M. CHERUBINI
’ éloge d’un grand musicien, tel (jiie fut M. Cherubini, ne saurait se borner aux seules particularités qui concernent sa personne et ses ouvrages.
C’est dans l’histoire
même de son art ,
dont sa longue carrière forme une partie considérable ,"î qu il faut le placer pour le connaître tout entier. Venu au monde, i quand Hameau vivait encore , il continuait d’écrire longtemps après que Heethoven avait cessé de vivre. La vie active de M. Cherubini embrasse donc plus d’un demi-siècle de l'histoire de la musique contemporaine, et ce demi -siècle est précisément l’époque où la musique a éprouvé ses transformations les plus graves et accompli ses progrès les plus considérables : en sorte que tous les grands noms de cette période se placent a côté du sien, pour emprunter de lui quelque chose et pour lui communiquer quelque éclat. Né en Italie, puis naturalisé en France ,
I appartient ainsi aux deux premières scènes Urines du monde; et si, de l’autre côté des Alpes, il ida au mouvement impriméàla musique italienne, e fut lui qui, au sein de sa patrie adoptive, déterninala révolution opérée dans la musique française, dais ce n'est pas uniquement au théâtre que M. Che- •ubini influa puissamment sur le développement et a direction de l’art. Dans l’église, où il lut véritablement chef d’école, on peut dire qu’il créa un art out nouveau, à la lois en s appuyant sur les tradiious du seizième siècle, et en se servant des ressources du dix-neuvième ; et ce n’est, pas seulement :omme artiste, ce n’est pas non plus au théâtre et a l’Église seulement qu’il prit une large part a la ■ ramie révolution musicale de son siècle; c est somme professeur, c’est par son enseignement et par ses méthodes qu’il se fît encore une place distincte et éminente parmi ses plus illustres contemporains. Tels sont les titres auxquels le nom de M. Cherubini devra de vivre éternellement dans les fastes de la musique; et tels sont les motifs qui font Je l’histoire de sa vie une des pages les plus importantes de celle de son art.
LES BEAI
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Maria naquit a FloraK*. le H «pte«b«* I7«‘j^r> riait un bon musicien d* « 1U °* *PPe J"1 Undame ecole, qui tenait le piano au théâtre d* a Pergola . et qui donna de bonne heure a «n CD premiers leçons de wn art. De* 1*2* de m an* cet entant annonçait pour la musique une vocation décadee : a neuf a», il avait achevé tonie* « **■'
J.. ,•: • - *•£* d acoMDfUÇDeoeot et de piau ~on f*ere le trouvait déjà trop avance pour pwuir ooutiouer lui-même sou éducation musicale. Confie •lef- ce moment aux ‘•ojn4 de Bar*, felici. ^aTani j compositeur du temps, le jeune Cb^rubim fut iniue | , connaissance du centre point, en meme temps que. «ms d autres maîtres. F. Bizam et G Castrucci, il cultivait son talent pour le dwnt et se reu- ; habile sur l onçuc. Des dispusitious si benrei jointes a tant d'application ne pouvaient manquer d* produire des fruits remarquables. A l'â?* de treize aii-, le jeune Cberubi ni fut eu état Je fa t exécuter une mr**v solenmdle. à qwtitc ri*. arer rv'ompaantmeni d'orchestre, qui devait paraître une merveille, nofvseaileoe: h j^onesse de I aut*
mais encore en raison de I eîat où se trouvait alor~ k;. T > ■ 1 e erj-'.iTier.'.^r:* e - j ? ■ - . -J. fe - u j •
une routine scolastique, sans principes generaux i,:.; xei*Je% fixe*. ru :-v,r l'harmonie, qui -'ail ;. >rtM» (enfance, ni même pour le contre-point, qui r . ^'apprenait que par une . ongue suite d --let' •>•pénibles, préludés i «dispensât.*5 de la fugue. Déjà pourtant le* bonne5 méthode? introduites dans le* conservatoires de Naples par Durante, et appliquées «arses habiles continuateur- Sala. F* aroli et d’au- \it-~ encore. ? «riaient produites vcc éclat dan- betivre- d uu Leo: d un ^înci. o un Porpora. d um .lomelli, d’un Pergolèse. Mais celle rénovation de l’instruction musicale n’avait point dépassé l’enceinte de Naples ; et, c’était encore, à cette époque de 1773, où M. Cherubini composait sa première messe, la vieille ecole qui régnait sans partage a Florence, et, à peu près dans le reste de l’Italie.
Une éducation si laborieuse ne pouvait qu’ajouter a l’intérêt excité par un talent si précoce. Cet intérêt s’accrut à chacune des œuvres nouvelles, oratorios, messes , intermèdes, cantates, morceaux de chant de toute espèce, que le jeune compositeur produisit dans le cours des années suivantes, et fixa enfin l’attention de Léopold II, grand-duc de Toscane, qui lui accorda, en 1778, une pension pour achever de former, aux leçons de Sarti, un talent qui s’annoncait, dans un âge si tendre , pour un avenir si brillant.
Sarti était à cette époque le musicien qui jouissait, à juste titre, de la plus haute réputation en Italie. A peine revenu dans sa patrie d’un séjour de dix années en Angleterre et dans le nord de l’Europe, où il avait répandu, avec la gloire de son nom, l’amour de son art, il dirigeait le Conservatoire de