‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 81 sur 135 · IK TIC DK SAINT JEAN -BAPTISTE, PAR M · texte numérisé non relu

IK TIC DK SAINT JEAN -BAPTISTE, PAR M

et, forcés qu’ils étaient de partager leur journée, ils étaient assidus à l'atelier bien plus qu'à l'amphithéâtre.

La manière dont une école se forme est mystérieuse. Tantôt c'est un maître dont les idées s'imposent. Et tantôt c'est un certain esprit qui souffle sur la jeunesse et la pousse à des nouveautés; et celles-ci ne sont souvent que des résultantes. Je crois que c'est à peu près ainsi que nos sculpteurs se sont formés : les professeurs ont été entraînés. Mais eux se sont confinés dans l'étude de la nature. Exempts de tout archaïsme, guidés seulement par leur amour pour la vérité, ils ont travaillé la forme pour elle-même et ils la rendent souvent dans des ouvrages pleins de fraîcheur et conçus sans parti pris. Ce ne sont que des académies, et beaucoup de gens ne voient dans ces nudités qu'une impudeur flagrante et une sorte d’appel à la passion. Nous ne saurions nous associer à ces conclusions. Il nous semble que cette application à s'affranchir de la nécrose inséparable des imitations du passé, que ce travail, si honnête en soi, qui tend à dégager la forme vraie de la forme convenue est une préparation à l'inconnu et fait espérer dans l'avenir. Vienne, à un jour prochain, dans l'ordre des idées ou dans celui des faits, un événement qui imprime aux esprits un ébranlement profond, alors tout ce savoir sincère, tout cet acquis dont on conteste aujourd'hui l'emploi viendra mettre ses ressources au service de l'idée nouvelle. En somme, après s être dépensée de tant de manières, la sculpture, instruite par l'exemple de nos maîtres, ces grands amoureux du vrai, s'est mise simplement à 1 étude, et 1 étude désintéressée accumule des réserves qui ne s'épuisent pas.

Me trompé-je ? Mais la justification de mon espoir, l'Exposition Universelle, me l'a déjà fournie. Les groupes, les statues, les bas-reliefs qui décorent les palais récemment bâtis, sont-ils indignes de notre passé? xMM. Barrias, Frémiet, Marqueste, Coutan, Injalbert, Boucher, Michel, et tant d autres, ont-ils démérité ? Leurs compositions manquent-elles des lignes essentielles ? Leurs personnages sont-ils hors de proportion ? L exécution est-elle heurtée, grossière, insuffisante ? Je ne le trouve pas. Au contraire, ces ouvrages sont bien entendus et d'une bonne tenue; ils sont élégants et traités avec une souplesse et un naturel qui n'enlèvent rien à leur caractère monumental.

Et 1 on nous parle d une décadence ! Mais, en dépit de ceux qui la proclament et s eflorcent de la prêcher d’exemple, je ne la vois pas. En

Page 1