LES
BEAUX-AUTS.
.le ne saurais vous .lire toute la beauté .le cette journée passée au milieu de tant de splendeurs et de ces imposants souvenirs. Je voyais a la fois toutes ees choses, le passé et le temps présent, le palais et les jardins, l'histoire et la poésie, les saintes gloires l’éloquence chrétienne et les profanes amours; palais, bosquets, fleurs, jardins, bassins de marbre, statues de pierre et de bronze, jets d’eau lantasti- (|i,es crerbes brillantes, Apollon et les Muses, toutes
|,>s divinités de la Fable, le Satyre qui danse, la Bacchante avinée, la Danaé avide, la Junon superbe et la Latone éplorée, tout passe autour de vous au son d’une musique aérienne ; poésie, souvenirs, histoires, le présent et le passé, toutes les choses et surtout tous les hommes qui ont été, immense tourbillon de toutes les choses sublimes et divines .
et vous restez comme écrasé dans une muette contemplation.
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Versailles! Versailles! devenu un faubourg de Paris grâce à ces chemins de fer!... Pourquoi la ville est-elle restée déserte ? Pourquoi dans ces rues ce profond silence ? Pourquoi ces maisons qu on dirait habitées par des fantômes, ces jardins dans lesquels vous ne retrouvez ni le pas de Tentant, ni le pas du vieillard? Ah! ces ruines font peur au vulgaire; ces longs souvenirs de l’ancienne monarchie épouvantent même le philosophe. Versailles n est plus qu’un lieu de passage. — Chacun y veut venir, personne n’y veut rester ' Moimème j’ai été témoin de cette hâte du peuple de Paris à s’enfuir devant tous ces fantômes.
La nuit était loin encore, c’était l’heure où toutes les eaux du jardin étaient lâchées; le soleil était
moins ardent, l'arbre plus frais, le gazon plus vert, l’eau plus limpide. La- bas, tout au bout du lac, ou recommencent les murmures mélodieux du rossignol attristé par la foule, par ces allées sablées, dans lesquelles, avec un peu de respect et de pitié, il serait facile de retrouver tant de nobles traces, il me semblait voir toute l’ancienne cour se promener dans son plus magnifique appareil. Ce n’était pas une vision! ils étaient tous là-bas, les uns et les autres, ces rois, ces Coudé, ces Turenne, ces Bossuet. Oui, c’était bien la cour du plus grand roi de l’univers. Je voyais tout au loin resplendir l’or des broderies, les couleurs du velours, l’acier des épées ; les pierreries des femmes ajoutaient à la blancheur de leurs épaules nues, — les plumes flottaient sur