ROYALE DE MUNICH
e baron de Hiimohr , décédé à Dresde il va quelques mois, méritait que les journaux lui consacrassent un article nécrologique , et nous devons réparer l’injustice de leur silence. Il a laisse un grand nombre d’ouvrages remarquables sur les arts, et particulièrement sur l'école italienne. Il habitait le Danemark, où était, la plus grande partie de ses propriétés , mais il s’arrêtait souvent à Dresde en revenant de ses fréquents voyages en Italie. Chargé par feu le ministre Humboldt, frère du célèbre naturaliste, d’organiser la galerie de tableaux de Berlin, il s’en était acquitté avec autant de conscience que de goût. Parmi les connaisseurs eu matière d’art que possède encore l’Allemagne, on cite au premier rang AVaagen, Uaczynski et Quandt. Le premier préparé, dit-on, une monographie des arts et des artistes allemands; le second, ambassadeur de Prusse à Lisbonne, est connu par un grand ouvrage
sur la gravure. M. de Quandt , qui habite Dresde, a fait desavants commentaires sur Yasari, et publié en outre, depuis une trentaine d’années, d’excellents travaux sur la peinture. Il s’est récemment signalé par une critique du Manuel de l’histoire des arts, du professeur Kugler, de Berlin. Ce livre, dont il existe déjà une traduction anglaise, et qui ne serait pas indigne d’être traduit en français, renferme de précieux documents; seulement l’écrivain, admirateur exclusif du passé, ne tient pas assez compte des efforts que font pour s’élever les artistes contemporains.
Après Waagen, Uaczynski et Quandt, on peut mentionner M. Scliulz, qui vient d'être nommé directeur de la collection d’antiquités de Dresde. 11 a passé plusieurs années en Italie , et n’épargnant ni soins, ni dépenses, il a réuni les matériaux d’une histoire des vieux maîtres italiens, important, travail dont, nous espérons la prochaine publication.
Un grand nombre d’artistes de Dresde ont quitté leur patrie pour se fixer à Home, et y rivalisent de talent et d’activité Le professeur Vogel de Vogelstein, lu meilleur portraitiste saxon , l’auteur du
I2fi
beau portrait île Ludwig Tieck, y a exposé avec un éclatant succès une composition tiree de la vie de Dante. Le professeur Keller, de Dusseldorf , avait a la même exposition plusieurs dessins remarquables. Parmi les sculpteurs saxons établis dans les Etats romains, le premier est Max, qui achève , poui le comte Kolowrat, la statue du missionnaire apostolique des pays slaves.
Pendant que Dresde s’efforce de mériter le surnom de Florence <(e l’Elbe, Francfort-sur-le-Mein est en proie à une guerre intestine. A la suite des discussions soulevées par la proposition d’acheter une composition protestante de Lessing (I), Philippe Veit, directeur de l’Académie, et le professeur Steinle, ont transféré leurs ateliers de Stadelschenlnstitut à Sachsinhausen. Us se proposent d’organiser une école de peinture exclusivement catholique, et déjà ils se sont assuré l’appui de plusieurs peintres, entre autres de Settegast, de Coblenz, connu par quelques cartons d’un savant dessin. 1. 'Académie compte encore au nombre de ses adhérents les peintres de genre Becker, Engel et Herrlich; les paysagistes Funk, Reifenstein, Metz et Morgenstern, et le portraitiste Amthor; la place de directeur a été offerte à Lessing et à Kaulbach, qui l’ont refusée, et Philippe Veit s'est engage à la conserver jusqu’à ce qu’on lui ait trouvé un successeur.
Munich demeure le véritable chef-lieu des arts en Allemagne. Leroi de Bavière a conçu le projet delever à Munich, auprès de la Glyplothèque , un édifice exclusivement destiné à contenir une collection
de vitraux. La plupart des petites villes d Allemagne, et particulièrement Nuremberg, possèdent de précieuses peintures sur verre, qui, réunies à celles de Munich, pourraient former un musée unique en Europe.
Le sculpteur Schwanthaler, dont l’atelier esta Munich, a terminé les statues de Jean IIuss et de Jean Ziska, destinées à la Valhalln bohémienne que M. Veit veut élever aux environs de Prague. A côte de ces deux ennemis du catholicisme figure, dans le même atelier, le vaillant champion de l'Eglise, le comte Jean Tzerclaës de Tilly, dont l’image sera placée à l’entrée de la nouvelle rue de Louis. Ou coule, à la fonderie royale, un autre ouvrage de Schwanthaler, la statue de Goethe. Debout, enveloppé d’un manteau, tenant a la main une couronne de lauriers, le poêle lève majestueusement un front rayonnant d’inspiration. Les habitants de Francfort attendent impatiemment ce bronze, qui doit surmonter la tombe de leur illustre compatriote.
Il n’est guère en Europe de fonderie plus laborieuse que celle de Munich. On y travaille en mémo temps à la fonted’une représentation allégoriquede la Bavière, haute de cinquante pieds; d'une statue île Bolivar, pour l’Amérique; d’une statue du roi de Naples qu’a modelée a Rome le sculpteur Teueram : d’une statue de Jean-Paul Richter, pour la petite ville de \\ unsiedel, que ce poêle a rendue < elebre . sans compter une foule d’œuvres secondaires, (huit le nombre va nécessiter l'etablissement d’une fonderie nouvelle.
F u ko É u t c. F. r mii kh.
IMWREUËHm E> 1 WÛ m 1AÎÎ111L1 A '0 ,