‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 84 sur 135 · L’EXPOSITION G E N T E N N A L E · texte numérisé non relu

L’EXPOSITION G E N T E N N A L E

Vostre, furent gravés en relief sur cuivre, de manière à obtenir des finesses que le buis n'aurait pu fournir. Et, à regarder la Centennale avec quelque attention, on s’aperçoit que les bois de Gauchard, de Rouget, antérieurs à Panncmacker et à Pisan c’est-à-dire à 1860, et les

MOLIÈRE, PAR TONY .1 O II A N N O T IVaDrès la gravure sur bois de H.-D. Porret

bois dont je parle sont datés, au catalogue, de 1 856), sont déjà un acheminement non douteux vers la teinte. La gravure d’interprétation, du reste, — M. Béraldi le constate — se pratiquait trente ans avant Pisan. « Dès le premier jour, écrit-il, où un journal illustré eut besoin de taire reproduire un tableau ou un dessin quelconque, qui n’étaient pas spécialement exécutés en vue de la traduction en fac-similé sur le bois, la gravure en teintes était créée. »

Il est oiseux d’aller contre des nécessités qui Unissent par s'imposer malgré tout. Mais il y a des exagérations qu’il faut éviter. La rivalité entre le bois et la simili-gravure en est une. La simili est un procédé mécanique, très inférieur au point de vue de l’art; à vouloir l imiter, la gravure sur bois perd sa franchise, sa facilité d'impression, elle cesse d’être intelligente dans l'interprétation, pour n'être plus qu’une virtuosité de l’outil, et au point de vue commercial — le seul qu’elle envisage — elle coûte plus cher que la simili. En France, nous avons heureusement renoncé à cette pratique, qui n'a conservé de tenants que dans quelques ateliers où le bois se traite à l'entreprise, je dirais presque au stère. Par contre, il y a un retour prononcé vers la gravure plus allégée, plus franche, coïncidant avec sa rentrée dans le livre. MM. Clément Bellenger, Froment, Florian dans sa seconde manière, Quesnel, Boileau, Fangeval, Martin, Parys, Robert, Tinayre, sans reprendre la facture romantique, entaillent franchement le bois, qui redevient typographique. Des illustrateurs nouveaux, Edmond Morin, puis Vierge, dont « le dessin, dit M. Roger Marx, dans Ylmage, établi avec des tons simples, énergiques et cerné d'un robuste contour, est supérieurement écrit en vue de l'interprétation xylographique », ont réintroduit dans la gravure un fac-similé assoupli, qui n’a plus l'aspect trait de plume ou de pinceau de la vignette de Brévière et de Porret. Vierge a fait surair autour de lui une véritable

école de gravure, dont est sorti notamment M. Fepère.

M. Fepère est le plus réputé de nos graveurs actuels. Sa Cathédrale de Rouen , à la Centcnnale, est une pièce de toute beauté, d'une facture étourdissante et d’une couleur superbe. Mais, en outre, M. Fepère est devenu le dessinateur-graveur du bois, comme d'autres sont devenus les peintres-graveurs de l’eau-forte. Le premier il a fait des « bois originaux », créant une nouvelle manière, dans laquelle son réel tempérament d’artiste l'a fait aisément l'égal des meilleurs illustrateurs, au moins dans la note pittoresque, où il excelle. Son exemple a été suivi par M. Florian (quelques portraits dans la Revue illustrée , le frontispice et les rubriques de L Estampe et l’Affiche , et son œuvre le plus important, les cinquantedeux compositions, pour Pelletan, de Y Almanach du Bibliophile , année 1899), par M. Paillard (une illustration pour Bruges la Morte), par MM. Lucien Pissarro, d’Espagnat, Tony et Jacques Beltrand, Laboureur, Ardail, Perrichon, Colin, et autres graveurs dont on peut voir les planches dans la collection de Ylmage , parue en 1897-1898.

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