I .'ANNONCIATION, XV® S 1 V C T. R (Musée de Langrcs
diptyque appartenant au baron Oppenheim, où se voient, en deux médaillons circulaires à fond bleu, La Crucifixion et La Mise au tombeau. Dans ces deux ouvrages, les groupes de personnages concourant à la scène sont appliqués sur les plaques de fond, et l'emploi de ce procédé très particulier se voit encore sur un petit volet, également à fond bleu, appartenant à Al. Doistau et sur lequel se détachent sainte
EXPOSITION U N I V K R S E I . I . E O F. 19 0 o
Marguerite et saint
Sébastien. Le rapprochement de ces quatre pièces
qua facilité l’Exposition ne laisse pas J'ètre instructii ; il permet de poser, à l’égard de leur commune origine, une question qu'il serait peut-être hasardeux de trancher hâtivement.
Avec une petite figure de sainte Madeleine portant le vase de parfums, gracieuse encore qu'un peu molle, appartenant à M. André, avec deux poires à poudre des musées de Clermont et de Roanne, sur lesquelles on peut s'étonner de voir gravés au trait des sujets aussi peu guerriers que La Conversion de saint Paul et L’Annonciation : avec quelques baisers de paix, le xvr siècle ne nous paraît compter qu’une pièce vraiment digne d'intérêt : le couteau connu de longue date nous le nom de couteau de Diane de Poitiers, bien qu'aucun attribut caractéristique ne permette de justifier cette tradition. Il vient des collections Dubruge-Duménil et Spit/er et appartient aujourd'hui à M. Campe. Un homme barbu, cuirassé et casqué, en ronde-bosse, en forme le manche, tandis que sur la gaine Vénus et l’Amour. Junon et Minerve et une ligure de femme tenant un miroir sont tailles en bas relief. C’est, il faut le reconnaître, aussi incommode que gracieux.
Quelle nationalité doit-on attribuer à l’artisle qui a sculpté un grand groupe de saint Barthélemy écorché par deux bourreaux, qui nous vient du musée d'Albi ? Jacobus Agncsius Calucnsis, sculp. /67>W, telle est la signature gravée à la pointe sur la terrasse du monument. Le saint, attaché a un arbre, se contorsionne et hurle non sans raison, car les deux bourreaux apportent a leur œuvre d'écorchement une conviction peu commune ; le morceau n est pas traité sans crémerie : mais la violence tépandue sur cette scène, la crispation des membres et la grimace des visages nous paraissent un peu répugner à la pondération de noue tempérament national, même dans son expression de l ellort et de la brutalité, et nous ne serions pas éloignés de croire, jusqu'à la détermination certaine de la patrie de fauteur, que le martyr et ses bour-
îeaux n ont peut-êtic pas tous les droits a 1 hospitalité d'une exposition
d art français.
Bien français, au contraire, est le grand Calvaire appartenant à de Me) nard. Le (duist on croix s y voit entre les deux larrons, accompagné de la Vierge, de saint Jean et de la Madeleine; deux petits anges volent appendus au sommet delà composition. Comme un autre sculpteur d ivoires. Villcrme. son contemporain, Simon Jaillot, qui le
L’ EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DH L’ART FRANÇAIS i33
sculpta en 1664, était natif de Saint-Claude, dont la spécialité s'est limitée aujourd'hui à l’art de tourner des pipes. En 1661, Jaillot fut