‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 35 sur 150 · P A R CA NO VA · texte numérisé non relu

P A R CA NO VA

eh s la lin du dix-huitièni siecle, au moment où l’illiist i coterie de l’abbé Winkelman et du peintre Raphaël tMengi son ami , était en plei ne f; veur à Rome, il arriva dans 1 grande ville un jeune homm qui passait déjà puni- un sculpteur de quelque rné rite. Il avait quinze ans au plus, et il semblait eu vieux de toutes choses. Louis David, le peintre «pi armait aussi a Rome comme pensionnaire de l écol française, rencontra souvent le jeune sculpteur dan os mines de la campagne romaine ou devant le mari, res ,1c l'anliquité. Tous deux elaient destinés , sa lairc un nom célèbre dans les arls, cl à transfor

mer la manière du dix-huitième siecle. Le >laluaii'e s’appelait Canova.

Les premiers ouvrages de Canova tiennent encore au style gracieux et contourné que le Rernin cl Rorromini avaient naturalise en Italie, ei que les Coustou avaient pratiqué en France avec tant de charme. Bientôt cependant le style de Canova prend un caractère plus fort et plus serre. Sa sculpture devient plus austère et plus roule dans les ligures d hommes. Mais il conserva toujours dans la tour mire voluptueuse de ses statues de femmes un ressouvenir de r école anterieure. On ne tue pas sa mère sans quelque remords.

Le groupe de Manet Vénus , que M. Fnmaroli a but venir de Rome, est du plus beau temps de Ca-

LES BEA

On peut voir sur la gravure <|tii accompagne cette livraison l’alliance harmonieuse des deux maniérés de l'arliste italien. Mars est droit et ferme, comme un Romain de l’école académique; on dirait quelque figure de David dans l’Enlèvement des Sabine# ou dans les Thermopyles. Vénus, au contraire, est souple et douce, mollement modelée comme les nymphes de Nicolas Coustou. line draperie légère laisse transparaître les formes élégantes de ses jambes, et son petit pied allonge est d’un mouvement délicieux Sa tête renversée et ses yeux caressants implorent le dieu de la guerre . pendant que ses bras enlacés comme un collier cherchent à le retenir: car ce groupe est une allégorie, suivant l’usage du temps, et fut d’abord baptisé sous le nom de la Paix et la Guerre. Etait-ce une protestation timide contre les belliqueuses entreprises de Napoléon, et une plainte éloquente de l’Italie conquise? Est-ce par concession que le nom fut changé en celui de Mars et Venus? On sait que Canova fut toujours protégé par l’empereur, dont il a fait plusieurs bustes d’après nature et plusieurs statues. Nous avons vu à l’école des Beaux-Arts une statue colossale de Napoléon, ébauchée par Canova, etqui a beaucoup d’analogie avec la figure du Mars.

Ce groupe précieux a été acheté aux héritiers de Canova par M. Fumaroli, en même temps que le modèle en plâtre d’après lequel il a été exécuté. Le modèle est resté à Rome dans le palais de M. Fumaroli. Canova en fit deux marbres. Le second est en Angleterre. Le premier était presque terminé, lorsque Canova aperçut quelques veines bleuâtres qui lui semblèrent nuire à la pureté de son chef-d’œuvre; c’est alors qu’il exécuta le groupe que l’Angleterre possède aujourd’hui. Il fut aidé dans son travail par son meilleur élève, M. Rinaldo-Rinaldi. A la mortde Canova, M. Fumaroli, devenu propriétaire du premier marbre, chargea M. Rinaldi de l’achever. Il n’y avait plus qu’à polir certaines parties et à dégager quelques morceaux qui avaient assuré la solidité du groupe pendant le travail.

C’est une bonne fortune pour les artistes que de pouvoir examiner une nouvelle œuvre de l’auteur de In Madeleine. La France s’est laissé enlever cette gracieuse et mélancolique figure de Madeleine pénitente, réinstallécaujourd’hui dans sa patrie italienne, chez M. le duc de Galiera. Nous n’avons plus à Paris qu’un seul marbre de Canova, Psyché et l'Amour,

JX-AKTS. 95

dans le Musée de la Renaissance au Louvre. Il serait bien intéressant pour les arts que la direction du ministère de l’intérieur assurât à la France la possession définitive du groupe de Mars et Vénus.

Quoi qu’il en soit, M. Fumaroli se propose de montrer ce beau marbre aux statuaires, aux peintres et aux amateurs. Le groupe a été dressé sur un piédestal mobile, dans un grand appartement de la rue des Bons-Enfants, n° 7. 11 sera exposé en belle lumière, et l’on pourra l’étudier sous tous les aspects. Il est accompagné d’une foule de marbres antiques et modernes, bustes, statuettes et bas-reliefs.

Les deux morceaux les plus rares sont une colonne antique et un Hercule enfant. La colonne, qui a été trouvée dans les profondeurs d’un mur, en démolissant. un ancien palais ducal à Venise, a plus de trois mètres de haut. Elle est ciselée tout autour, et entortillée de pampres et de feuillages. Une foule de figures, représentant le triomphe de Bacchus et les fêtes de la vendange, jouent entre les rameaux de la vigne. C’est Bacchus et les bacchantes, sur des chars traînés par des lions et par des panthères; ce sont des Silène, des satyres, des enfants qui cueillent le raisin ou qui luttent avec des oiseaux; ce sont des animaux de toute sorte qui grimpent aux feuillages. Il y a des grues qui tiennent des serpents dans leur bec. II y a des aigles et des hiboux, et des nids de petits oiseaux. C’est une profusion et une richesse incroyables. La sculpture est fouillée profondément, et le travail paraît du beau temps de l’école grecque.

L’Hercule enfant est aussi un ouvrage antique. 11 est de grandeur naturelle, accroupi, le genou droit sur un serpent étouffé. De la main gauche, il jette un autre serpent par-dessus son épaule; enfin. de la main droite, il serre le cou d’un serpent roulé entre ses jambes. Ses petits membres sont d’une vigueur et d’une fermeté qui annonce Hercule l’invincible. Sa tête est déjà attachée sur ses épaules comme la tète d’un taureau. Sa physionomie exprime le courage de la lutte et la certitude de la victoire.

Les autres sculptures offrent, encore beaucoup d’intérêt. Elles proviennent la plupart du palais Colonna, à Rome , quelques-unes du musée Nani , à Venise, quelques autres de la vente du baron Roger. Elles se dessinent toutes sur un fond de belles peintures; car les lambris sont tapissés de tableaux qui sont venus de Rome avec les marbres.

F li a <; m i; x i

a m. vie T o il inc, o

Mais Dieu qui sonde lom par son regard de flamme, Du poêle qu’il aime adoucira les maux,

Lt versant dans son cœur un merveilleux dictante. Il lui redonnera des jours calmes et beaux,

Non pasdes jours d’oubli de cette enfant céleste, Pourrait-il être heureux sans ce doux souvenir!.. Non bonheur lui viendra de tout ce qui lui reste. Lar il est riche assez pour vivre et pour jouir... Trois enfants adorés dans leur fraîche innocence L’attacheront encore aux choses d’ici-bas;

Dans chacun il verra des traits de ressemblance A\ec cet autre enfant qu'enleva le trépas.

L'un aura son regard et l’autre son soin ire;

Le dernier, rappelant le doux son de sa voix. D’une timide main lui présentant la Ivre,

Le priera de chanter comme il lit autrefois.

Puis, bien vite accourant dans les bras de sa mèn Se penchant vers son sein, y cachera ses pleurs Et le cœur attendri de l’époux et du père. Savourant un plaisir, suspendra ses douleurs

Comtesse n i; l v R a n ni , née Petiu ( ( i

Page 1