‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 26 sur 150 · IX -A RTS · texte numérisé non relu

IX -A RTS

tout un fleuve qui tombe et se précipite dans ces bassins de marbre et d’or. Ne dirait-on pas encore les jets d’eau de Versailles? Quel plus merveilleux fouillis de naïades au sein nu , de monstres marins aux gueules béantes et jaillissantes, de caprices de bronze et de marbre! Du haut de ces bassins renversés, glisse en silence l’ombre effilée de l'obélisque; l’eau claire jaillit comme une rosée bienfaisante en gouttelettes sonores; le bitume aux deux couleurs étend sous vos pieds son fin tapis; les lustres jettent au loin les clartés d’une fête. L’arbre se perd dans l’ombre, ombre lui-même; le soleil se couche entre les deux bras de l’arc de triomphe, qui l’endort comme la nourrice endort son enfant. Quelle belle journée bien remplie! quel beau domaine! quelle promenade ! — On va par le chemin de fer ; on fait une halte sur les marches du palais de Versailles, et, le soir même, on peut laver son front brûlant dans le bassin de cette fontaine bruyante et vive que l’arc de triomphe protège de son ombre et de sa majesté.

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