‹ Les Beaux-Arts (volume 2)Chapitre 49 sur 150 · GALERIE DE 3YÏ, DUBOIS · texte numérisé non relu

GALERIE DE 3YÏ, DUBOIS

e créateur de celte galerie, qui vient delà livrer aux enchères publiques, sans doute pour se donner le plaisir d’en composer une nouvelle sans avoir à compter avec lui-même , M. Dubois, est assurément un connaisseur érudit et délicat , et la collection intéressante dont la vente a eu lieu cette semaine, prouve en outre qu’il est exempt de tout esprit d'exclusion, manie trop souvent associée à une aveugle passion des arts.

L’extrême variété du catalogue, qu'elle ait été pre méditée ou simplement due à des circonstances fortuites, offrait déjà un vif attrait à la curiosité des amateurs. Nous n’admettons pourtant pas précisément, avec ses rédacteurs intéressés, que chaque école y soit représentée par ses principaux maîtres ; c est trop prétendre. Mais ce qui en constitue la richesse réelle, ce sont de charmants tableaux flamands et hollandais, et surtout les œuvres fort remarquables des anciens Italiens.

Sur les cent vingt-quatre articles du catalogue, il Y a un bon tiers d’absolument médiocres. En plus grand nombre encore présente trop peu d’int.érèt pour faire pardonner leurs imperfections en tcixem de leurs qualités. Enfin, il en est une quinzaine, peut être davantage, qui méritent une men¬

tion spéciale, et nous allons rapidement les passer en revue.

Le morceau capital est un Portement île croix, de Sebastien del Piombo, dont on attribue le dessin a Michel-Ange. Cet ouvrage, peint sur bois, n’a pas tout à fait un mètre de largeur; cependant les figures sont d'une dimension excédant les proportions naturelles, et la composition présenle cette singularité, que les trois personnages mis en action sont placés, relativement au spectateur, l’un derrière l’autre. Le Sauveur, seul en parfaite évidence, succombe et s’affaisse sous l'énorme poids de l’instrument de son supplice : c’est alors que Simon le Cyrénéen, >ur I injonction des soldats préposes à la conduite du Christ, vient à son aide et soulève de ses bras robustes, habitués aux rudes labeurs, un des montants de la croix. Ces deux tètes sont admirables de sentiment et d’expression, surtout celle de Simon, a notre avis. Sans que l'artiste ait altéré en rien b* caractère deceltephysionomie vulgaire et un peu brutale d’un paysan lourd et trapu, elle exprime si bien la double émotion de la contrainte qu’il subit et de la compassion qu’il éprouve, qued’elle seule semble émaner tout l’intérêt de celte phase attendrissante de la Passion. Ce beau tableau appartenait naguère encore à la famille Caldarara, de Milan, aux ancêtres de laquelle son auteur l’avait offert, comme un hommage de sa reconnaissance pour leur protection signalée.

Après ce précieux tableau, dont le graveur Tosclii achève, tl it-on , la gravure à Larme, il faut citer, pour son importance, une copie par Bartolomeo Seliiilone, de la sainte famille de Larme, connue sous la dénomination du saint Jerome du Corrége. Cette copie présente toutefois de trop nombreuses variantes avec l’original. Il y a bien quelques draperies et certains agencements que Schidone a modifiés avec bonheur; mais il est resté loin du modèle, quant à la grâce infinie îles têtes el.au contraste si harmonieux des chairs de reniant Jésus entre le sein desa mère et la figure de sainte Madeleine, qu’on ne peut se lasser d’admirer dans le chefd’œuvre d’Allegri.

Les productions des artistes du seizième siècle qui ont surtout captivé notre attention, sont trois Madones, l'une du Lérugin, l’autre de Bernardiuo Luini , et la troisième donnée à l’ecole de Sébastien del Liombo, avec une Adoration de Beltraflio pro venant de la galerie Sommariva.

Ce dernier tableau renferme six figures à mi-corps, la Vierge et l’enfant Jésus, deux évêques qui sont la double épreuve d’un type de physionomie non moins étrange que caractéristique, et un homme et une femme agenouillés côte à côte, mais dont on n’aperçoit que les tètes et les mains jointes. Ces deux profils, toutefois, accouplés ensemble, et dont un trait dur et rigide détermine à lui seul l’expression , révèlent dans l’auteur une profondeur de pensée et une science d'ob.-ervation surprenantes. La componction du cœur et l’extase de la piété sont empreintes sur ces traits, à peine modelés, avec une puissance et une vérité dont le regard transmet jusqu'à l’âme la contagion. On ne comprend réellement pas qu’un effet aussi saisissant puisse résulter de procédés aussi simples.

La Vierge du Lerugin, au mérite éminent de l'élévation du style, réunit une vivacité de coloris et une grâce dans l'ensemble qui lui donnent un prix inestimable.

Celle de Luini offre, à un degré très-inférieur, des qualités analogues. La troisième que nous avons citée tient l'enfant Jésus endormi sur ses genoux, tandis qu’un ange et saint Joseph le considèrent avec tendresse et vénération. Le dessin de quelques parties, dans ce dernier ouvrage, notamment les jambes de l’enfant, n’est pas irréprochable, mais les personnages sont groupés avec une rare habileté; l’expression contemplative de saint Joseph est admirable, et la tète de la Vierge c\>t d’une angélique pureté. Je crois avoir remarqué, dans la partie ombrée du cou, une retouche un peu lourde; le fait est que le tableau porte la trace de légers accidents, et plusieurs tissures s’y sont manifestées. Mais ce n'en est pas moins un vrai morceau d’amateur.

La même époque revendique aussi deux portraits dans un même cadre d'une exécution très-minutieuse, très-complète, et analogue à la manière

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, d’IIolbein, ainsi qu’un autre portrait en pied et bien j plus ancien, peint parVan-Eyck, où la naïve simplicité de l’attitude est merveilleusement relevée par ! l’éclat du coloris.

Tous ces ouvrages sont peints sur bois et de , moyenne dimension.

Parmi les sujets religieux, nous devons citer encore une Annonciation de Van Balen , de la plus brillante couleur et de l’effet le plus pittoresque, et une Madone, de Sasso-Ferrato, tout à fait digne de sa légitime réputation. L’enfant Jésus, entre les bras de sa mère, joue avec un livre; il est charmant. La suavité des traits de la sainte Vierge, la i franchise du ton des draperies , la noblesse de l’or- • donnance , et la parfaite conservation delà toile.

bien des convoitises.

Il nous reste à enregistrer, à l’honneur de l'école italienne, deux délicieux Canaletti, de quinze pouces de large, et formant pendants, dont les figures fort nombreuses seraient dues au pinceau deTiepolo.

Larmi les flamands, deux petits pendants d 'Omni éganck, représentant des bestiaux, véritables bijoux de cabinet; et enfin l’esquisse fort belle d’une Adoration des bergers, par Rubens, provenant de la vente Paul Lerrier.

Le portrait d’une dame hollandaise de Neetscher, et un effet de neige de Buysdael, nous ont paru les [ilus précieux échantillons de la collection hollandaise, qui comprend en outre les noms de Terlmrg , de Van-Ostade, Woinvermans , Gérard Dow, Bergliem et Laul Botter, du moins sur le catalogue. Mais on nous pardonnera de ne pas lui accorder une confiance sans réserve.

L'école française y est représentée assez tristement par une esquisse de Lrudhon , quelques tètes de C.reuze peu dignes de grands éloges, trois Watleau qui ne sont pas frappés au bon coin de l'auteur, et plusieurs toiles attribuées à Poussin avec une libéralité peu généreuse. Ainsi , au sujet d’une esquisse de quatre ou cinq pouces carrés, du jeune Durul vainqueur de Goliath, le rédacteur de la notice avance hardiment que cette esquisse a été gravée par Coomans. Coomans a gravé le grand tableau de Poussin, de A pi. 8 po. de largeur, que possède le Musée de Madrid ; mais qu'aurait-il fait de ce petit barbouillage informe dû a la curiosité de quelque rapin voyageur. Heureusement que les catalogues de ventes ne sont pas de l’histoire.

Mais gardons-nous d’omettre dans nos eloges un délicieux tableau, signé de sir Josliua Reynolds, le célèbre portraitiste anglais : le portrait d'un commodore anglais, de sa femme et de son fils, de trèspetite dimension. L’exquise délicatesse de la touche, la finesse des tons, l’expression accentuée des figures, le gracieux naturel des poses, font de cette ! petite toile un chef-d'œuvre en miniature dans le genre séduisant des Miéris et des Melzu.

i> I E H R E PEHLE'i . - VI K C E \ I C A M I» E X O A , 1) E L ’ A C A D É M I E I H A X Ç A 1 S E .

a mon a frappé, dans le courant du mois de novembre , deux hommes également estimables , le peintre Perlet et l'académicien Campenon ; l’un jeune encore et plein d’espérance , l'autre vieux et presque oublie. Le premier a été arrêté au milieu de sa marche progressive, au moment où ses facultés atteignaient I apogée de leur développement; le second avait survécu à une réputation facilement acquise, et, malade depuis plus de vingt ans, il avait cberchévolontairement l’obscurité de la retraite et le calme de la solitude.

Pierre- Étienne Perlet, né à Lyon, appartenait à une famille dont plusieurs membres sont connus à différents titres. Son père s’occupait de peinture; sa tante, Mlle Aimée Perlet, brille au premier rang des miniaturistes sur porcelaine. Son oncle est l’acteur Adrien Perlet, que regrettent les habitués du Gymnase et queTalma comparait à Préville.

Pierre Perlet, élevé au collège de Lyon, se destina d’abord a renseignement; puis, détourné de ses intentions par le goût de la peinture, il entra dans l'atelier de Gros. Ses essais annonçaient un coloriste nous avons vu de lui une tête d’étude d’un ton chaud et vigoureux, qu’il exécuta sous l'influence de son premier maître. Malheureusement, il Je quitta pour s attacher à 1 eeole de M. Ingres, dont le grand talent n excuse pas des idées théoriques trop exclusives. Les tableaux de Perlet sont, en général, d’un coloris

terne et sans relief; mais il y a de l’intelligence j dans ses compositions, de la correction dans son dessin, et quelquefois une heureuse disposition dans ses groupes. Il débuta, au salon de 1855, par des portraits (1) et la Esméralda cnn fiant non secret à sa chèvre Djali. La jeune fille, seule dans un galetas, contemple sa chèvre qui trace sur le plancher le nom de Phœbus. Le même sujet fut traite cinq ans plus tard par M. Steuben ; mais l’Esméralda de ce dernier ne valait pas la composition simple et vraie du jeune artiste.

La même année, Perlet lit. un voyage à Grenoble , et eu rapporta quatre tableaux, la Fontaine Saint- Bruno (aquarelle), Boulangerie de la grande Chartreuse , Souvenir de la grande Chartreuse (2), et le Réfectoire des frères chartreux, qui, à l’exposition de \ 834, obtint un succès populaire et fut grave dans plusieurs recueils. Cette visite aux pieux solitaires semble avoir exercé une assez puissante influence sur les idées de Perlet, car, à l’exception d’un seul tableau, le Gallus de Virgile (5), tous les sujets qu'il a traités sont religieux. Un Ecce homo (1835), une Sainte Philomène (-1856), Iluth et Noémi ; une Tête de saint Jean prêchant dans le désert (1837), signalèrent la nouvelle direction qu’adoptait son esprit. Il exposa, en 1858, un tableau d’un effet dramatique, I Emigration des Trappistes de Normandie, en 1850. Le père dom Augustin rassemble ses religieux dans les bois, auprès de la grotte de 'Saint- Bernard, et

(t) Portrait de M. D. K., en costume du seizième siècle; portrait d’homme; tête d’étude.

(2) Exposés en 1855.

(3) Exposé en 1835. Les cbev tiers et les dieux des campagnes reprochent à Gallus sa folle passion pour Lycoris.

les engagea le suivre en Suisse, ils hésitent, ils appréhendent les fatigues d’un long voyage, dont l’issue est incertaine. Le supérieur se lève, leur montre sa poitrine cicatrisée par la pression prolongée d’une chaîne, et les décide à partir avec lui. L'énergique volonté de (loin Augustin, l’irrésolution des moines, l’étonnement des uns, l’admiration des autres, à la vue des traces d'une meurtrière austérité, toutes ces émotions diverses sont reproduites avec une remarquable vérité de pose et d’expression.

Ces travaux attirèrent sur Perlet l’attention du gouvernement, qui, après l'avoir envoyé à Florence pour y copier la Vierge du voyage , lui commanda trois tableaux , la Fondation de l’abbaye de Jietlon (Ille-et-Vilaine), /’ Agonie de saint Joseph (H), et une Tête colossale du Christ sur lave de Yolvic, pour l'église Saint-Vincent-de-Paul, dernier ouvrage qu’il ait exécuté.

La Fondation de l’abbaye de liedon (2) est la plus importante peinture de Perlet.

Perlet avait rapporté d’un voyage entrepris dans le Midi, avec M. Violet-Leduc, des dessins coloriés des peintures du palais des papes et de plusieurs anciennes églises d’Arles et d’Avignon. Le comité des monuments historiques avait approuvé ce travail, et devait demander au ministre de l’instruction publique les moyens de le faire paraître. Perlet était encore chargé de restaurations importantes dans I intérieur de la sainte Chapelle , quand il a succombé aux suites d’une phthisie pulmonaire, le 5 novembre, à l’âge de trente-neuf ans. M. Jules Janin, son condisciple au college de Lyon, a prononcé sur sa tombe une allocution touchante, dans laquelle il a su l’apprécier, tout eu s’abstenant de ces louanges exagérées qu’on prodigue trop souvent sur les tombes. « Vous, messieurs, a-t-il dit, vous savez mieux que moi par quelles œuvres charmantes (3), d'un goût vif et sûr, d’une pensée profonde, Perlet aura signale son trop court passage dans l’exercice de son art. Dans ses œuvres, autant que dans sa vie, il était calme, prudent, modéré; c’était un sage, mais un sage bienveillant, dont la douce gaieté se répandait avec une bonne grâce inaltérable. Et pourtant, cette vie était brisée, elle était remplie de souffrances intérieures; la maladie sans pitié minait sourdement ce beau jeune homme, mais lui ne se plaignait pas; il résistait au mal avec une résignation stoïque. Ilelas! pour lui et pour nous; il est mort trop vite; il est mort quand eniin son avenir prenait tous les aspects favorables. »

Perlet était l’un des adeptes de la jeune école de peinture, ecole pleine d’ardeur, qui cherche dans

(1) Exposé en 1842.

(2) Exposé en 1840.

(3) Outre celles que nous avons citées, nous mentionnerons Françoise de Ri mini, tableau île genre, exposé en 1842, et un grand nombre de port rail. s.

l imitation même des vieux maîtres la source de productions originales. Campenon, vénérable débris, représentait la littérature impériale. Il s’est éteint, le 20 novembre, à Villecresnes près Corbeil, dans sa soixante-dixième année.

Campenon était neveu du poète Léonard, dont il a rassemblé les idylles (J). Son premier essai fut le Voyage de Grenoble à Chambéry (2), flasque imitation du voyage trop vanté de Chapelle et Bacliaumont. UEpître aux femmes (5), des éditions de Ronsard, de Clément Marot et de Demoustier ; précédèrent la Maison des champs, le meilleur ouvrage de Campenon (4). C’est un curieux spécimen de la poésie de ce temps-là, poésie opulente en chevilles, en adjectifs oiseux, en épithètes bizarres, qui mêle à ses élans des centons empruntés à Virgile, et procède toujours par exclamations, interrogations et apostrophes.

Quel changement! Ces fauvettes si belles

Ont donc perdu leur souple agilité?

Et ce moineau, qu’a-t-il fait de ses ailes?

Quel nœud l’attache au nid plus fréquenté?

Maternité ! ce zèle est ton partage !

La Maison des champs, poème didactique , a tous les- défauts inhérents à ce genre, mais les lecteurs résolus qui consentirent à la parcourir s’arrêtèrent par intervalles sur des vers élégants et passablement tournés.

Un second poème, l'Enfant prodigue, line pièce de vers intitulée llcquele des rosières de Salency à l’impératrice (5), ouvrirent à Campenon l’accès de l’Académie. On fut quelque peu surpris de le voir prendre, en J 81 2, la place de Jacques Delille, le premier des poètes modernes aux yeux de ses contemporains. L’éclatante renommée du défunt fut défavorable au récipiendaire, et chacun s’associa à la pensée qu’exprimait cette épigramme :

Au fauteuil de Delille on nomme Campenon;

Son talent suffit-il pour qu’on l’y campe?... Non.

Déjà Campenon avait dû au culte des muses le s places de chef adjoint de la première division de l’université et de commissaire impérial du théâtre de l’Opéra -Comique. La restauration le nomma chevalier de la Légion d’honneur et censeur royal (fii. Sa réception publique à l’Académie eut lieu le JG novembre J 81 4, et son discours, consacré suivant

(1) 1798, trois Volumes in-8.

(2) 1798, in-8.

(3) 1808, in-8.

(4) 1809, in-8; «817, in-«2. Il avait été composé en quatre chants; mais l’auteur le réduisit. « M. Delille, dit-il dans sa préface, lit paraître son Homme des champs, et je vis qu’une partie des objets décrits dans mon poème l’était dans le sien.

(5) Insérée en 1811 dans l'Hymen cl la Naissance, recueil.

6) «3 septembre et 14 octobre 1814.

LES BKALX-AKTS.

l’usage au panégyrique de son prédécesseur, est cmpreint de cet. enthousiasme qu’on manifestait alors pour la famille des Bourbons, en toutes les circonstances solennelles. Le président, le comte Begnauld (de Saint-Jean d’Angely), examina les titres littéraires du nouvel élu avec une rapidité très-convenable au sujet { I), et s’étendit sur le bonheur de revoir l'nuq liste fils de Henri le. Grand. Campenon était loin des fêtes de ISM et des Rosières de Salennj. Louis XVIII le récompensa de son zélé, au mois de janvier 1815, par le poste de secrétaire du cabinet du roi et des menus plaisirs. Durant les cent jours, l'académicien versatile redemanda son emploi de commissaire impérial : mais bientôt des souffrances prématurées le condamnèrent à la retraite. Là, il s’occupa d’un poème inédit, dont le Tasse est le héros, et de plusieurs travaux que sollicitaient de lui des éditeurs, désireux de placer en tête de leurs publications un nom d’académicien. Tels sont : Y Histoire d'Ecosse, depuis Marie Stuart jusqu’à l'avénement de Jacques IV au trône d’ Angle terre , traduite de l'anglais de M. Robertson (1820, ô v. in 8°); V Essai sur la vie et les écrits de I). Hume, servant

(l) Journal de Paris, numéro (lu 17 novembre 1814. Article de Marlainville.

de préface a 1 édition de IS2l»; OE livres d'ilorece traduites en prose (1821), en collaboration avec Desprez ; des notices sur Tressait et sur Gresset dans les éditions de leurs œuvres (1822 et ts>Y des Lettres sur la vie, le caractère et les écrits de Ducis (1821, in-8«). Ces mémoires présentent un certain degré d’intérêt; mais l’auteur, ami fervent de Ducis, n a pas su se garantir de l’engouement; dans une épi Ire au saule de Ducis, il appelle ce poète le Sophocle de la France, et prétend que

Ce fier soutien de Melpomène Ennoblissait par notre scène De Chrkspir mieux senti les sauvages beautés.

Les littérateurs de l’empire ont vécu dans de favorables conditions; le versificateur Delille a été presque déilie ; la médiocre tragédie des Templiers a conduit Raynouard à l'Institut; escorte d’un fort petit bagage littéraire, M. Campenon a siégé dans l’enceinte où s’étaient assis Corneille et la Fontaine; mais le règne des médiocrités n est jamais durable, et, si elles usurpent parfois les suffrages de leurs contemporains, l'indifférence de la génération suivante ne tarde pas à en faire justice.

E. n e la Rêpoi. MEnnE.

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