page, et admirons sa jeune, Itère et hautaine allure.

De la même collection, c'est plutôt une fontaine de table qu'un aquamanile proprement dit, ce petit groupe qui nous montre la jeune maîtresse d'Alexandre assise sur le dos d'Aristote, chevauchant à quatre pattes. L'histoire est trop présente à tous les souvenirs, elle a trop souvent servi de sujet à la sculpture, à la dinanderie aussi — car la collection

Spit/cr possédait un groupe analogue, également du xiV siècle. - pour que nous la rappelions une lois encore. Peut-être est-il regrettable que ce thème ne soit pas repris par la chaudronnerie contemporaine : ce

serait là un joli et instructif cadeau à faire à un mari.

Enfin, l'on a cru reconnaître Louis Xï dans une petite ligure de saint Hubert, agenouillé devant le cerf que protège la croix, appartenant au baron Schickler. J’ignore d'où vient la tradition et si elle est ancienne; quoi qu'il en soit, il semble certain qu'il s'agit ici d'un ex-voto, exécute peut-être à la ressemblance du donateur, mais il napparait pas que cette ressemblance doive de prime abord évoquer le nom du roi fils de Charles VII.

Bien qu'elles appartiennent à la lin du x 1 11e siècle, et que 1 ordre chronologique eût dù les faire appeler plus tôt, nous avons cru devoir réserver une mention spéciale à deux petites ligures d anges debout et drapées dans de longues robes, qui font partie de la collection du marquis de Yogüè; nous croyons en elfet qu'il faut ranger ces deux curieuses pièces defonte de cuivre plutôt parmi les oeuvres des orfèvres que parmi les travaux des dinandiers. Ces deux ligures, qui se font pendant, durent primitivement être dorées. Elles étendent les mains en sens inverse, et ces mains sont percées de trous pour l'insertion d'une goupille destinée à maintenir quelque chose qui a disparu. Nous serions disposé à croire qu'elles soutenaient quelque reliquaire d'un tvpe peut-être analogue à celui de 1 église de Jaucourt (Aube), qui se voit au Petit Palais, et qui nous montre deux anges agenouillés présentant un tableau rectangulaire d orfèvrerie au centre duquel est insérée une relique.

A côté de ces séduisants objets en laiton, consacrés à l'usage journalier et familier, 1 Exposition a encore réuni une curieuse série de pièces dont 1 usage devait être non moins fréquent, et que nous pourrions appeier d ordre administratif. Le Moyen âge, qui avait su, en toutes circonstances, si admirablement appliquer la matière à la forme et la forme à la destination, nous a laissé un certain nombre de mesures de capacité en bion/.e, de modules divers et de décors variés, qui pourraient nous faire regretter l introduction du système métrique dans l'administiation des poids et mesures. Le minot du musée de Chartres, en forme de cylindre bas, cerclé d'une inscription en lettres onciales, qui nous ^ourn't date de 1283, les mesures des xtVc et xvc siècles du musée de Saint-Raymond, à Toulouse, ce boisseau étalon de la ville de Bolbec,

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au musée de Rouen, cette mesure de Conques, datée de i 5qo, au musée de Rodez, cette pinte aux armes d'Anjou, cette autre mesure aux armes de la ville de Chemillé, datée de 1607, toutes deux au musée Saint-Jean, à Angers, et d’autres encore nous offrent quelques exemples de l’extrême variété des formes que revêtaient ces ustensiles communs, et expliquent combien devaient être difficiles les comptes et litigieuses les transactions

VERTU M N K ; X V I * SI K C L. K (Musée de Châlons-sur-Marne.)

quand il s'agissait d’établir des équivalences de mesures entre Chartres et Conques, Angers et Toulouse.

L’on sait quelle est, en France, la rareté des grands monuments de bronze antérieurs au xvne siècle. Tous les tombeaux de métal que possédait l'église de Saint-Denis — et il y en avait sept du x 1 1 1 e au xvi° siècle — ont disparu, comme le monument de la Pucelle élevé à Orléans en iq.58, et brisé en 1 567 par les protestants, comme le tombeau de Louis de Male à Notre-Dame de la Treille, à Lille, comme celui de Louis XI dans l’église Notre-Dame de Cléry, et comme tant d’autres. Un certain

nombre de lutrins qui ont survécu peuvent comptct paimi les plus randes pièces de fonte arrivées jusqu'à nous. Un aigle, les ailes dé-

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ployées, formant le pupitre sur lequel s’ouvrent les livres de chœur, en constitue l’élément essentiel : celui de l'église Sainte-Catherine de Honneur, du xv° siècle, est porté sur une simple tige annelée, montée sur pied hexagonal; celui de Rosnay (Aube) a deux pupitres; la date de 1 65 1 , qui se lit sur l'un d’eux, doit se référer à un don postérieur à l'exécution de l’objet; dont la mouluration accuse la tin du xv° siècle ; les volutes et les acanthes de cet autre, venant de l'église Notre-Dame de Poitiers, ne le font pas remonter plus haut que le commencement du xvne siècle ; enfin, une inscription, gravée sur celui de l'église de Caudebec-en-Caux, le plus grand des quatre, dont l'aigle est porté sur une base quadrangulaire. cantonnée de quatre ligures de chérubins, confie à la postérité que ce monument a été donné en 1 (556 par « Catherine Cavclet au ciel née et chérie ».

Outre un fort beau sphinx accroupi, à tète féminine, appartenant au musée d’Aix, et qui devait, sans nul doute, faire partie d'une décoration architecturale sur le seuil de quelque porte ou au départ de quelque escalier; outre une curieuse statuette de divinité, Vertumne, semble-t-il, a en croire la corne de fruits que tient une de ses mains, trouvée en 1881 dans des fouilles pratiquées au camp de Châlons, actuellement au musée de cette ville et que sa belle patine avait [ni tout d abord faire prendre pour une œuvre antique ; outre une amusante série de petites statuettes anecdotiques et familières, une Venus à sa toilette, une J c'mis peignant ses cheveux, à AI. Mannheim ; une jeune femme soutenant un entant dans 1 occupation du Manneken-Pis, à M. Haxiland; un petit arquebusier, costumé à la mode de Henri III, a AI. Ihévalt, le x\T siècle est représenté par deux grands noms: Jean Bologne et Cet main Pilon. Du premier, M. Porgès présente deux tort belles épreuves du Centaure combattant le Lapithe et d 'Hercule tu l assant le tain eau ; les collections de 1 Etat ont prêté une importante suite de pièces qui, à vrai dire, n'ont pas toutes été fondues au xvic siècle : pollon, Hei cille domptant un cerf, Dèjanire et le centaure Nessus , ercule et le sanglier d’Érymanthe, L’Enlèvement de Dèjanire , qui, pour a plupart, ont dû être exécutées au xviE siècle, pour la décoration es resi ences royales. Du second, l’évêché d’Orléans a envoyé l'admie uste e Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans et garde des sceaux

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en 1 568 , qui décorait autrefois son tombeau dans b église des Franciscains de Blois. C'est un morceau d'une intensité extrême, dans sa précision aiguë et un peu sèche, et qui ne le cède guère aux bustes des derniers Valois et à la statue de Birague, le chef-d’œuvre du maître.

J : A N DE MORVILI.IBRS, ÉVKQl'K û' ORl.K A S S. PAR GERMAIN P 1 1. O N

(Kvcvlic d’Orléans.)

Nous entrons dans le xvnL‘ siècle avec un beau buste d'homme barbu de Guillaume Dupré, de la collection de M. Maurice Kann, avec une réduction de la statue équestre de Henri IV, par le même artiste, qui s'élevait autrefois sur le terre-plein du Pont-Neuf, appartenant au musée de Dijon, et avec aussi deux petites statuettes prêtées par MM. Taigny et Ch. Mannheim : une laitière occupée à traire une vache, et une ser-

exposition universelle DE .900

v-mte revenant du marché, dans le costume de I époque Louis XIII. Varia et son buste de Richelieu, de la Bibliothèque Mazarme; Michel An°uier et une belle Amphitrite, au baron de Schlicht.ng; Coy/cvox, avec deux grands groupes de la collection du baron Gustave de Rothschild • Jupiter et Junon assis sur le globe terrestre pose sur des rochers que soutiennent trois Titans vaincus, et dont la destination première paraît avoir été de servir de chenets, nous conduisent à la fin du xvib siècle. Enfin, pour le xvm' siècle, nous nous bornerons à citer une belle réduction de la statue de Louis XV, par J.-B. Lemoyne, élevée en 1743 par la ville de Bordeaux, et un buste élégant du même prince et du même artiste, appartenant à M. Rodolphe Kami.

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