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signalions plus haut. Mentionnons, enfin, avant de quitter la période eui olingiennc et sans parler des peignes liturgiques de saint Gauzclin et de saint Loup, conservés dans les trésors des cathédrales de Nancy et de Sens, la curieuse plaque du musée de Rouen, dans laquelle on peut icconnaîtie 1 ange apparaissant à Joseph couché sur son lit.
Lien téméraire serait qui oserait affirmer et bien habile surtout qui pourrait prouver 1 origine certaine des oliphants; sont-ils orientaux, ou byzantins imités de modèles orientaux, ou encore occidentaux reproduisant des prototypes orientaux ou byzantins? C'est la question qui se pose pour la plupart d'entre eux. On sait le rôle que leur lit fréquemment jouer le Moyen âge; ifs servirent souvent de récipients pour le
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transport des reliques, et cela explique pourquoi plusieurs d'entre eux passai eut pai des cathédrales avant d entrer dans des musées. Les antilopes qui se grattent l'oreille avec leur patte de derrière, sur l’oliphant de \ al mont, au Musée des antiquités de la Seine- Inférieure; le chameau de I oliphant du musée Saint-Jean à Angers, ne peuvent venir que d Orient ; mais en sont-ils venus sans étapes, ou se sont-ils arrêtés à Constantinople, comme paraissent avoir fait les lions et les oiseaux et les autres sujets de ménagerie plus ou moins fantastique des oliphants de Saint-Sernin de 1 oulouse, des musées de Clermont et du Lux ? L incertitude de leur origine peut permettre quelque hésitation sur la date qui leur doit être assignée : mais on ne s'éloignera guère de la vérité, semble-t-il, en la circonscrivant entre la lin du x° et le commencement du xuc siècle.
Quelle était la destination de ce curieux petit cavalier en os de morse ou de baleine qui fait partie de la collection de M. Albert Maignan ? Coiffé de la calotte de mailles, vêtu de mailles également, bécu décoré
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EXPOSITION UNIVERSELLE de tcjoo
de trois disques étoilés couvrant le bras gauche, il nous paraît avoir, cn son costume, quelque similitude avec les guerriers dont la théorie se déroule sur la tapisserie de Baveux, et qui n'est pas antérieure au \i1' siècle. On a pensé en laine un pion dechiquiei, mais la giandcut peu commune de l'échiquier qu'eût nécessité une pareille cavalerie rend peu soutenable cette hypothèse, toute séduisante quelle soit au premier
abord.
Avec la belle plaque appartenant à M. Campe, qui la tient de la collection Spitzer, nous sommes en pleine époque romane : la main droite haute, bénissant à la latine, les pieds reposant sur un coussin, le Christ est assis de face, au centre d'une gloire elliptique en forme de resica piscis ; cet excellent morceau paraît descendu du tympan d une porte de cathédrale; la bordure de bois peint simulant un travail d’orfèvrerie qui lui sert de cadre donne à penser qu'il a du concourir a la décoration d'un coffret ou d une chasse. I, on remarquera que les yeux sont formés de deux perles de verre noir, suivant une pratique qui a peu duré et dont deux petites figures de saint Jean et de la Vierge, d'un fort beau caractère, appartenant au musée de Saint-Omer, nous fournissent un second exemple de la même époque.
Encore romane par son galbe général, il faut pourtant reporter aux débuts de l'époque gothique, à la lin du xiC siècle, la Vierge dite de Boubon, dont l’Exposition a réuni les deux parties, appartenant a MM. Saill y et Lavergne. S’ouvrant par deux volets, comme un triptyque, elle nous montre plusieurs scènes de la vie du Christ où l'on sent que la sculpture d'ivoire, suivant l'évolution de la statuaire de pierre, a rompu avec les formes du passé.
Une vitrine a encore réuni pour six mois deux petites figures depuis longtemps dissociées qui, après l'Exposition, reprendront chacune le chemin des collections qui s en sont momentanément privées : line \ ierge, appartenant a M. Garnier, et un ange, appartenant à M. Chalandon, ont pu ainsi reconstituer la scène de l'Annonciation. Nous n hésitons pas a dire que ce groupe est à nos yeux un des plus précieux de 1 Exposition. Il appartient aux plus excellentes traditions du xiiie siècle : la \ ieige est bien proche parente de celle qui fait partie de I inestimable &ioupe de la Descente de Croix, au Louvre, et l'ange a toute l'ampleur, en ses dimensions restreintes, des statues monumentales qui garnissent le poitail de telle cathédrale, et plus particulièrement de celle de Reims.
L’KX POSITION RÉTROSPECTIVE DE L’ART FRANÇAIS
Entie les ti ois Vierges assises et portant l'Enfant, de lcglise de \ '^eneu'1 e-lez-Avignon, et des collections Oppenheim et Martin Le Rov, toutes trois contemporaines et de la fin du xiuc siècle, le critique chargé de porter un jugement pourrait se prendre de la même hésitation que le berger troyen, et peut-être finiraitil, pour se tirer d'affaire, par laisser la pomme à celle qui l'a déjà, à la troisième. L'est la même grâce, ce sont les mêmes mains effilées, les mêmes sourires, déjà le même maniérisme aussi ; nous nous trouvons là en présence d'un art raffiné et précieux, qui ne suit peut-être pas tout à fait la marche de la grande statuaire monumentale contemporaine et qui commence déjà à s’adresseràune élite, aux pri vilégiésen situation de devenir les heureux possesseurs de ces précieuses et coûteuses images. A côté de ces trois pièces capitales, les autres — et elles sont nombreuses — des xivc et xvc siècles qu'a réunies une même vitrine, pâlissent un peu, bien qu'elles eussent pu faire la gloire d'autres expositions, et nous nous contenterons de citer, à divers titres, celle de M. Boy, qui, suivant un geste peu commun, porte sur ses genoux le berceau d'où
s'échappe l’Enfant emmailloté; celle du musée de Rouen, dont la collection Spitzer possédait une réplique; celle de M. Porgès, qui sort de la même collection; un petit groupe enfin, fort gracieux sous scs colorations un peu effacées, qui nous montre sainte Anne portant la V ierge, qui porte elle-même l’Enfant, conformément â un type qui devint fréquent au xv° siècle dans la France du Nord.
LA VIKRCIi ET 1.’ ENFANT, XlVSIÈC. I. K (Collection Martin I.e Roy.)
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La date de i3qo nous est fournie par une inscription gravée le long de la terrasse sur laquelle pose le reliquaire du chef de saint Romain, appartenant à la cathédrale de Rouen. Le reliquaire lui-méme, formé d'une grosse loupe de cristal montée en orfèvrerie, a subi de regrettables restaurations ultérieures; mais cette date peut fort bien être acceptée pour les deux gracieuses ligures d anges qui, debout, le regard au ciel, les ailes éployées, l'encadrent en portant des cierges.
De toutes les séries d'objets qui nous sont parvenus des \ivl et w siècles, la plus abondante est assurément celle des diptyques, triptyques, polyptyques, devant lesquels devaient se faire à domicile les dévotions, comme à l’église elles se faisaient devant les retables. Les sujets qui y sont représentés sont d'ailleurs les mêmes, et c'est généralement, pour l'édification des âmes pieuses, la vie et la pasnon du Christ, plus rarement la vie de la Vierge ou de quelque saint qui en fournissent le thème. Ce qui ressort de la comparaison que leur réunion permet, c'est que ces petites pièces, souvent purs articles de commerce, devaient être faites d'après des patrons qui circulaient dans les ateliers, chaque artisan apportant forcément, à cette heureuse époque où les procédés mécaniques de reproduction étaient ignores, sa part d'invention et d habileté individuelle dans 1 interprétation du modèle donné. C est ainsi, pour ne citer qu'un exemple, que nous voyons les mêmes scènes de la \ ie du Christ se succéder avec les mêmes dispositions et suivant un ordre identique, modifiées seulement dans l'accessoire du détail, sur deux diptyques appartenant au musée de Dijon et à la collection Campe. Mentionner ici tous ceux qui mériteraient de l'être et que I Lxposition doit a AL le baron Oppenheim, AL le comte de Yalcncia. A1M. Cotircau, Boy, Garnier, Bardaé et d autres encore, nous entraînerait au delà des limites permises à celte rapide revue.
L amour est presque 1 unique thème qui a inspiré les ivoiriers dans la décoiation des collrets, boîtes de miroirs, tablettes à écrire, de ces menus et délicats objets d ordre intime, d un usage exclusivement civil et pat tieuhèrement léminin. Pour les hommes des xivc et xv° siècles, Ion au fait des romans de chevalerie, les allusions devaient être des plus elaiies; elles le sont souvent moins pour nous. Nous avons bien reconnu dans un coffret appartenant à Al. Mannheim, frère ou cousin d un autre cotïrct du musée du Louvre, la lamentable et touchante aventure de la châtelaine de Vergy, divisée en une série de petits tableaux
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comme les couplets J une complainte ; dans un boite de miroir de M. Oui don. stn laquelle tin jeune homme et une jeune fille s'absorbent en une paitie de tiic-trac, 1 avant-dernier acte de l'aventure de Huon
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iColkvûun OppcnhUm.;
de Bordeaux, oit se joue la tète de l'un et la vertu de 1 autre ; sur un admirable coffret de M. le baron Oppenheim, le lai d'Aristote, la fontaine de Jouvence, l'homme sauvage, la prise de la Licorne, les prouesses de Lancelot, et l’épisode de J ristan et Yseult surpris a la fontaine par la jalousie du roi .Mark. Mais il nous est plus malaisé d’expliquer le sens et l’enchaînement des laits qui se déroulent tout au
long sur
deux coffrets de MM. Mannheim et Théwalt et qui se retrouvent encore, mais sous un aspect réduit, sur un peigne de M. Salting, une plaque de M. Cottreau et des boîtes à miroirs du musée d'Angers et de la collection Gillot : ce sont, entre un jeune homme et une jeune fl] le. des échanges de caresses, de galantes conversations au cours desquelles certaine couronne de Heurs, que l'on voit plusieurs fois reparaître. semble jouer un rôle qui nous échappe aujourd hui. De tous les sujets dont la galanterie fait les frais, l'un des plus fréquents est encore lassant du château d'Amour. Les boites de miroirs paraissent s'en être fait une spécialité ; toutes ne reproduisent pas la scène au même moment de l'action. C'en est le début, c'est l'attaque que nous montre le miroir de M. Salting : les cavaliers vont donner l'assaut et, sur les créneaux, les défenseurs, des femmes, s'apprêtent à les repousser en leur lançant des Heurs en guise de projectiles; avec les deux excellentes plaques de MM. Garnier et Doistau, nous sommes en plein combat : les assiégées, qui ne demandent qu’à se faire prendre, font voler sur les assiégeants leurs munitions avec une flirta enjouée qui fait songer au jeu moins gracieux des confetti ; enfin, la place est bien prés de se rendre et la victoire d'être gagnée ; la herse est levée, dans le miroir de \1 la marquise Areonati-Yisconti. et l'escalade commence avec la complicité des deux partis ; au sommet, l’Amour triomphant et couronné dirige ses flèches vers des cœurs très disposés à se laisser percer, bout cela est de la grâce la plus charmante et sent le madrigal.
Une mention spéciale, en un ordre d’idées moins mondain, est due a un petit groupe de L’Annonciation , peu connu, et que le musée de Langres a, non sans quelque hésitation, consenti â prêter. Une tradition contre laquelle il n'y a pas lieu de s'inscrire en faux, et que confirme le blason frappé sur l'écrin qui le renferme, veut qu'il ait appartenu â Philippe le Bon, duc de Bourgogne ; la Vierge, debout, reçoit le message de lange qui s agenouille devant elle; les carnations sont au naturel ; les vêtements portent des semis et ortrois d’or et leurs revers sont teintés de bleu. L on remarquera le type très particulier de l’ange, l'acuité des tiaits, la gracilité des formes, 1 anguleuse pratique de l’outil, et aussi, sur le socle, le travail de marqueterie d'os teinté cher aux Italiens, et l'on pouna se demander si Ion ne se trouve pas en présence d'un travail exécuté vers les lrontières sud-est de la France, peut-être au delà, dans Italie du Nord, du côté du Piémont. La même lacture nous semble se
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montiei cncoie dans deux autres monuments, qui présentent entre eux certains caractères communs : le grand triptyque de la légende de sainte Agnès, qui de la collection Spitzcr est passé chez Ai. Campe, et un