‹ Les Beaux-arts et les arts décoratifsChapitre 97 sur 135 · A CONFIANCE E N H I K U , P A U M . S T R I Y S · texte numérisé non relu

A CONFIANCE E N H I K U , P A U M . S T R I Y S

admirées dans son exposition triomphale de l'Kcole des Beaux-Arts; Joseph Stevens, son frère, moins connu chez nous, avec son Chien à la mouche , aux belles pâtes solides et rugueuses comme un Courbet ou un

Decamps, Henri de Braekeleer, élève et pupille de Leys, peintre rare et curieux, qui est suivi, dans une voie identique, par son vieil ami J. Stobbaerts, brave, franc et solide ouvrier, dont les deux toiles : Bou-

E x P 0 S I T ION UNIVERSELLE DE 1900

cherie anversoise et Intérieur de ferme feraient lorgueil d'un musée.

Si nous joignons à ces quelques maîtres importants la belle phalange des paysagistes et animaliers, proches parents des nôtres. Artan et Baron, Verwée. Clays et Courtcns, Hcymans et Verstraete, nous aurons indiqué pour la Belgique ce qu'on pourrait appeler l’art d'hier. Il se relie directement à celui d'aujourd'hui par des continuateurs épris d’un amour aussi ardent des réalités vivantes.

Bien qu’en contact toujours intime avec le milieu français, les peintres belges des dernières générations sont devenus plus flamands peut-être que leurs aînés. Personne n'a fait poindre plus vivement au cœur de ceux qui ont vécu dans ces vieilles et somnolentes cités, au milieu de ces plaines grasses, dans ces petites maisons aux volets peints, aux tuiles d'un rouge tendre, aux pignons dentelés, la nostalgie intense de cette nature tantôt songeuse et mélancolique, tantôt riche et plantureuse. que des maîtres tels que (flans, avec cet imposant Passage des vaches , dans la lumière éparpillée sur les bords ombragés de la Lys, ou bien que Baertsoen, qui a pénétré, avec un rare sentiment exempt de toute manière, soutenu par de solides et précieuses facultés de voyant et d'exécutant, toute la poésie intime et recueillie des vieilles villes flamandes.

Il faut leur joindre M. Gilsoul, peintre sanguin et vigoureux, de robuste santé, au coloris chaud et vibrant, M. Dclvin, avec sa fraîche et joyeuse Matinée d’été, et, à leur suite, M. Buysse Le Sentier de l'église i, qui semble un élève de Clans, M. Bacs {Le Tir à l'arc] ), qui se rattache à M. Frédéric, etc.

Mais, à côté de ce naturalisme viril et convaincu, qui, jusqu'à ce jour, semblait caractériser plus spécialement l'art belge, s'est levé, on peut dire, un souffle nouveau d'idéalisme, qui s'est manifesté, soit proprement sur les choses de la vie, formé comme de l'essence même des réalités, soit dans le domaine plus spécial du rêve.

Le représentant le plus autorisé, on pourrait même dire le plus populaire, de cette forme nouvelle de l'art belge est, sans contredit, M. Constantin Meunier. Par malheur, devant la parcimonie avec laquelle la place a été ménagée à cette section, il a renoncé, lui aussi, à figurer parmi nous à la peinture. On le retrouvera à la statuaire.

S il na pas été suivi exactement dans sa propre voie, il a trouvé, du moins, des héritiers qui se sont émus fortement, ainsi que lui.

L’EXPOSITION DKCENNA L E

devant les drames de la vie, au spectacle des grandes tragédies du travail, en face des détresses muettes et résignées des humbles et des déshérités. Il en est sorti deux figures d'hommes, jeunes encore, venant de côtés tout opposés, qui ont donné à 1 art de leur pays une gloire nouvelle et incontestée. L'un est Alexandre Struys, 1 autre Léon Frédéric.

Le premier est connu chez nous, depuis cinq a’ six ans, par des

i. hs h r. r u h u s i: s , par m. lkOn fui ni: ru: (Apparlicnl ;i M, Jaillit.)

toiles qui ont fait sensation dans nos Salons. 11 est représenté au Palais par trois ouvrages : le Viatique , déjà exposé chez nous antérieurement, la Confiance en Dieu et la Prière. Rien ne peut exprimer 1 angoisse et la tristesse ou la simplicité émouvante de ces scènes, auxquelles participent, en témoins intéressés, toutes les choses inanimées qui habitent ces modestes foyers.

Il faudrait remonter, dans toute l'Exposition, jusqu aux salles de l'Exposition centennale, près de Fantin-Latour ou de Legros, pour trouver un art d'une telle conscience, d une telle gravité et d un caractère si fortement expressif.

M. Léon Frédéric est pour nous une vieille connaissance. Tous scs principaux ouvrages ont été exposés à nos Salons. Il a mis cette année, quelque coquetterie à se montrer très sage. Plus Je farouches allégories, plus de scènes réalistes d'un enseignement si douloureux1 Le peintre éloquent des foules, l'apôtre des travailleurs, a laissé de côté momentanément ses graves problèmes de revendications sociales. Sous les deux aspects, allégorique ou réaliste, de son talent, il nous

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