LA GRH C E EXPIRANTE SUR LES RUINES UE MISS O LONG III, PAR DELACROIX
Musée de Bordeaux. I
la simple nature. C'est encore elle qu'ils retrouvaient là-bas, et comme elle n’était plus, dans la nouveauté et l'imprévu d'apparition où elle s’offrait à eux, la plate et bourgeoise vérité dont leur dédain d’artistes truculents ne s'accommodait pas sur la terre natale, ils se prêtèrent plus docilement à ses bienfaisantes leçons.
Nul ne s’y abandonna plus que Delacroix, et ce « charme des demiteintes molles », ces harmonies enveloppées à la fois et opulentes, nul n’en savoura et n’en exprima mieux la douceur voluptueuse et musicale. Femmes d’Alger dans leur intérieur , prêté par le musée de Montpellier, en pourrait servir de preuve. Analysez ce tableau dans ses éléments constitutifs, depuis l'entrée du rayon de lumière par l’échancrure du lourd rideau que soulève une négresse, jusqu'au fond, où, dans la somnolence de la pièce close, les sonorités s'apaisent et s’endorment, vous aurez l’impression d'une symphonie qui se déroulerait, çà et là égayée de fantaisies capricieuses, dans la logique, le mystère et la splendeur. Et si vous voulez comprendre comment un grand artiste sait varier un même thème, comparez les Femmes d'Alger du musée de Montpellier, qui sont de 1S49, à celles du Louvre qui sont de i83q. ou encore la petite Entrée des Croisés à Constantinople de la collection Moreau-Nélaton au chei-d œuvre définitif du Louvre.
Auprès de Delacroix, les Boulanger, les Devéria, T. Johannot, Arv Scheffer, tous les moyens ou les petits romantiques, mettent surtout en évidence les côtés artificiels de 1 esthétique nouvelle. On a peine à coniptendie aujouid hui que Les Morts vont vite d Arv Schelfer ait pu passer pom un chel-d œuvre... Il n en reste pas moins que. dans la fermentation uni\ e 1 selle de cette époque agitée et confuse, mais sincèrement épi ise d idée, de poésie et d art. sous des dehors souvent factices, les altistes et même les « rapins » — dussent-ils par la suite paraître embarlassés de leur liberté reconquise — collaborèrent à une œuvre d'affranchissement nécessaire et libérèrent l'avenir.
Le dangei de leur lyrisme était de tarir les sources mêmes de fart en le séparant violemment de la vie. Cet état d’enthousiasme dans lequel ils semblaient vouloir maintenir leurs âmes orageuses est, de son essence’ exceptionnel et éphémère ; l’art lui-même ne saurait y "vixie. Après axoii crié avec René, dans la tempête : « Levez-vous, orages désirés! » l’esprit français devait aspirer à de plus paisibles contemplations, et comme, des classiques aux romantiques, il avait toujours été plus ou moins question d’un idéal lointain, il fallut beau- ' uj de temps pour lui faire comprendre combien Gœthe — après